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Eisenstadt : quatre titres mondiaux pour les Bleus

La FFTir a publié les premiers résultats français du Mondial des armes anciennes : quatre titres mondiaux, dont deux par équipes arrachés à l’Allemagne, et onze médailles après deux journées de finales à Eisenstadt.

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Quatre podiums français au championnat du monde des armes anciennes d'Eisenstadt 2026

Les résultats français du 31e championnat du monde des armes anciennes se faisaient attendre, les voilà, et ils valaient l’attente. Au pointage publié par la FFTir après les deux premières journées de finales à Eisenstadt, les Bleus comptent onze podiums, dont quatre titres mondiaux. Deux couronnes individuelles, signées Véronique Tissier et la jeune Soraya Zitouni, et deux titres par équipes arrachés à l’Allemagne, la grande puissance de la discipline. Pour une délégation de 19 sélectionnés, la moisson est déjà exceptionnelle, et le championnat n’est pas terminé.

Véronique Tissier, reine du 100 mètres

La femme forte de ce Mondial côté français s’appelle Véronique Tissier. En Walkyrie réplique, l’épreuve des dames à la carabine couché 100 m, elle décroche l’or avec 99 points, un de mieux que les Allemandes Ute Gretz et Tania Heber. Quelques heures plus tôt, la Française avait déjà frappé en Whitworth réplique, la carabine libre à percussion : 99 points encore, ce qui la glisse à la deuxième place entre les deux hommes en forme du début de semaine, Kilian Fichtl (100) et Michael Sturm (98), héros du premier soir allemand.

Les Bleues ont transformé l’essai en collectif. Avec Maëva Moelo et Alix Barraud, Tissier remporte l’épreuve par équipes Amazons (287 points, contre 284 à l’Allemagne et 267 à la Pologne). En Rigby, le classement par équipes de la Whitworth réplique, le trio Moelo-Tissier-Ducellier échoue à un tout petit point de l’Allemagne (288 contre 289) et prend l’argent devant la Hongrie. Anaïs Terpoorter (4e de la Walkyrie avec 97 points) et Maëva Moelo (5e avec 95, après une 6e place en Whitworth) complètent un tir groupé remarquable.

La relève est déjà en or

L’autre titre individuel vient de la catégorie des moins de 21 ans, et il a une saveur particulière. Au pistolet à percussion Kuchenreuter, Soraya Zitouni s’impose avec 95 points devant le Tchèque Tomas Frolik (93) et l’Espagnole Anna Corcoles Navarro (92) : une championne du monde jeunes pour le tir tricolore. Toujours chez les jeunes, Céleste Fleury-Bouge prend l’argent de la Whitworth youth avec 89 points, derrière la Suissesse Jenny Mosch (91).

Soraya Zitouni sur la plus haute marche du podium Kuchenreuter Youth à Eisenstadt
Soraya Zitouni, championne du monde Kuchenreuter des moins de 21 ans. Photo : FFTir

Miquerol en bronze, la Gustav Adolf en or

Sur les armes d’origine, Jean-Luc Miquerol s’offre un doublé de bronze : troisième de la Tanegashima origine, le mousquet à mèche debout à 50 m (91 points), puis troisième de la Miquelet origine, le mousquet à silex (92 points). C’est là que la France a signé son coup le plus savoureux : associé à Mathieu Ducellier (4e) et Maëva Moelo (5e), Miquerol remporte la Gustav Adolf, le classement par équipes de la Miquelet origine, pour un seul point (275 contre 274) devant l’Allemagne. Clin d’œil de l’histoire : la coupe de cette épreuve fut offerte par la Fédération française de tir en 1972. Elle rentre à la maison.

Podium par équipes de la Gustav Adolf au Mondial d'Eisenstadt, la France en or
L’équipe de France sur la plus haute marche de la Gustav Adolf, devant l’Allemagne et l’Autriche. Photo : FFTir

La liste ne s’arrête pas là. Mathieu Périé prend l’argent du Kuchenreuter réplique sidehammer avec 95 points, le même score que le vainqueur italien Denis Pasolini. L’équipe Hinawa (Ducellier, Trehet, Risch) se classe deuxième de la Hizadai réplique derrière l’intouchable trio allemand. Mathieu Ducellier peut nourrir un regret : quatrième de la Hizadai avec 97 points, le score du bronze, il a cédé la médaille au barrage. On retiendra aussi qu’au premier soir, la fédération allemande n’annonçait que ses propres médailles : on sait désormais que les Bleus étaient à la fête dès le mardi, avec le bronze de Miquerol et l’argent de la Hinawa.

Et ce n’est pas fini

Ce bilan est provisoire, et c’est une bonne nouvelle. Les podiums de jeudi, journée des revolvers Mariette, du fusil Lamarmora, de la Minié et de la Vetterli des jeunes, restaient à publier à l’heure où nous écrivions ces lignes. Ce vendredi, place aux revolvers Colt, au pistolet à mèche Tanzutsu et à l’épreuve Pennsylvania, avant la journée de clôture samedi. Autant d’occasions d’allonger une liste tricolore déjà superbe, que nous récapitulerons en fin de championnat avec le bilan complet des 19 Français d’Eisenstadt.

 

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Lyon : neuf armes volées chez un tireur sportif

Neuf armes détenues légalement par un tireur sportif ont été dérobées dans son appartement du quartier de Perrache, à Lyon. Elles étaient rangées dans une armoire qui n’était pas verrouillée.

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David Hemda

Le butin fait froid dans le dos. Neuf armes à feu ont été dérobées dans l’appartement d’un tireur sportif du 2e arrondissement de Lyon, quartier de Perrache, lors d’un cambriolage découvert le samedi 15 août vers 23 h, révèle Le Progrès, relayé ce vendredi par Lyon Mag et Lyon Capitale. Alerté par une voisine qui avait remarqué sa porte ouverte, le propriétaire a constaté la disparition de deux fusils décrits comme des fusils d’assaut, d’un fusil de chasse et de six armes de poing, emportés avec leurs étuis de transport. Le préjudice est estimé à environ 15 000 euros. Détail notable : les cambrioleurs n’ont pris aucune munition.

Une armoire qui n’était pas verrouillée

Selon les premiers éléments rapportés par la presse locale, l’ensemble était déclaré et détenu en toute légalité. Un point interroge cependant : les armes étaient rangées dans une armoire qui n’était pas verrouillée. Rappelons ce que dit le code de la sécurité intérieure (articles R314-1 et suivants) : pour les armes des catégories A, B et C, le stockage dans un coffre-fort ou une armoire forte n’est pas une option, et les munitions des armes de catégorie B doivent être conservées à part. Seule la catégorie C admet une alternative, le démontage d’une pièce de sécurité mise sous clé séparément. Des obligations dont l’inobservation est lourdement sanctionnée, et qui peuvent peser sur le sort des autorisations de leur détenteur.

Un mot sur les « fusils d’assaut » évoqués par nos confrères. En droit français, les armes capables du tir en rafale relèvent de la catégorie A, interdite aux particuliers. Ce que détiennent les tireurs sportifs, ce sont des carabines semi-automatiques qui en reprennent l’apparence, classées en catégorie B et accessibles uniquement sur autorisation préfectorale, avec licence de tir, avis médical et contrôles réguliers à la clé.

9 300 armes volées chaque année

Ce fait divers illustre une réalité documentée de longue date. Selon l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI), les vols commis chez les particuliers et les armuriers constituent la première source d’approvisionnement du marché noir des armes en France. En moyenne, environ 9 300 armes y sont déclarées volées chaque année, un chiffre qui a oscillé entre 7 800 en 2014 et 10 500 au plus fort de 2015. L’immense majorité de ces armes dérobées, 78 %, relève du régime de la simple déclaration, dont les règles de conservation sont plus légères que celles des armes soumises à autorisation. Chaque armoire laissée ouverte alimente, à sa petite échelle, ce circuit-là.

L’ombre des fuites de données

L’affaire de Perrache survient dans un climat particulier. Lyon Mag note que plusieurs vols ont visé des détenteurs d’armes dans l’agglomération lyonnaise ces derniers mois, et rappelle que des données concernant des licenciés de la Fédération française de tir ou des ventes d’armes ont fait l’objet de piratages récents, tout en soulignant que rien ne permet, à ce stade, de relier ce cambriolage aux informations ainsi dérobées.

Le souvenir est frais chez les tireurs. À l’automne 2025, la FFTir, avait été victime d’une attaque ayant exposé des données personnelles de ses licenciés : état civil, adresse postale, téléphone, adresse mail et numéro de licence, selon le dispositif gouvernemental Cybermalveillance.gouv.fr. Ni données médicales ou bancaires, ni informations sur la détention d’armes, que la fédération ne possède pas ; mais une adresse associée à une licence de tir suffit à désigner un domicile comme potentiellement intéressant. Une enquête a été confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de police de Paris, sous l’autorité du parquet de Paris.

La discrétion et le coffre

En attendant que l’enquête lyonnaise retrouve la trace des neuf armes envolées, l’épisode vaut piqûre de rappel pour tous les détenteurs. Un coffre ou une armoire forte fermés à clé, des munitions stockées à part, et la plus grande discrétion sur ce que l’on détient : la sécurité d’une collection tient d’abord à ces gestes simples. Ils protègent le patrimoine du tireur, son dossier administratif, et surtout ils évitent d’armer, littéralement, la délinquance de demain.

 

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Munich : 6101 tireurs pour un championnat d’Allemagne géant

Le championnat d’Allemagne de tir sportif s’ouvre vendredi sur le stand olympique de Garching-Hochbrück : 6101 tireurs, 9742 départs et 277 titres jusqu’au 30 août. Visite guidée d’un événement hors norme.

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David Hemda
Ligne de tir carabine du championnat d’Allemagne sur le stand olympique de Garching-Hochbrück

Ce vendredi à 8 h, les premiers coups de feu claqueront à Garching-Hochbrück, au nord de Munich. Jusqu’au 30 août, le stand olympique bavarois accueille la Deutsche Meisterschaft, le championnat d’Allemagne de tir sportif, et les chiffres publiés par la fédération allemande (DSB) à la veille de l’ouverture donnent le tournis : 6101 tireurs, 9742 départs, 277 titres nationaux à distribuer et jusqu’à 750 000 cartouches qui seront brûlées en dix jours. De très loin le plus grand événement du calendrier allemand, et une démonstration de masse dont peu de fédérations au monde peuvent rêver.

Des chiffres d’un autre monde

La seule liste des engagés occupe 171 pages. On y trouve toutes les armes du tir sportif : plateaux, carabine, pistolet et revolver, arbalète, sur des distances de 10 à 300 m. Toutes les générations aussi : la benjamine du plateau, Alexis Nelli Kopplow, a 10 ans ; le doyen, Waldemar Pirner, en affiche 87. Les hommes restent majoritaires (6007 départs, contre 3735 pour les femmes), mais l’écart se resserre d’année en année, note la DSB, qui recense par ailleurs 365 départs dans les catégories para. Au total, 197 titres individuels, 73 titres par équipes et 7 décisions en mixte seront attribués. Et l’entrée est gratuite pour les spectateurs, sur toute la durée de l’épreuve.

Pour situer l’ampleur de la chose : les championnats de France 25 et 50 m disputés en juillet à Volmerange-les-Mines paraissent presque intimistes en comparaison; le championnat national allemand, lui, aligne à lui seul plus de 6000 compétiteurs sur dix jours.

Arche d'entrée du championnat d'Allemagne de tir sportif à Garching-Hochbrück
L’entrée du plus grand rendez-vous du tir allemand, à Garching-Hochbrück. Photo : DSB

Le stand des Jeux de 1972

Le décor a lui aussi sa légende. C’est la 52e fois que la grande messe du tir allemand se tient à Munich : elle s’y est installée en 1974, quittant Wiesbaden pour une Olympia-Schießanlage alors presque neuve, construite pour les Jeux olympiques de 1972. Un demi-siècle plus tard, la fédération vante une installation « toujours en parfait état », exemple de durabilité des équipements olympiques. Seule l’édition 2020, annulée pour cause de pandémie, manque à l’appel.

L’histoire du site n’est pas faite que de sport. Le vendredi 28 août, la jeunesse disputera son championnat de carabine trois positions, et le meilleur tireur comme la meilleure tireuse y recevront le prix Kehat Schor, remis pour la quatrième fois. Il honore la mémoire de l’entraîneur de tir israélien tué lors de l’attentat des Jeux de Munich, en 1972. Une brève cérémonie est prévue en début d’après-midi, en présence de plusieurs invités d’honneur.

Répétition générale avant Doha

Sur le plan sportif, cette DM ressemble à une répétition générale. Le championnat applique pour la première fois les nouvelles règles de finale édictées par l’ISSF en début d’année, dans la perspective des Jeux de Los Angeles 2028 : huit finalistes au pistolet vitesse au lieu de six, et des finales de carabine 50 m raccourcies de 45 à 35 coups (10 à genou, 10 couché, puis au maximum 15 debout jusqu’à la décision). Des épreuves qui se tirent, comme le pistolet 25 m, dans l’inusable calibre 22 Long Rifle. Autre nouveauté : les pistoliers de la vitesse et du pistolet sport seront pour la première fois couronnés dans la halle des finales, et toutes les finales du week-end, du vendredi au lundi, seront diffusées en direct sur la chaîne de la fédération, plateaux compris.

L’enjeu dépasse d’ailleurs les frontières allemandes. La fosse olympique jouera à Munich le dernier acte de sa qualification interne pour le championnat du monde de Doha (1er au 14 novembre), grand rendez-vous international de l’année où seront distribués les premiers quotas olympiques pour Los Angeles 2028. La championne d’Europe 2025 Kathrin Murche et le routinier Andreas Löw abordent cette dernière ligne droite en tête du classement de sélection.

Quand les stars tremblent devant les enfants

Reste l’épreuve la plus bruyante du programme, et peut-être la plus attachante : le Shooty Cup de la jeunesse allemande, le jeudi 27 août. La halle à air comprimé se transforme en chaudron quand les jeunes des 20 ligues régionales s’affrontent à la carabine et au pistolet 10 m, encouragés à grands cris par parents et amis. Les huit meilleures équipes se qualifient pour une finale que tirent ensuite, au profit des enfants, les stars de la discipline tirées au sort. La fédération jure que plus d’un olympien y tremble davantage que dans un match international.

C’est toute la saveur de cette DM : champions olympiques, mondiaux et continentaux y partagent les pas de tir avec des tireurs de club ambitieux, qui parviennent parfois à leur jouer un tour. Réponse dans dix jours, quand les 277 titres auront trouvé preneur.

 

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Pourquoi le 22 Long Rifle règne toujours sur le tir sportif

Né en 1887 d’une idée parisienne de 1845, le 22 Long Rifle arme l’école de tir, les 25 et 50 m, les Jeux olympiques et le biathlon. Histoire d’un petit calibre devenu la munition la plus produite au monde.

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David Hemda
Biathlète au tir couché lors de la Coupe du monde de biathlon à Oberhof

Il aura 140 ans l’an prochain et personne ne songe à le remplacer. De la première carabine d’un jeune licencié aux pas de tir des Jeux olympiques d’hiver, des matchs 25 m des clubs français aux carabines de match les plus pointues, un seul et même calibre fait l’unanimité : le 22 Long Rifle. Retour sur le parcours d’une toute petite cartouche née en 1887, devenue la munition la plus produite au monde et la colonne vertébrale du tir sportif.

Né dans les salons parisiens

Tout commence à Paris en 1845. L’armurier Louis-Nicolas Flobert met au point la première cartouche métallique autonome de l’histoire : une simple capsule à percussion annulaire coiffée d’une balle ronde, sans poudre, juste assez puissante pour animer les « armes de salon » avec lesquelles la bonne société s’exerce à la cible dans son intérieur. L’idée fait son chemin outre-Atlantique : en 1857, Smith & Wesson allonge l’étui, ajoute une charge de poudre et crée le 22 Short pour son tout premier revolver.

La synthèse décisive arrive en 1887. La manufacture américaine J. Stevens Arms & Tool Company marie l’étui du 22 Long avec la balle de 40 grains (2,6 g) du 22 Extra Long : le 22 Long Rifle est né. Chargée d’abord à la poudre noire avant de passer à la poudre sans fumée, la nouvelle cartouche surclasse ses deux aînées, qu’elle renverra peu à peu aux oubliettes.

Cartouche 22 Long Rifle à côté d'une cartouche 22 Extra Long et d'une règle
Le 22 Long Rifle (à gauche) à côté du 22 Extra Long, dont il a repris la balle de 40 grains. Photo : Ultratone85 (CC BY-SA 4.0)

La physique d’un surdoué

Pourquoi cette cartouche de 5,6 mm a-t-elle traversé les époques ? D’abord parce que sa balistique colle parfaitement aux exigences du tir de précision. En munition de match, la balle de plomb de 2,6 g quitte le canon autour de 330 m/s : elle reste sous la vitesse du son sur tout son trajet et s’épargne le passage transsonique, ce moment turbulent qui dégrade la régularité des projectiles supersoniques. À 50 m, distance reine du calibre, les meilleures combinaisons carabine-munition rivalisent avec un dix de cible qui ne mesure que 10,4 mm.

Ensuite parce que le 22 LR est économe en tout. Recul insignifiant, détonation modérée, prix contenu : on peut enchaîner des centaines de coups par séance d’entraînement sans fatigue ni budget déraisonnable. Les fabricants de munitions de match, Eley, Lapua ou RWS en tête, poussent le raffinement jusqu’à trier leurs productions par lots, que les tireurs de haut niveau testent un à un pour trouver celui qui s’accorde le mieux à leur canon.

Tireur en position à la carabine 50 mètres en compétition
La carabine 50 m, distance reine du 22 Long Rifle. Photo : Tim Hipps / U.S. Army (CC BY 2.0)

Des stands français aux Jeux d’hiver

Faites l’inventaire d’un championnat : le 22 LR est partout. En France, il règne sur les épreuves carabine 50 m et sur toute la famille du pistolet 25 m (précision, standard, vitesse), disciplines dont les championnats de France se sont disputés en juillet à Volmerange-les-Mines. La cible mobile 50 m, dont trois Français ont disputé le Mondial à Tallinn cet été, se tire elle aussi en 22 LR. Aux Jeux olympiques, il arme la carabine 50 m trois positions et le pistolet vitesse 25 m ; le vénérable pistolet libre 50 m, autre bastion du calibre, a quant à lui quitté le programme après Rio 2016.

Son plus beau coup médiatique reste pourtant hivernal. Jusqu’au milieu des années 1960, le biathlon se tirait avec des fusils en calibre militaire, du 30-06 au 7,62 OTAN. Coût des munitions, nuisances sonores, contraintes de sécurité : le congrès de la discipline adopte en 1976 à Seefeld le passage au petit calibre, appliqué dès les Mondiaux 1978 de Hochfilzen. Depuis, chaque hiver, des millions de téléspectateurs regardent sans le savoir des carabines en 22 LR cracher leurs balles sur des cibles placées à 50 m. Le sport y a gagné des stands compacts, des munitions abordables et une popularité mondiale.

Gros plan sur un biathlète au tir couché avec sa carabine en 22 LR
La carabine de biathlon tire en 22 LR depuis la saison 1978. Photo : Steffen Prößdorf (CC BY-SA 4.0)

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Les chiffres donnent le vertige : la production mondiale de 22 LR est estimée entre 2 et 2,5 milliards de cartouches par an, ce qui en fait de très loin la munition la plus fabriquée de la planète. Aucun calibre concurrent n’a jamais sérieusement menacé son trône, et les disciplines nouvelles, à l’image des matchs de précision rimfire inspirés du tir longue distance, continuent de s’appuyer sur lui.

À la rentrée, dans les clubs d’une FFTir qui vise les 300 000 licenciés, des milliers de nouveaux tireurs presseront pour la première fois la détente d’une arme en 22 LR. Ils perpétueront, sans forcément le savoir, le geste inauguré il y a 139 ans avec une cartouche assemblée dans le Massachusetts sur une idée née dans les salons parisiens. Pas mal, pour une munition de salon.

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