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Trente ans après, la France refait ses cartouches

Le 15 juillet, la DGA a désigné le groupement FN Herstal, Cheddite et NobelSport pour produire à Clérieux (Drôme) 75 millions de cartouches de 5,56 et 7,62 par an dès 2029. La France n’en fabriquait plus depuis la fermeture de l’usine GIAT du Mans, il y a près de trente ans.

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Cartouches de 5,56 et 7,62 mm devant un fusil et un drapeau français

C’est une anomalie française vieille de près de trente ans qui vient de prendre fin sur le papier. Le 15 juillet, le ministère des Armées a annoncé l’attribution du marché de production de munitions de petit calibre en France au groupement emmené par FN Herstal, associé aux français Cheddite et NobelSport. Une usine sera construite à Clérieux, dans la Drôme, pour sortir jusqu’à 75 millions de cartouches de 5,56 et de 7,62 par an à partir de 2029. La France n’avait plus produit une seule cartouche militaire de petit calibre sur son sol depuis la fermeture de l’usine GIAT Industries du Mans, à la fin des années 1990.

Ce que la DGA a signé

L’annonce conclut la compétition européenne lancée par la Direction générale de l’armement (DGA) en avril 2025 : l’offre du trio FN Herstal (mandataire), Cheddite et NobelSport a été jugée la mieux classée. La signature formelle du marché doit intervenir au cours de l’été 2026, sous réserve des formalités du code de la commande publique.

Le programme est précis. La production, attendue en 2029, portera sur les deux munitions réglementaires de l’armée française : la 5,56 x 45 mm OTAN du HK416 F et la 7,62 x 51 mm des mitrailleuses et fusils de précision, en balle ordinaire comme en balle traçante. Capacité industrielle annoncée : 75 millions de cartouches par an. Le chiffre a d’ailleurs été revu à la hausse en cours de route, puisque la ministre des Armées Catherine Vautrin évoquait encore 50 millions en avril.

Dans un premier temps, le site de Clérieux assurera le chargement en poudre, l’assemblage des composants (amorce, étui, projectile) et le conditionnement sur lames chargeur et sur bandes. La production nationale pourra ensuite être étendue à certains sous-composants, poudres et amorces en particulier. L’usine, très automatisée, ne devrait créer qu’une vingtaine d’emplois directs : on est loin des grandes manufactures d’antan, et c’est précisément ce qui rend le projet économiquement tenable.

Des noms bien connus des tireurs

Le montage industriel a une saveur particulière pour les lecteurs de Cibles : ce sont des acteurs du monde de la chasse et du tir sportif qui ramènent la cartouche militaire en France. Cheddite, installé à Bourg-lès-Valence, à une vingtaine de kilomètres du futur site, fournit douilles et amorces à la moitié du monde de la chasse. NobelSport, c’est la poudrerie de Pont-de-Buis, dans le Finistère, bien connue des rechargeurs. Quant à FN Herstal, la maison de Liège n’est plus tout à fait un acteur étranger au dossier : sa maison mère, le groupe FN Browning, est entrée fin 2024 en négociations exclusives pour racheter le français Sofisport, propriétaire de Nobel Sport et de Cheddite. La boucle industrielle est bouclée.

Trente ans d’allers-retours

Ce dénouement met fin à un feuilleton entamé au tournant du siècle. Quand GIAT Industries ferme son usine du Mans, la DGA assume : il sera toujours possible d’acheter à l’étranger, et une production nationale ne serait pas rentable. La position tient jusqu’en 2015, quand un rapport parlementaire des députés Nicolas Bays et Nicolas Dhuicq la démonte méthodiquement : comment garantir l’approvisionnement en cas de conflit majeur, et pourquoi la France serait-elle servie en premier ?

Convaincu, Jean-Yves Le Drian signe en mars 2017 un protocole d’accord avec TDA Armements (filiale de Thales), NobelSport et Manurhin pour recréer une filière à Pont-de-Buis. Le projet est enterré six mois plus tard, après la Revue stratégique d’octobre 2017, au nom de la viabilité économique. Il faudra la pandémie de Covid-19, puis l’invasion de l’Ukraine, pour changer la donne : au début du conflit, le ministère de l’Intérieur reconnaît que les stocks de munitions des forces de l’ordre ne représentent plus que deux mois de visibilité. En décembre 2023, Sébastien Lecornu commande une étude à la DGA ; en mai 2024, Paris et Bruxelles signent une lettre d’intention ; en avril 2025, l’appel d’offres est lancé.

« Il y a quelques années, on disait : « circulez, il n’y a rien à voir, on n’a pas besoin d’une filière nationale ». On s’est réinterrogé puisque le monde bouge. On se rend compte que le besoin des armées, c’est d’être approvisionnées, en priorité, en munitions de 5,56 », reconnaissait Emmanuel Chiva, alors Délégué général pour l’armement, en décembre 2024.

Une souveraineté par étapes

Le tableau appelle toutefois deux réserves. D’abord, le marché ne couvre pas le 9 mm, pourtant évoqué dans les réflexions initiales : pistolets et pistolets-mitrailleurs continueront d’être alimentés par l’importation. Ensuite, 75 millions de cartouches par an restent inférieurs aux besoins cumulés des armées et de la sécurité intérieure ; des approvisionnements complémentaires demeureront nécessaires. Et dans un premier temps, les étuis, projectiles, poudres et amorces viendront de sous-traitants européens qualifiés, avant une éventuelle francisation de la chaîne.

Il n’empêche : à l’heure où les unités doivent compter leurs cartouches d’entraînement, voir renaître une capacité nationale de production de munitions de petit calibre, portée par des industriels que tous les tireurs français connaissent, est tout sauf anecdotique. Rendez-vous en 2029 pour les premières cartouches drômoises.

D’après le communiqué du ministère des Armées et de la DGA du 15 juillet 2026, et les informations de Zone Militaire (opex360.com) et Theatrum Belli.

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Kim Rhode, 27e titre en Coupe du monde à 47 ans

À 47 ans, l’Américaine Kim Rhode a remporté le 23 juillet à Hangzhou son 27e titre en Coupe du monde de skeet. Retour sur une longévité hors normes : 41 médailles mondiales et six Jeux olympiques d’affilée avec, à chaque fois, une médaille.

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Tireur de skeet en action, deux douilles éjectées en plein vol

Il y a des carrières qui défient le temps. Le 23 juillet 2026, sur le pas de tir de la Coupe du monde ISSF de Hangzhou, en Chine, l’Américaine Kimberly Rhode a décroché, à 47 ans, son 27e titre en Coupe du monde au skeet dames. Une victoire de plus pour celle qui reste, et de loin, la tireuse la plus titrée de l’histoire de sa discipline.

Un doublé américain à Hangzhou

La finale a tourné au duel entre coéquipières. Kimberly Rhode s’est imposée avec 34 plateaux cassés, devançant sa compatriote Samantha Simonton (32). La Chinoise Che Yufei, 27 ans, complète le podium avec 28 plateaux, sous les yeux de son public. Un doublé américain au sommet, orchestré par une tireuse qui écrasait déjà la concurrence bien avant la naissance de la plupart de ses adversaires du jour.

27 titres, 41 médailles : le vertige des chiffres

Ce succès porte à 27 le nombre de titres de Rhode en Coupe du monde, et à 41 son total de médailles dans la compétition. Des chiffres sans équivalent au tir au plateau féminin. Depuis le milieu des années 1990, l’Américaine truste les podiums internationaux avec une régularité qui force le respect, changeant même de discipline en cours de route sans rien perdre de sa domination.

Six Jeux, six médailles : une longévité unique

Car la légende Rhode s’écrit d’abord sous l’anneau olympique. Elle est la première femme de l’histoire à être montée sur un podium lors de six Jeux consécutifs, d’Atlanta 1996 à Rio 2016. Or au double trap à Atlanta (à seulement 17 ans), bronze à Sydney 2000, à nouveau or à Athènes 2004, puis, après le retrait du double trap féminin du programme olympique, argent au skeet à Pékin 2008, or à Londres 2012 et bronze à Rio 2016. Six éditions, six médailles, dont trois en or. Elle est aussi la première athlète à avoir gagné une médaille olympique sur cinq continents différents.

Cap sur Los Angeles 2028

À 47 ans, quand la plupart de ses anciennes rivales ont depuis longtemps rangé le fusil, Kimberly Rhode continue d’aligner les cartons. Et elle ne compte pas s’arrêter là : la Fédération internationale la projette déjà vers les Jeux de Los Angeles 2028, sur ses terres californiennes, où elle disputerait un septième Jeux olympique. De quoi repousser encore les limites d’une carrière déjà entrée dans la légende du tir sportif.

À Hangzhou, la compétition se poursuit toute la semaine, avec l’entrée en lice attendue des pistoliers et carabiniers, dont les Français. Mais le 23 juillet appartenait à une seule tireuse : Kim Rhode, reine intemporelle du skeet.

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Championnat de France 25/50 m : les sacres de Volmerange-les-Mines

Du 15 au 22 juillet, l’Eurostand de Lorraine a accueilli le 47e Championnat de France 25/50 m. Pistolet, carabine, parasport et clubs : Théo Moczko, Mathilde Lamolle, Lucas Kryzs et Océanne Muller figurent parmi les nouveaux champions.

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La rédac
Tireur en position a la carabine 50 metres en competition

Rideau sur une semaine de compétition. Du 15 au 22 juillet 2026, l’Eurostand de Lorraine, à Volmerange-les-Mines (Moselle), a accueilli le 47e Championnat de France 25/50 m. Sept jours durant, l’un des grands rendez-vous du calendrier national a réuni les meilleurs tireurs français au pistolet, sur 25 m, et à la carabine, sur 50 m, toutes ligues confondues. Tour d’horizon des nouveaux sacres.

Pistolet : le carton plein de Théo Moczko

La semaine restera celle de Théo Moczko. Le tireur de la FTA Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) a survolé les épreuves de pistolet 25 m chez les seniors 1. Champion de France du pistolet 25 mètres avec 587 points sur 600, il ajoute le titre du pistolet standard (576 points) et complète sa moisson par une deuxième place au pistolet à percussion centrale. Un triplé de médailles individuelles en une seule édition.

Dans cette épreuve de percussion centrale, c’est Arnaud Henry (ASPL Tir, Rhône) qui s’impose avec 584 points, devant Moczko justement. Au pistolet de vitesse olympique, le titre revient à Romain Zunino (Tir sportif Libourne, Gironde), auteur de 567 points, devant Thibaut Hagen et Laurent Cussigh.

Mathilde Lamolle sacrée au 25 mètres dames

Chez les dames, la finale du pistolet 25 mètres a souri à Mathilde Lamolle. Au terme d’un match à élimination serré, elle devance Céline Goberville et Alisson Gallien, cette dernière n’arrachant le bronze qu’au barrage. Un titre national de plus pour l’une des figures du pistolet féminin tricolore.

Carabine : Kryzs et Muller règnent sur le 3 positions

À la carabine 50 m, l’épreuve reine des trois positions (à genou, couché, debout) a tenu ses promesses. Chez les hommes, Lucas Kryzs (Lorraine) s’impose en finale avec 352,4 points, devant Félix Blateau (348,8) et Timothée Vedel (339,1).

Côté féminin, le duel a tourné à l’avantage d’Océanne Muller (Alsace), sacrée avec 353,6 points au terme d’une finale accrochée face à Cassandre Devaux (351,7). Agathe Girard complète le podium. Deux champions de France sur la discipline la plus exigeante du tir à la carabine.

Le parasport à l’honneur

Le rendez-vous a aussi couronné les tireurs para. Dylan Kerreneur s’est imposé à la carabine 50 m, 60 balles couché en catégorie SH2 avec 612,3 points, tandis que Pierre-Marie Bannier décrochait le titre au pistolet standard en catégorie SH1. La preuve que le championnat national embrasse toutes les pratiques.

Les clubs dans la course

Disputée en parallèle, la finale des clubs au pistolet 25 m (Division 1) est revenue au Gem’Tir Sportif (Bouches-du-Rhône), vainqueur face à la Cible du Salève au terme d’une phase finale à suspense. De quoi refermer une édition dense à Volmerange-les-Mines, avant la reprise des grandes échéances internationales de l’été.

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Kalachnikov sur une trottinette : l’étonnante saisie de la police à Vaulx-en-Velin

En pleine nuit, près d’un supermarché de Vaulx-en-Velin, la BAC découvre un fusil d’assaut de type kalachnikov, chargé et prêt à tirer, accroché à une trottinette électrique cachée dans un utilitaire. Quatre hommes interpellés.

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Fusil d'assaut de type kalachnikov (AKM) présenté sous ses deux profils

Une arme de guerre montée sur une trottinette électrique. C’est la scène, presque irréelle, que des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont découverte dans la nuit de mardi à mercredi à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue est de Lyon. Un fusil d’assaut de type kalachnikov, chargé et prêt à faire feu, était tout simplement accroché à une trottinette.

Un contrôle qui bascule

Il est environ 23h30, ce mardi 21 juillet, quand une patrouille de la BAC circule à proximité du magasin Grand Frais de Vaulx-en-Velin. Quatre hommes attirent l’attention des fonctionnaires par leur comportement. Les policiers décident de les contrôler.

Près du petit groupe stationne un véhicule utilitaire. En s’en approchant, les policiers font une découverte qui change tout : à l’intérieur se trouve une trottinette électrique, et sur cet engin est fixé un fusil d’assaut de type kalachnikov. L’arme est chargée et prête à être utilisée.

Quatre hommes en garde à vue

Les quatre suspects sont immédiatement interpellés et placés en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer leurs intentions, encore inconnues à ce stade. Que faisait cette arme automatique, opérationnelle, arrimée à une trottinette au fond d’un fourgon ? C’est tout l’enjeu des investigations.

Le fusil d’assaut de type kalachnikov est l’arme emblématique du crime organisé : robuste, puissante et simple d’emploi. Qu’elle ait été retrouvée chargée et prête à faire feu souligne la dangerosité de la saisie.

Une image qui interroge

Le détail de la trottinette n’a rien d’anodin. Depuis des mois, dans l’agglomération lyonnaise, plusieurs fusillades ont vu leurs auteurs surgir puis disparaître à bord d’engins de ce type. Léger, rapide et facile à abandonner, le deux-roues électrique est devenu un moyen de déplacement prisé lors de ces règlements de comptes. Une arme déjà fixée sur la trottinette, c’est un dispositif mobilisable en quelques secondes.

Le rapprochement n’est pas qu’une vue de l’esprit. En avril déjà, à Villeurbanne, un homme né en 2005 avait été interpellé en pleine nuit avec un fusil d’assaut et une arme de poing, après avoir tenté de fuir en trottinette électrique au terme d’une course-poursuite avec la BAC.

Rien ne permet toutefois, à ce stade, de relier formellement cette saisie à un épisode précis. L’enquête devra établir à qui appartenait l’arme, d’où elle venait et ce que les quatre hommes s’apprêtaient à en faire.

Un contexte tendu

La découverte intervient alors que l’est lyonnais connaît une série d’épisodes violents. Ces derniers mois, des tirs ont visé des façades d’immeubles et des entrées d’habitations à Villeurbanne, Décines-Charpieu ou Vénissieux, sur fond de rivalités liées au trafic de stupéfiants. Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises un renforcement des effectifs de police dans ces quartiers.

Reste la scène, elle, difficile à oublier : une kalachnikov chargée, accrochée à une trottinette, à deux pas d’un supermarché.

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