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Poudre noire : le Mondial des armes anciennes s’ouvre à Eisenstadt

362 tireurs de 23 nations, dont 19 Français, sont attendus du 16 au 22 août à Eisenstadt (Autriche) pour le 31e championnat du monde MLAIC des armes anciennes à poudre noire.

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Départ de coup d'un pistolet à poudre noire en compétition d'armes anciennes

Le rendez-vous planétaire de la poudre noire ouvre ses portes ce dimanche 16 août à Eisenstadt, en Autriche. Jusqu’au 22 août, le 31e championnat du monde MLAIC des armes anciennes réunira 362 tireurs venus de 23 nations, dont une délégation française de 19 sélectionnés. Un événement qui ne se produit que tous les deux ans, et que les passionnés d’armes à chargement par la bouche attendent comme d’autres attendent les Jeux.

La discipline des collectionneurs tireurs

Sous l’égide du MLAIC, la confédération internationale des associations de tir à poudre noire à laquelle la Fédération française de tir est affiliée, les compétiteurs s’alignent avec des armes d’origine antérieures à 1900, mousquets à mèche, fusils à silex, pistolets et revolvers à percussion, ou avec des répliques modernes fidèles. Chaque arme est chargée par la bouche du canon, coup après coup, avec de la poudre noire, une balle et son système de mise à feu d’époque : mèche, silex ou percussion.

Les épreuves d’origine et de réplique sont classées séparément, et le contrôle des armes est une institution : les deux premières journées d’Eisenstadt, dimanche et lundi, seront d’ailleurs entièrement consacrées aux inspections techniques et aux entraînements, avant la cérémonie d’ouverture prévue lundi vers 18h00 devant le château Esterházy.

362 tireurs, 23 nations, 1 735 départs

Les statistiques officielles arrêtées au 9 août donnent la mesure de l’événement : 362 tireurs inscrits pour 1 735 départs cumulés. L’Autriche, pays hôte, aligne la plus grosse délégation (55 tireurs), devant l’Espagne (45), l’Allemagne (25), la Suisse (24) et la République tchèque (22). Et il ne s’agit pas d’un simple championnat continental élargi : États-Unis (20 tireurs), Canada, Australie, Argentine et Afrique du Sud ont fait le déplacement.

Côté épreuves, la hiérarchie des inscriptions ne surprendra pas les habitués : le revolver règne. Le match Mariette, réservé aux répliques, affiche 143 inscrits, record de la semaine, devant le Colt et ses 110 tireurs sur revolvers d’origine.

Des épreuves aux noms d’histoire

Comme toujours au MLAIC, chaque match porte le nom d’une arme, d’un armurier ou d’une figure du tir : Miquelet pour les fusils réglementaires à silex, Minié pour la percussion militaire, Whitworth, Maximilian et Vetterli pour les carabines, Cominazzo pour le pistolet à silex, Kuchenreuter pour le pistolet à percussion. Le Japon féodal a aussi ses rendez-vous avec les armes à mèche : Tanegashima debout, Hizadai à genou, Tanzutsu au pistolet.

Le programme s’étale de mardi à samedi sur le stand d’Eisenstadt, avec des remises de médailles chaque soir vers 19h00. Les épreuves aux plateaux d’argile, Manton pour le silex et Lorenzoni pour la percussion, se dérouleront quant à elles sur le site voisin de Tattendorf, avec des fusils à canon lisse chargés comme au XIXe siècle.

19 Bleus sur les pas de tir

La sélection française, issue des championnats de France disputés à Vitrolles en juin, totalise 86 départs individuels et plusieurs équipes de France constituées. On retrouve notamment Jean-Luc Miquerol, engagé aussi bien au Cominazzo qu’au Colt et au Miquelet, Christophe Batista et Mathieu Perie sur les épreuves de poing, Anthony Dupont au revolver, ou encore Mathieu Ducellier et Noël Risch, alignés sur plusieurs matchs de carabine et d’armes à mèche.

Les femmes sont bien présentes dans l’effectif tricolore : Maeva Moelo au Miquelet, Véronique Tissier et Céleste Fleury-Bouge au Vetterli, Anaïs Terrpoorter et Soraya Zitouni complètent notamment les rangs. Des équipes de France sont engagées entre autres au Cominazzo, au Colt, au Mariette, au Vetterli, au Pennsylvania et au Maximilian.

Eisenstadt, terre connue

Le stand autrichien n’est pas un inconnu pour les habitués de la discipline : Eisenstadt avait déjà accueilli le 28e championnat du monde MLAIC en 2018. Huit ans plus tard, la petite capitale du Burgenland, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Vienne, retrouve donc le gratin mondial de la poudre noire.

Les résultats seront publiés au fil de la semaine par l’organisation, avec des cérémonies quotidiennes et une clôture programmée le samedi 22 août. Rendez-vous dans une semaine pour le bilan des Bleus.

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Interdiction du plomb : ce qui attend vraiment les tireurs

Le 25 juin, les États membres ont voté le règlement européen sur le plomb dans les munitions. Balles exclues, sept ans de transition pour la grenaille, dérogation pour les stands : le point sur ce qui change réellement.

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Yoan Duvel
Cartouches de tir sportif calibre 12 chargees en grenaille de plomb numeros 7,5 a 9,5

Faut-il croire ceux qui annoncent la fin du plomb dans les munitions en Europe ? Le 25 juin 2026, les représentants des États membres réunis au sein du comité REACH ont approuvé, à la majorité qualifiée, le projet de règlement européen encadrant le plomb dans les munitions. Un vote passé relativement inaperçu, alors qu’il referme cinq années d’un des dossiers les plus sensibles pour le monde du tir.

Et contrairement à ce que l’on entend souvent, il ne s’agit pas d’une interdiction totale. Le texte finalement retenu est très éloigné des premières propositions : les balles sortent entièrement du champ de la restriction, la grenaille bénéficie de sept ans de transition, et les stands de tir disposent d’une dérogation pérenne sous conditions.

Un dossier ouvert depuis 2021

À l’origine, il y a une proposition de l’Agence européenne des produits chimiques, l’ECHA, dans le cadre du règlement REACH. L’objectif affiché : réduire les rejets de plomb dans l’environnement, estimés à plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an en Europe, munitions et matériel de pêche confondus.

Les premières versions du texte avaient de quoi inquiéter les tireurs : restrictions sur les balles selon les calibres, avec des échéances de 5 à 15 ans, encadrement strict du tir en extérieur, dispositif complexe de dérogations techniques. La filière chiffrait en milliards d’euros la mise aux normes des stands extérieurs européens, et de nombreux clubs redoutaient de devoir fermer.

Après des années de négociations entre la Commission, les États membres, les fédérations sportives et les organisations professionnelles, dont le SNAFAM côté français, la version publiée le 18 février 2026 puis votée le 25 juin a considérablement réduit la voilure.

Les balles sortent du champ de la restriction

C’est le changement le plus important : les munitions à balle sont désormais totalement exclues du projet de règlement. Les échéanciers d’interdiction par calibre, encore présents dans la version de décembre 2025, ont disparu.

Concrètement, rien ne change pour l’immense majorité des disciplines : pistolet et carabine à percussion annulaire ou centrale, tir aux armes réglementaires, tir longue distance, silhouettes métalliques. Le marché reste libre de proposer des projectiles avec ou sans plomb, et les munitions classiques continueront d’être vendues et utilisées.

Le projet d’annexe prévoit par ailleurs une dérogation pour la grenaille employée dans les armes à chargement par la bouche et les armes historiques, y compris leurs répliques modernes. Les tireurs à la poudre noire ne sont donc pas concernés non plus.

La grenaille : sept ans de transition

Le texte se concentre désormais exclusivement sur les cartouches à grenaille de plomb tirées en extérieur. Leur usage sera progressivement restreint, avec une période de transition portée à sept ans après l’entrée en vigueur du règlement, contre trois à cinq ans dans les versions précédentes.

Pendant cette période, la commercialisation de la grenaille de plomb se poursuit normalement, le temps pour les fabricants de monter en capacité sur les alternatives, acier en tête, et pour les utilisateurs de s’équiper. Rappelons qu’une interdiction existe déjà depuis février 2023 dans et autour des zones humides européennes ; le nouveau règlement étend la logique au reste du territoire, mais avec un calendrier bien plus étalé.

La dérogation qui préserve les plateaux

Pour le ball-trap et les disciplines de plateaux, le texte maintient une dérogation décisive : la grenaille de plomb d’un diamètre compris entre 1,9 et 2,6 mm, ce qui correspond aux numéros 7,5 à 9 utilisés en compétition, restera autorisée pour les membres actifs des fédérations de tir sportif, à condition de tirer dans des stands conformes aux mesures de gestion des risques prévues par le règlement.

Ces mesures visent à empêcher la dispersion du plomb dans l’environnement : zones de retombée maîtrisées, gestion des sols, récupération. Les États membres disposeront de huit ans pour publier la liste des stands répondant à ces exigences. C’est là que se jouera la vraie bataille des prochaines années : les clubs de plateaux devront investir pour figurer sur cette liste, et les fédérations auront un rôle central d’accompagnement.

Les stands couverts, eux, ne sont pas visés par la restriction, qui ne concerne que le tir en extérieur.

Quel calendrier ?

La procédure n’est pas tout à fait terminée. Depuis le vote du 25 juin, le projet est entré dans la phase de contrôle du Parlement européen et du Conseil, une étape de plusieurs mois durant laquelle les colégislateurs peuvent s’opposer au texte. Sauf coup de théâtre, le règlement sera ensuite formellement adopté par la Commission et publié au Journal officiel de l’Union européenne.

Les sept ans de transition ne commenceront à courir qu’à ce moment-là. Autrement dit, les premières restrictions effectives sur la grenaille de plomb en extérieur n’interviendraient pas avant le début des années 2030, et les stands dérogataires pourront continuer au-delà.

Ce qu’il faut retenir

Pour le tireur français, rien ne change à court terme. Les balles ne sont plus menacées, la grenaille reste en vente pendant au moins sept ans après l’entrée en vigueur du texte, et les plateaux conservent leur munition de compétition dans les stands qui se mettront aux normes.

Le dossier illustre surtout combien la mobilisation de la filière et des fédérations a pesé : entre la proposition initiale de l’ECHA et le texte voté en juin, l’essentiel des restrictions visant le tir sportif a été retiré ou assoupli. Reste maintenant aux clubs de plateaux à préparer, sans précipitation mais sans attendre le dernier moment, leur mise en conformité.

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Accessoires

États-Unis : un juge invalide l’enregistrement des silencieux

Le 5 août, un juge fédéral texan a invalidé l’enregistrement des silencieux et des armes à canon court prévu par la loi de 1934. Le gouvernement n’a pas fait appel : les premiers transferts sans formalité ont eu lieu dans la nuit du 12 au 13 août.

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David Hemda
Fusil de precision XM2010 de l'US Army equipe d'un silencieux

C’est une petite révolution juridique qui s’est jouée dans la nuit du 12 au 13 août aux États-Unis. Pour la première fois depuis 1934, des silencieux ont pu être remis à leurs acquéreurs sans enregistrement fédéral préalable, sans formulaire d’approbation et sans attente. En face, le gouvernement américain a choisi de ne pas faire appel.

À l’origine de ce basculement, une décision rendue le 5 août par un juge fédéral du Texas, qui a déclaré inconstitutionnelles les procédures d’enregistrement de la célèbre loi nationale sur les armes à feu, le National Firearms Act, pour les silencieux et les armes à canon court.

Une loi née en 1934

Le National Firearms Act, ou NFA, est la plus ancienne grande loi fédérale américaine sur les armes. Votée en 1934 en pleine époque du gangstérisme, elle ne visait pas à interdire, mais à décourager : chaque fabrication ou transfert d’une arme automatique, d’une carabine à canon court (moins de 40,6 cm) ou d’un silencieux était soumis à une taxe de 200 dollars, une somme considérable à l’époque, assortie d’un enregistrement dans un fichier fédéral et d’une procédure d’approbation par l’administration.

Près d’un siècle plus tard, le dispositif était toujours en place, géré par l’ATF, le bureau fédéral chargé des armes. Les délais de traitement des dossiers se comptaient encore récemment en mois, et le silencieux, simple modérateur de son atténuant la détonation sans jamais la supprimer, restait l’un des accessoires les plus encadrés du pays.

La taxe à zéro dollar qui a tout déclenché

Le grain de sable est venu du Congrès lui-même. À l’été 2025, la grande loi budgétaire portée par l’administration Trump a ramené à zéro dollar, à compter du 1er janvier 2026, la taxe de fabrication et de transfert sur les silencieux, les carabines et les fusils à canon court. Seules les armes automatiques et les engins destructeurs conservent la taxe de 200 dollars.

Or tout l’édifice constitutionnel du NFA repose précisément sur le pouvoir fiscal du Congrès. Dès 1937, la Cour suprême avait validé la loi en la qualifiant de mesure de perception d’une taxe, l’enregistrement n’étant admis que comme un outil au service de cette collecte. Les associations de défense des tireurs américains ont immédiatement vu la faille : sans taxe à percevoir, que reste-t-il pour justifier le fichier et les autorisations ?

Ce que dit le jugement

C’est exactement le raisonnement qu’a suivi le juge fédéral James Wesley Hendrix, du tribunal du district nord du Texas, dans deux affaires jointes, Silencer Shop Foundation contre ATF et Jensen contre ATF. Dans son jugement du 5 août, il conclut que les exigences d’enregistrement et d’approbation du NFA, appliquées à des armes désormais non taxées, excèdent les pouvoirs constitutionnels du Congrès.

Le tribunal interdit donc de façon permanente à l’ATF et au ministère de la Justice d’appliquer ces procédures aux plaignants. Point notable, la question du deuxième amendement, le droit constitutionnel de détenir des armes, n’a même pas été tranchée : les plaignants avaient abandonné cet argument, la démonstration fiscale suffisait.

Le juge avait toutefois suspendu l’effet de sa décision pendant sept jours, jusqu’au 12 août, pour laisser au gouvernement le temps de saisir la cour d’appel.

Qui est réellement concerné ?

Attention à ne pas surinterpréter la portée du texte : il ne s’agit pas d’une abrogation nationale. Conformément à la jurisprudence récente de la Cour suprême, qui limite les injonctions dites universelles, la décision ne protège que les parties au procès, leurs membres et leurs clients, actuels et futurs.

La liste est cependant très large. Elle couvre les adhérents de plusieurs grandes associations, dont Gun Owners of America, la Texas State Rifle Association affiliée à la NRA, la coalition FPC Action Foundation ou encore le Citizens Committee for the Right to Keep and Bear Arms, ainsi que les clients d’entreprises parties à l’affaire comme Silencer Shop, B&T USA, Palmetto State Armory et SilencerCo. Des millions d’Américains, en pratique, et il suffit d’adhérer à l’une de ces organisations pour entrer dans le périmètre.

Pour tous les autres, rien ne change à ce stade : l’achat d’un silencieux passe toujours par le formulaire fédéral et l’approbation de l’ATF. Les armes automatiques, elles, restent intégralement soumises au régime de 1934.

Le gouvernement a laissé passer le délai

Restait la question de l’appel. Selon la presse spécialisée américaine, le ministère de la Justice était divisé, tandis que 47 parlementaires républicains demandaient officiellement d’appliquer la décision à tout le pays et d’engager la réécriture des règlements concernés.

Le délai a expiré le 12 août sans qu’aucune demande de prolongation du sursis ne soit annoncée. Gun Owners of America avait prévenu qu’elle procéderait à des transferts de silencieux sans enregistrement dès 00h01, heure du Texas, le 13 août. Silencer Shop annonçait de son côté la remise symbolique de silencieux à deux personnalités texanes dans les mêmes conditions, une image impensable il y a encore un mois.

Et en France ?

Vu de France, le paradoxe est savoureux. Le modérateur de son y est en effet un simple accessoire, acheté en armurerie dans les mêmes conditions que l’arme qu’il équipe, sans fichier ni procédure spécifique. Sur ce point précis, le tireur sportif français était donc, depuis des années, mieux loti que son homologue américain.

Aux États-Unis, la bataille n’est probablement pas terminée. Une future administration pourrait relancer le contentieux, et d’autres procédures visant le NFA sont en cours. Mais le symbole est immense : la plus ancienne loi fédérale américaine sur les armes vient d’être fissurée par sa propre taxe, tombée à zéro dollar.

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Un Panzer IV de 1943 va être vendu aux enchères (est. 2,4M$)

Le 21 août 2026, Rock Island Auction met aux enchères un authentique Panzer IV Ausf. H de 1943, estimé jusqu’à 2,4 millions de dollars. Capturé par les Soviétiques puis par Israël, c’est l’un des deux seuls connus aux États-Unis.

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David Hemda
Char allemand Panzerkampfwagen IV Ausf. H de 1943 mis aux encheres par Rock Island Auction Company

Ce n’est ni une réplique, ni un véhicule fabriqué pour le cinéma. Le 21 août 2026, à Bedford, au Texas, Rock Island Auction Company mettra aux enchères un authentique Panzerkampfwagen IV Ausf. H construit en 1943.

Son estimation est spectaculaire : entre 1,5 et 2,4 millions de dollars. Mais ce qui rend ce char réellement exceptionnel, c’est son histoire. Construit pour l’armée allemande, capturé par les Soviétiques, utilisé ensuite par la Tchécoslovaquie, vendu à la Syrie puis capturé une seconde fois par Israël, il a traversé plusieurs décennies de conflits avant de rejoindre les États-Unis.

Un Panzer IV construit en pleine Seconde Guerre mondiale

Le char porte le numéro de châssis 85575. Selon Rock Island Auction Company, il a été assemblé entre juillet et août 1943 dans l’usine Nibelungenwerk.

Il s’agit d’un Panzer IV Ausf. H, l’une des versions les plus abouties du célèbre char moyen allemand. Un peu plus de 2 300 exemplaires de cette variante auraient été produits entre juin 1943 et février 1944. Au total, environ 8 500 Panzer IV, toutes versions confondues, furent fabriqués avant la fin de la guerre.

Le Panzer IV avait initialement été conçu comme char d’appui à l’infanterie. Mais l’évolution rapide des combats blindés força les Allemands à l’équiper d’un armement de plus en plus puissant, jusqu’à en faire l’un des principaux chars de bataille de la Wehrmacht.

25 tonnes, un V12 de 300 chevaux et un canon de 75 mm

Le modèle vendu mesure environ 7 mètres de long, canon compris, pour 2,87 mètres de large et environ 2,67 mètres de haut. Son poids approche les 25 tonnes.

Sous le blindage se trouve un moteur essence Maybach HL 120 TRM, un V12 de 11,867 litres développant environ 300 chevaux. De quoi propulser l’engin à près de 42 km/h, pour une autonomie d’environ 190 kilomètres.

Son armement principal est un canon de 75 mm KwK 40 L/48, capable à l’époque de combattre des blindés adverses bien plus efficacement que les premiers Panzer IV équipés d’un canon court. Le canon de l’exemplaire vendu est aujourd’hui neutralisé.

Capturé par l’Armée rouge

Selon la provenance fournie avec le véhicule, ce Panzer IV a été capturé aux forces allemandes par l’armée soviétique sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale.

Contrairement à la majorité des blindés allemands détruits, abandonnés ou ferraillés après le conflit, celui-ci a survécu.

Après la guerre, il aurait été reconstruit dans l’usine ČKD Praha, puis transféré en 1949 au 1er régiment de chars tchécoslovaque.

Son parcours aurait déjà été remarquable s’il s’était arrêté là. Mais le même char allait encore connaître un autre conflit.

Vendu à la Syrie dans les années 1950

Dans les années 1950, le Panzer IV est acheté par la Syrie, qui renforce alors ses forces blindées avec des véhicules provenant de plusieurs pays européens.

Le char conserve d’ailleurs des modifications d’époque, dont un anneau installé autour de la tourelle pour recevoir une mitrailleuse antiaérienne soviétique DShK (non fournie avec le véhicule).

Puis arrive juin 1967 et la guerre des Six Jours.

Le Panzer IV est déployé du côté syrien avant d’être capturé par les forces israéliennes sur le plateau du Golan. Rock Island indique que les combats de 1967 constituent le dernier engagement connu de Panzer IV au combat.

Autrement dit, un char construit en Allemagne en 1943 combattait encore près de 24 ans plus tard au Moyen-Orient.

Utilisé ensuite par Israël

Après sa capture, le véhicule aurait servi comme char d’entraînement au sein de l’armée israélienne, avant d’intégrer le musée des blindés de Latrun.

En 1993, il est acquis par le collectionneur américain William Gasser et importé aux États-Unis. Il rejoint alors l’American Armoured Foundation Tank Museum de Danville, en Virginie, où il restera exposé et conservé à l’intérieur pendant plusieurs décennies.

Plus de 80 ans après sa fabrication, il va désormais changer une nouvelle fois de propriétaire.

L’un des deux seuls Panzer IV connus aux États-Unis

C’est probablement le détail qui explique le niveau de son estimation.

Selon Rock Island Auction Company, seuls deux Panzer IV sont actuellement connus aux États-Unis. Le second, également un Ausf. H, appartient au Flying Heritage & Combat Armor Museum, à Everett, dans l’État de Washington.

Le char vendu le 21 août serait donc le seul Panzer IV actuellement connu aux États-Unis disponible à l’achat par le public. Pour un collectionneur de véhicules militaires, l’occasion est particulièrement rare.

Peut-il encore rouler ?

Il faut ici être prudent.

Rock Island indique que le véhicule présente un état de conservation remarquable pour un char de cette époque et que la tourelle peut toujours être manœuvrée à la main.

En revanche, le moteur et les autres systèmes mécaniques n’ont pas été testés. Il est donc impossible d’affirmer que le Panzer peut actuellement démarrer et rouler sans remise en état.

Le char conserve néanmoins de nombreux éléments intérieurs : instruments, optiques et une partie de l’équipement radio. Plusieurs accessoires sont également fournis séparément, dont des maillons de chenille, deux radios, un carburateur Solex, une roue, une génératrice, des outils et une trousse de secours d’époque.

Jusqu’à 2,4 millions de dollars

Le Panzer IV sera proposé comme lot n°275, le 21 août 2026 à Bedford, au Texas. Son estimation officielle est comprise entre 1 500 000 et 2 400 000 dollars. Une somme considérable pour un véhicule de plus de 80 ans.

Mais son futur propriétaire n’achètera pas simplement un vieux char allemand. Il achètera un véhicule construit en pleine Seconde Guerre mondiale, capturé par l’URSS, passé par l’armée tchécoslovaque, vendu à la Syrie, capturé une deuxième fois par Israël puis conservé pendant plusieurs décennies aux États-Unis.

Un morceau de 25 tonnes d’histoire militaire, et l’un des très rares Panzer IV qu’un particulier puisse encore espérer acquérir.

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