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Il y va « la fleur au fusil » et remporte la 2e place
Double champion de France du mousquet à mèche japonais en juin à Vitrolles, le tireur de Beaumont-sur-Sarthe a enchaîné avec une médaille d’argent par équipe au championnat du monde des armes anciennes d’Eisenstadt. Un été en or, abordé « la fleur au fusil ».
« J’y suis un peu allé la fleur au fusil. » La formule est de Benjamin Trehet, tireur de la Société de tir Les Bleuets de Beaumont-sur-Sarthe, dans les colonnes d’Ouest-France. Elle résume un été 2026 en deux temps forts. En juin, à Vitrolles, le Sarthois a décroché deux titres de champion de France au mousquet à mèche japonais. En août, à Eisenstadt, en Autriche, il est devenu vice-champion du monde par équipe.
Deux titres en juin à Vitrolles
Tout commence au 44e championnat de France des armes anciennes, du 9 au 14 juin au stand de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Benjamin Trehet s’y aligne dans deux épreuves de mousquet à mèche japonais, tirées sur cible à 50 m : la Tanegashima, debout, et la Hizadai, à genoux.
En Tanegashima réplique, il frappe fort : neuf coups dans le 10, un seul 9, soit 99 points sur 100. Son dauphin, Mathieu Ducellier (ST Nitting), termine loin derrière, à 94 points, devant Noël Risch (ST Sélestat, 93 points). En Hizadai réplique, il gagne encore, avec 98 points. Fabrice Dedryver (Tir sportif noyonnais) prend l’argent à 96 points, Risch le bronze à 95.
La progression est spectaculaire. Un an plus tôt, au championnat de France 2025 de Châteauroux, le Sarthois avait fini 6e de la Tanegashima et 4e de la Hizadai. En 2026, il ne perd que trois points sur les deux épreuves réunies.
Vice-champion du monde en août
Ce championnat de France distribue plus que des titres. Le classement de Vitrolles sert de sélection : Benjamin Trehet y gagne sa place parmi les 19 tireurs français retenus pour le championnat du monde des armes anciennes, du 16 au 22 août à Eisenstadt, en Autriche.
Il aborde l’échéance sans se mettre la pression. « J’y suis un peu allé la fleur au fusil », a-t-il raconté à Ouest-France. Pas de surentraînement : il revalide ses positions et fait confiance à ses sensations.
Bien lui en a pris. À Eisenstadt, les Bleus récoltent onze podiums, dont quatre titres mondiaux. Benjamin Trehet obtient le sien par équipe, en Hizadai. Associé à Mathieu Ducellier et Noël Risch, les deux hommes qu’il venait de battre à Vitrolles, il décroche la médaille d’argent. Seule l’Allemagne devance le trio français. La Tchéquie prend le bronze.
En individuel, il se classe 8e de la Tanegashima avec 95 points, dans une épreuve d’un niveau exceptionnel : les trois médaillés ont tous rendu une carte parfaite, à 100 points. En Hizadai, il termine 7e avec 96 points. Ducellier, lui, échoue au pied du podium, battu en barrage. L’équipe de France de Tanegashima échoue à la 4e place, derrière l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.
Le Japon de 1543 à 50 m
Derrière ces noms d’épreuves se cache l’un des plus vieux chapitres de l’histoire des armes à feu. En 1543, des navigateurs portugais échoués sur l’île japonaise de Tanegashima y introduisent l’arquebuse à mèche. Le seigneur local en commande des centaines de copies, et l’arme à feu conquiert l’archipel.
Cinq siècles plus tard, la confédération internationale de la poudre noire, la MLAIC, fait revivre ces mousquets en compétition. Comme la plupart des épreuves de la discipline, la Tanegashima et la Hizadai tirent leur nom d’une arme, d’un inventeur ou d’un lieu. Chaque épreuve existe en deux classes, armes d’origine et répliques de fabrication moderne. Et la mise à feu par mèche lente, sans chien ni silex, en fait l’un des exercices les plus exigeants du tir de précision.
Une section sarthoise née en 2007
Ces médailles récompensent aussi un club. La Société de tir Les Bleuets de Beaumont-sur-Sarthe abrite les Arquebusiers du Maine, la section sarthoise des Arquebusiers de France. Cette association fédère le tir aux armes anciennes dans le pays depuis 1963.
L’aventure locale commence en 1993, avec trois passionnés d’abord rattachés aux Arquebusiers nantais. La section prend son autonomie en 2007, autour de Bernard Simon et Vincent Rey. Les deux fondateurs tirent toujours : à Vitrolles, Rey a pris la 7e place de la Tanegashima.
Benjamin Trehet, lui, a rejoint Les Bleuets en 2016. Il a d’abord tiré au 22 long rifle, avant de basculer vers la poudre noire par passion pour l’histoire, comme il l’a confié au quotidien régional. En 2024, avec Charlie Prud’homme et Vincent Rey, il décrochait déjà l’or par équipe au championnat de France. La même année, il prenait l’argent individuel en Hizadai. Deux ans plus tard, le voilà double champion de France et vice-champion du monde, avec un cap déjà annoncé : les championnats d’Europe 2027. Le patron français du mousquet à mèche n’a pas fini de faire parler la poudre.
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Glocks contrefaits : plus de 230 armes saisies en un mois en France
Sept membres d’un réseau turc mis en examen à Versailles après la saisie de 47 pistolets neufs et de 120 000 euros à Mantes-la-Jolie. Avec l’Ain et la gare de Lyon, la filière des Glocks contrefaits a perdu plus de 230 armes en un mois.
Un sac à dos et deux cartons, ouverts au petit matin du mardi 15 septembre à Mantes-la-Jolie et à Limay : à l’intérieur, 47 pistolets de calibre 9 mm, neufs, encore dans leur emballage d’origine. La brigade de répression du banditisme (BRB) de Versailles venait de porter un nouveau coup à la filière turque des contrefaçons de Glock, une semaine à peine après l’interception spectaculaire de 150 armes dans l’Ain. Au cumul des saisies rattachées à ce courant d’approvisionnement depuis la fin août, la France a retiré du marché noir plus de 230 pistolets en moins d’un mois.
47 pistolets, 120 000 euros, sept mises en examen
Le bilan de l’opération des Yvelines, détaillé dans un communiqué du procureur de la République de Versailles Jean-David Cavaillé et révélé par le média police-justice Actu17, donne la mesure du trafic : outre les 47 pistolets, les enquêteurs ont saisi huit chargeurs de trente cartouches, sept « switchs », ces dispositifs qui transforment un pistolet en arme automatique, plus de 120 000 euros en espèces et cinq véhicules. Sept ressortissants turcs, âgés de 25 à 35 ans, ont été interpellés puis placés en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Versailles, où ils ont reconnu les faits.
Déférés vendredi devant un juge d’instruction, les sept hommes ont été mis en examen pour transport, acquisition et cession d’armes soumises à autorisation ou interdites, ainsi que pour association de malfaiteurs. Six ont été placés en détention provisoire, le septième sous contrôle judiciaire. Détail notable relevé par le parquet : aucun n’était connu de la justice française pour des faits de cette nature, et aucun lien avec le grand banditisme hexagonal n’a été établi à ce stade.
De la Turquie à Mantes-la-Jolie via l’Allemagne
L’enquête, ouverte fin 2025 à l’initiative de la BRB du service interdépartemental de police judiciaire de Versailles, a donné lieu à une information judiciaire en mars 2026. Des mois de surveillances techniques et physiques ont permis de reconstituer la chaîne logistique : des pistolets fabriqués en Turquie, acheminés par l’Allemagne, puis stockés et écoulés depuis Mantes-la-Jolie, où résidait l’essentiel de la bande. Un homme de 33 ans, installé dans le même secteur, est présenté comme le pilote du réseau, selon Le Parisien.
Les tarifs pratiqués en disent long sur la demande : entre 2 500 et 3 000 euros le pistolet, plusieurs fois le prix d’une arme comparable vendue légalement en armurerie. Moyennant un supplément de 500 euros, l’acheteur repartait avec un « switch » et un chargeur de trente cartouches, de quoi transformer la contrefaçon en machine à rafales. Un profil d’arme que les enquêteurs décrivent comme particulièrement recherché par les narcotrafiquants.
Les Daltonlar, encore et toujours
En amont de la chaîne, les investigations pointent une organisation désormais familière des lecteurs de Cibles : les Daltonlar, ce groupe criminel turc baptisé d’après les frères Dalton de « Lucky Luke », que nous avions présenté après la saisie de près de 150 pistolets sur une autoroute de l’Ain. Cette structure, qui alimente en armes plusieurs pays européens dont l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, fournirait notamment la DZ Mafia marseillaise et disposerait d’une branche dédiée aux exécutions sur commande, les « Mains noires ».
Le volet parisien de l’offensive judiciaire a d’ailleurs franchi un cap la même semaine : onze membres présumés de l’organisation, interpellés par l’Office central de lutte contre la criminalité organisée dans la procédure des 150 pistolets de l’Ain, ont été mis en examen à leur tour. Parmi eux figure, selon Le Parisien, un homme installé à Marseille soupçonné d’avoir accepté d’exécuter un rival ; la présence d’un tiers aux côtés de la cible aurait fait avorter la tentative. S’y ajoute le précédent de la gare de Lyon : le 24 août, un voyageur de 43 ans avait été arrêté par les douaniers avec 35 armes de poing du même type dans ses bagages, avant d’être écroué. Les enquêteurs le rattachent à la même organisation.
Plus de 230 armes en un mois
Additionnées, les trois saisies attribuées à cette filière donnent le vertige : près de 150 pistolets dans l’Ain le 10 septembre, 47 dans les Yvelines le 15, 35 à la gare de Lyon le 24 août. Plus de 230 armes de poing, presque toutes des contrefaçons de Glock sorties d’ateliers turcs, retirées de la circulation en moins d’un mois sur le seul territoire français. Le chiffre illustre autant l’ampleur du courant d’approvisionnement que la pression judiciaire mise sur ses relais : deux informations judiciaires distinctes, à Paris et à Versailles, visent désormais la même organisation.
Pour les tireurs et collectionneurs, l’affaire rappelle une réalité de marché : ces pistolets se vendaient 2 500 à 3 000 euros sous le manteau, bien au-dessus du prix d’une arme neuve, sérialisée et enregistrée, qu’un tireur licencié acquiert légalement en armurerie. Le marché noir ignore contrôles et traçabilité, mais il a ses propres cours, et ils se portent bien. La suite s’écrira dans les cabinets d’instruction de Paris et de Versailles.
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Les « Dalton » du trafic d’armes tombent sur une autoroute de l’Ain
Près de 150 armes de poing dans une camionnette, douze interpellations et un pivot marseillais des fausses Glock : coup de filet contre les « Daltonlar », gang turc installé en France.
Une camionnette interceptée jeudi 10 septembre sur une autoroute de l’Ain, six sacs de sport à l’intérieur, et dedans près de 150 armes de poing : le chiffre suffit à classer l’affaire parmi les plus grosses saisies d’armes de l’année en France. En 48 heures, douze hommes ont été interpellés dans plusieurs départements, avant d’être présentés lundi 14 septembre à un juge d’instruction parisien. Derrière ce coup de filet, les enquêteurs décrivent une organisation criminelle turque au nom digne d’une bande dessinée, les « Daltonlar », et un fil rouge qui parlera aux lecteurs de Cibles : le trafic de contrefaçons de Glock.
Six sacs de sport, douze interpellations
Révélée lundi par le média police-justice Actu17, l’opération s’est jouée entre Paris et Marseille les jeudi 10 et vendredi 11 septembre, avec le concours de plusieurs antennes de la BRI. Selon les informations de BFMTV, les armes voyageaient dans six sacs de sport à bord d’une camionnette interceptée sur une autoroute de l’Ain. Le cadre judiciaire donne la mesure du dossier : une enquête préliminaire ouverte dès juin 2025 par le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO), sur la foi d’informations transmises par les autorités allemandes à propos d’un trafic d’armes international, et confiée à l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) ainsi qu’à plusieurs directions zonales de la police nationale. Au terme de 96 heures de garde à vue, tous les suspects, en grande majorité des Turcs, ont nié appartenir à un « groupe criminel turc quel qu’il soit », selon une source policière citée par la chaîne. Ils ont été déférés lundi au tribunal judiciaire de Paris.
Un gang baptisé d’après Lucky Luke
Les « Daltonlar », littéralement « les Dalton » en turc, empruntent leur nom aux quatre frères gaffeurs de Lucky Luke. La référence s’arrête là. Apparu vers 2020 à Istanbul, le groupe est devenu l’une des organisations les plus violentes de la nouvelle génération criminelle turque, recrutant de très jeunes hommes à grand renfort de mises en scène sur les réseaux sociaux ; la presse stambouliote lui prête même un gang rival baptisé « Redkit », du nom turc de Lucky Luke lui-même. En décembre 2025, un tribunal d’Istanbul a prononcé plusieurs réclusions à perpétuité dans un vaste procès visant l’organisation, rapportait alors le site Turkish Minute. Ses activités en Turquie vont du trafic de stupéfiants et de cigarettes aux extorsions de fonds et aux assassinats, détaille BFMTV, et le groupe a essaimé en Europe de l’Ouest : France, Allemagne, Belgique, Espagne, Italie. Plusieurs de ses membres résideraient en région parisienne et à Marseille. C’est précisément ce que l’enquête française vient de mettre au jour.
« Haso », pivot présumé des fausses Glock
Parmi les douze déférés figure Hasan S., dit « Haso », un Français d’origine turque déjà connu de la justice pour des infractions liées aux armes et mis en examen à l’été 2025 par un juge d’instruction marseillais dans une affaire de détention d’armes. En juillet, les enquêteurs ont sonorisé son véhicule ; dans les écoutes, l’homme apparaît comme « le personnage central et incontournable du trafic d’armes contrefaites à Marseille », toujours selon BFMTV. Le même mois, il est soupçonné d’avoir fomenté un projet d’action violente contre un compatriote incarcéré aux Baumettes, qu’il désignait comme un « traître » pour avoir vendu des armes dans la cité phocéenne ; le détenu a été placé à l’isolement avant que le projet n’aboutisse. « Haso » a été interpellé vendredi au petit matin par la BRI, au péage d’Arles, et a gardé le silence durant toute sa garde à vue. À ce stade, aucune source ne précise si les 150 armes de la camionnette sont elles-mêmes des contrefaçons ; c’est l’un des points que l’information judiciaire devra établir.
Trois semaines plus tôt, gare de Lyon
Le dossier fait écho à une autre affaire, distincte à ce stade, mais qui dessine la même géographie. Le 24 août, vers 14 h 30, les douaniers de la gare de Lyon remarquent un voyageur turc de 43 ans qui peine à porter ses deux sacs à dos vers le train de Perpignan. À l’intérieur : 35 pistolets Glock, rapportait Le Parisien, repris par Actu17. La perquisition de son domicile de Melun en livre neuf autres, dont un exemplaire modifié « avec un sélecteur de tir et un chargeur long, permettant de tirer en rafale ». L’expertise est parlante : les 44 armes sont des contrefaçons artisanales de Glock 19 et 26. L’homme, dont la téléphonie trahit quatre séjours en Espagne, deux en Belgique et un en Allemagne, a reconnu avoir livré plus d’une centaine de pistolets du même type à des malfaiteurs ; il a été mis en examen le 28 août et écroué. Fausses Glock par dizaines, filières transeuropéennes, sacs de sport sur les autoroutes : après les kalachnikovs de l’axe franco-belge, ces dossiers rappellent que le marché noir se fournit désormais en armes neuves fabriquées clandestinement, très loin des circuits légaux et tracés du tir sportif. La suite se jouera dans les cabinets d’instruction ; nous y reviendrons.
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NaturaBuy victime d’une fuite de données
NaturaBuy confirme une cyberattaque : noms, adresses, téléphones et identifiants de membres ont été extraits, mots de passe chiffrés compris. Ni données bancaires ni numéros SIA, assure l’entreprise. Les réflexes à adopter sans attendre.
Les membres de NaturaBuy ont reçu jeudi 11 septembre un e-mail que personne n’aime ouvrir. La grande place de marché française des armes, des munitions et de l’équipement outdoor y confirme avoir été victime d’une cyberattaque la veille, mercredi 10 septembre, et reconnaît que des données personnelles ont été extraites de ses serveurs. Noms, adresses, téléphones : la liste a de quoi faire tiquer les détenteurs, même si l’entreprise assure que ni les documents d’identité, ni les données bancaires, ni les numéros SIA n’ont été touchés. Le point sur ce que l’on sait, ce que l’on ignore, et surtout sur les réflexes à adopter sans attendre.
Ce que NaturaBuy reconnaît
Dans son communiqué, l’entreprise décrit une attaque « externe ciblée, menée avec des moyens particulièrement sophistiqués », détectée le 10 septembre par son système d’alerte et ses équipes. Le site a ensuite été volontairement mis hors ligne, le temps de finaliser un audit de sécurité, avant d’être remis en service une fois la vulnérabilité corrigée ; NaturaBuy ne détaille ni la faille exploitée ni le mode opératoire des attaquants. La plateforme indique avoir notifié la CNIL, comme le RGPD l’y oblige, et déposé plainte. La communication passe pour l’instant exclusivement par e-mail : au moment où nous écrivons ces lignes, la page d’accueil du site, de nouveau en ligne, n’affiche aucune mention de l’incident. C’est le site spécialisé FrenchBreaches, qui suit l’affaire depuis les premiers signalements, qui reproduit l’essentiel du communiqué adressé aux membres.
Ce qui a fuité, ce qui a été épargné
Les attaquants sont parvenus à extraire, selon l’entreprise, les nom, prénom, adresse e-mail, adresse postale, numéro de téléphone et identifiant NaturaBuy des membres concernés, ainsi que leur mot de passe stocké sous forme chiffrée (« crypté », écrit le communiqué, sans préciser la méthode ; c’est la robustesse de ce chiffrement qui déterminera le temps que ces mots de passe tiendront face aux pirates). N’ont en revanche pas été extraits, toujours selon NaturaBuy : les documents d’identité, les données bancaires et moyens de paiement, les numéros SIA, les numéros d’armes et le détail des commandes et des ventes. Pour les tireurs, c’est la moins mauvaise nouvelle du communiqué : ce sont précisément ces informations qui auraient transformé une fuite de fichier client en cartographie de râteliers. Restent les inconnues, et elles sont de taille : le nombre de membres concernés n’est pas communiqué, pas plus que la durée d’accès des attaquants ou leur identité. Ni l’entreprise ni FrenchBreaches ne font état, à ce stade, d’une publication ou d’une mise en vente des données.
Détenteurs : pourquoi cette fuite n’est pas anodine
Un fichier associant identités, adresses et téléphones à la qualité de membre d’une plateforme d’armes, c’est une liste de détenteurs probables : une donnée en or pour des cambrioleurs comme pour des escrocs, on l’a vu cet été en Gironde où des tireurs ont été cambriolés après des fuites de données. NaturaBuy en est manifestement conscient : la consigne la plus frappante du communiqué s’adresse aux détenteurs, appelés à une vigilance particulière face aux tentatives d’usurpation de l’identité des forces de l’ordre. L’entreprise rappelle que « la police, la gendarmerie ou les douanes ne se présenteront pas spontanément au domicile d’un particulier afin de récupérer ses armes ou ses munitions », et recommande, en cas d’appel suspect, de raccrocher puis de composer directement le 17. Le scénario redouté est facile à imaginer : un faux gendarme, au téléphone ou à la porte, muni de votre nom et de votre adresse, venu « contrôler » ou « saisir » vos armes. Face à un fichier détenu par des inconnus, la règle vaut d’être répétée : aucune démarche liée à vos armes ne se fait à l’improviste, le SIA et les procédures officielles passent par des canaux identifiés.
Les bons réflexes, dès maintenant
Premier chantier : le mot de passe. À la prochaine connexion, chaque membre sera invité à en choisir un nouveau, directement sur le site et à sa seule initiative. NaturaBuy insiste : « aucune demande de réinitialisation ne sera envoyée par e-mail ou par SMS ». Tout message de ce type se réclamant de la plateforme est donc un piège, à supprimer sans cliquer. Si le même mot de passe sert ailleurs, messagerie, banque ou autre site de vente, changez-le partout sans attendre. Deuxième chantier : les SMS. Pendant l’indisponibilité du site, des utilisateurs ont signalé des messages frauduleux, dont un prétendu paiement de 269 euros assorti d’un lien suspect ; NaturaBuy n’établit pas de lien entre ces SMS et l’attaque, mais la coïncidence invite à traiter avec la plus grande méfiance tout ce qui arrive par téléphone ou par e-mail en se réclamant de la plateforme, d’une banque ou d’une administration. Avec des identités, des adresses et des numéros en circulation, les campagnes d’hameçonnage à venir pourront être très crédibles ; le bon réflexe reste de ne jamais suivre un lien reçu et de taper soi-même l’adresse du site. L’ampleur exacte de la fuite reste à préciser et l’enquête ne fait que commencer : nous suivrons les suites de l’affaire, en particulier si les données venaient à circuler.
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