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Haïti : un arsenal du XVIIIe siècle dormait sous une église

Neuf fusils et onze pistolets exhumés par hasard dans la cour d’une église de Grande-Rivière-du-Nord, berceau de la révolution haïtienne. Le Bureau national d’ethnologie enquête sur un possible arsenal d’avant 1804.

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Mission du BNE à Grande-Rivière-du-Nord après la découverte des armes anciennes

Une simple tranchée de chantier, et deux siècles d’histoire qui remontent à la surface. Mardi 14 juillet, dans la cour de l’Église baptiste conservatrice de Grande-Rivière-du-Nord, dans le département du Nord d’Haïti, des ouvriers occupés à des travaux de terrassement ont buté sur du métal. Au fond d’une fosse, soigneusement regroupées : vingt armes à feu, dont l’allure ne laissait guère de doute sur leur âge. Les premières expertises évoquent des armes réglementaires de marine ou d’infanterie de la fin du XVIIIe siècle. Autrement dit, peut-être, des témoins directs de la seule révolte d’esclaves victorieuse de l’histoire moderne.

Neuf fusils, onze pistolets

Le bilan de l’inventaire préliminaire est précis : neuf fusils de type mousquet et onze armes de poing, accompagnés d’objets métalliques divers et de fragments de poterie et de faïence. Les vidéos de l’exhumation ont immédiatement circulé sur les réseaux sociaux haïtiens, obligeant les institutions à réagir vite. Dès le jeudi 16 juillet, le Bureau national d’ethnologie (BNE) dépêchait sur place une mission d’urgence conduite par son directeur général Erol Josué, accompagné de l’archéologue Joseph Sony Jean et d’une équipe technique.

Le ministère haïtien de la Culture et de la Communication a confirmé l’intérêt de la trouvaille dans un communiqué publié le jour même :

« Les observations préliminaires indiquent que certaines de ces armes présentent des caractéristiques compatibles avec des armes de marine ou d’infanterie de la fin du XVIIIe siècle. »

Selon le ministère, une partie du dépôt pourrait remonter à la période précédant l’indépendance du pays, proclamée le 1er janvier 1804. Les autorités restent prudentes : seules des analyses approfondies permettront d’établir une datation et une origine fermes.

Des silex de deux empires ?

Pour un amateur d’armes anciennes, la formule « marine ou infanterie, fin XVIIIe » ouvre des perspectives très concrètes. À Saint-Domingue, dans les années 1790, circulaient principalement trois familles d’armes d’épaule à silex : le fusil d’infanterie français modèle 1777 et ses déclinaisons (calibre 17,5 mm), dont les versions destinées à la marine, reconnaissables à leurs garnitures en laiton choisies pour résister aux embruns ; le Brown Bess britannique (environ 19 mm), présent en nombre pendant l’occupation d’une partie des ports de la colonie par Londres entre 1793 et 1798 ; et des fusils espagnols, livrés aux insurgés depuis la partie orientale de l’île. Côté armes de poing, les pistolets réglementaires de marine et de cavalerie complétaient le tableau.

Si la datation se confirme, les onze pistolets retrouvés dans une même fosse constitueraient un ensemble particulièrement rare : les armes de poing réglementaires de cette période sont bien plus difficiles à trouver en fouille que les fusils. Mais tant que les marquages n’auront pas parlé (poinçons de manufacture, tampons d’arsenal, marques de propriété), toutes les hypothèses restent ouvertes. L’état du métal après plus de deux siècles dans un sol tropical humide sera l’autre grande inconnue : c’est lui qui décidera de ce que les conservateurs pourront réellement lire sur ces armes.

Le sol le plus chargé d’histoire d’Haïti

Le lieu de la découverte est tout sauf anodin. Grande-Rivière-du-Nord est l’un des berceaux de la révolution haïtienne. C’est aux portes de la ville, sur l’habitation Cormiers, qu’est né vers 1758 Jean-Jacques Dessalines, le fondateur de l’État haïtien. C’est dans les mornes qui dominent la commune que se sont organisés, dès l’automne 1791, les premiers grands camps insurgés de Jean-François et de Biassou, ceux-là mêmes que rejoint un certain Toussaint Louverture au début de l’insurrection. Et c’est à une vingtaine de kilomètres de là, à Vertières, que se joue le 18 novembre 1803 la bataille décisive qui chasse l’armée expéditionnaire française et ouvre la voie à l’indépendance, six semaines plus tard.

Un détail relevé par la presse haïtienne ajoute encore à l’intérêt du site : selon le média Vant Bèf Info, le terrain de l’église correspondrait à l’emplacement présumé d’un ancien fort. Une piste que les archéologues devront confirmer, mais qui donnerait une cohérence immédiate à la présence d’un dépôt d’armes organisé à cet endroit précis.

Pourquoi vingt armes dans une fosse ?

C’est la question qui fait tout le sel de l’affaire. Une vingtaine d’armes regroupées dans une même fosse, ce n’est ni une perte isolée ni le résidu dispersé d’un combat : c’est un geste délibéré. Plusieurs scénarios sont sur la table. Celui d’une cache d’armes constituée pendant les troubles, puis jamais récupérée par ceux qui l’avaient enfouie. Celui d’un râtelier ou d’une réserve appartenant à l’ouvrage fortifié supposé, enseveli lors d’un repli ou d’un démantèlement. Ou celui d’un enfouissement plus tardif, pour soustraire ces armes à une réquisition ou simplement s’en débarrasser. Les autorités haïtiennes ont d’ailleurs annoncé que les circonstances de l’enfouissement feraient l’objet d’une étude à part entière, au même titre que les armes elles-mêmes.

Ce qui attend les fusils

Sur place, l’équipe du BNE a documenté les pièces, engagé les premières analyses et rencontré le maire de la commune, Jovenel Jean, ainsi que les responsables de l’église, pour organiser la protection du site contre les manipulations et les pillages. La suite du programme est classique mais lourde : stabilisation des métaux, datation, identification des marquages, puis étude des archives pour croiser l’objet et le document. Le Bureau plaide aussi pour la création d’un centre d’interprétation du patrimoine dans la commune.

« Cette découverte n’est pas seulement archéologique. C’est une occasion de lancer de nouvelles recherches ethnographiques et archéologiques sur la contribution de Grande-Rivière-du-Nord à l’histoire d’Haïti », souligne le BNE.

Si les analyses confirment les premières observations, ces neuf fusils et ces onze pistolets rejoindront le cercle très restreint des témoins matériels directs de la naissance de la première république noire de l’histoire. Des armes qui, après avoir peut-être servi à conquérir une liberté, auront passé 220 ans sous la cour d’une église. On suivra le dossier de près.

D’après les communiqués du Bureau national d’ethnologie et du ministère haïtien de la Culture et de la Communication, relayés par AlterPresse, The Haitian Times, Vant Bèf Info et InfoHaïti (16 au 18 juillet 2026).

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Championnat de France 25/50 m : les sacres de Volmerange-les-Mines

Du 15 au 22 juillet, l’Eurostand de Lorraine a accueilli le 47e Championnat de France 25/50 m. Pistolet, carabine, parasport et clubs : Théo Moczko, Mathilde Lamolle, Lucas Kryzs et Océanne Muller figurent parmi les nouveaux champions.

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La rédac
Tireur en position a la carabine 50 metres en competition

Rideau sur une semaine de compétition. Du 15 au 22 juillet 2026, l’Eurostand de Lorraine, à Volmerange-les-Mines (Moselle), a accueilli le 47e Championnat de France 25/50 m. Sept jours durant, l’un des grands rendez-vous du calendrier national a réuni les meilleurs tireurs français au pistolet, sur 25 m, et à la carabine, sur 50 m, toutes ligues confondues. Tour d’horizon des nouveaux sacres.

Pistolet : le carton plein de Théo Moczko

La semaine restera celle de Théo Moczko. Le tireur de la FTA Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) a survolé les épreuves de pistolet 25 m chez les seniors 1. Champion de France du pistolet 25 mètres avec 587 points sur 600, il ajoute le titre du pistolet standard (576 points) et complète sa moisson par une deuxième place au pistolet à percussion centrale. Un triplé de médailles individuelles en une seule édition.

Dans cette épreuve de percussion centrale, c’est Arnaud Henry (ASPL Tir, Rhône) qui s’impose avec 584 points, devant Moczko justement. Au pistolet de vitesse olympique, le titre revient à Romain Zunino (Tir sportif Libourne, Gironde), auteur de 567 points, devant Thibaut Hagen et Laurent Cussigh.

Mathilde Lamolle sacrée au 25 mètres dames

Chez les dames, la finale du pistolet 25 mètres a souri à Mathilde Lamolle. Au terme d’un match à élimination serré, elle devance Céline Goberville et Alisson Gallien, cette dernière n’arrachant le bronze qu’au barrage. Un titre national de plus pour l’une des figures du pistolet féminin tricolore.

Carabine : Kryzs et Muller règnent sur le 3 positions

À la carabine 50 m, l’épreuve reine des trois positions (à genou, couché, debout) a tenu ses promesses. Chez les hommes, Lucas Kryzs (Lorraine) s’impose en finale avec 352,4 points, devant Félix Blateau (348,8) et Timothée Vedel (339,1).

Côté féminin, le duel a tourné à l’avantage d’Océanne Muller (Alsace), sacrée avec 353,6 points au terme d’une finale accrochée face à Cassandre Devaux (351,7). Agathe Girard complète le podium. Deux champions de France sur la discipline la plus exigeante du tir à la carabine.

Le parasport à l’honneur

Le rendez-vous a aussi couronné les tireurs para. Dylan Kerreneur s’est imposé à la carabine 50 m, 60 balles couché en catégorie SH2 avec 612,3 points, tandis que Pierre-Marie Bannier décrochait le titre au pistolet standard en catégorie SH1. La preuve que le championnat national embrasse toutes les pratiques.

Les clubs dans la course

Disputée en parallèle, la finale des clubs au pistolet 25 m (Division 1) est revenue au Gem’Tir Sportif (Bouches-du-Rhône), vainqueur face à la Cible du Salève au terme d’une phase finale à suspense. De quoi refermer une édition dense à Volmerange-les-Mines, avant la reprise des grandes échéances internationales de l’été.

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Kalachnikov sur une trottinette : l’étonnante saisie de la police à Vaulx-en-Velin

En pleine nuit, près d’un supermarché de Vaulx-en-Velin, la BAC découvre un fusil d’assaut de type kalachnikov, chargé et prêt à tirer, accroché à une trottinette électrique cachée dans un utilitaire. Quatre hommes interpellés.

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La rédac
Fusil d'assaut de type kalachnikov (AKM) présenté sous ses deux profils

Une arme de guerre montée sur une trottinette électrique. C’est la scène, presque irréelle, que des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont découverte dans la nuit de mardi à mercredi à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue est de Lyon. Un fusil d’assaut de type kalachnikov, chargé et prêt à faire feu, était tout simplement accroché à une trottinette.

Un contrôle qui bascule

Il est environ 23h30, ce mardi 21 juillet, quand une patrouille de la BAC circule à proximité du magasin Grand Frais de Vaulx-en-Velin. Quatre hommes attirent l’attention des fonctionnaires par leur comportement. Les policiers décident de les contrôler.

Près du petit groupe stationne un véhicule utilitaire. En s’en approchant, les policiers font une découverte qui change tout : à l’intérieur se trouve une trottinette électrique, et sur cet engin est fixé un fusil d’assaut de type kalachnikov. L’arme est chargée et prête à être utilisée.

Quatre hommes en garde à vue

Les quatre suspects sont immédiatement interpellés et placés en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer leurs intentions, encore inconnues à ce stade. Que faisait cette arme automatique, opérationnelle, arrimée à une trottinette au fond d’un fourgon ? C’est tout l’enjeu des investigations.

Le fusil d’assaut de type kalachnikov est l’arme emblématique du crime organisé : robuste, puissante et simple d’emploi. Qu’elle ait été retrouvée chargée et prête à faire feu souligne la dangerosité de la saisie.

Une image qui interroge

Le détail de la trottinette n’a rien d’anodin. Depuis des mois, dans l’agglomération lyonnaise, plusieurs fusillades ont vu leurs auteurs surgir puis disparaître à bord d’engins de ce type. Léger, rapide et facile à abandonner, le deux-roues électrique est devenu un moyen de déplacement prisé lors de ces règlements de comptes. Une arme déjà fixée sur la trottinette, c’est un dispositif mobilisable en quelques secondes.

Le rapprochement n’est pas qu’une vue de l’esprit. En avril déjà, à Villeurbanne, un homme né en 2005 avait été interpellé en pleine nuit avec un fusil d’assaut et une arme de poing, après avoir tenté de fuir en trottinette électrique au terme d’une course-poursuite avec la BAC.

Rien ne permet toutefois, à ce stade, de relier formellement cette saisie à un épisode précis. L’enquête devra établir à qui appartenait l’arme, d’où elle venait et ce que les quatre hommes s’apprêtaient à en faire.

Un contexte tendu

La découverte intervient alors que l’est lyonnais connaît une série d’épisodes violents. Ces derniers mois, des tirs ont visé des façades d’immeubles et des entrées d’habitations à Villeurbanne, Décines-Charpieu ou Vénissieux, sur fond de rivalités liées au trafic de stupéfiants. Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises un renforcement des effectifs de police dans ces quartiers.

Reste la scène, elle, difficile à oublier : une kalachnikov chargée, accrochée à une trottinette, à deux pas d’un supermarché.

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Champion de tir sans avoir jamais tiré une seule cartouche ?

L’ISSF, la fédération internationale de tir, mise désormais sur la réalité virtuelle et l’e-sport pour séduire les jeunes. Révolution salutaire ou trahison d’un sport de sensations ? Le débat est lancé.

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Un tireur au pistolet à côté d'une personne équipée d'un casque de réalité virtuelle sur un pas de tir

Peut-on devenir champion de tir sans avoir jamais épaulé une vraie arme ? La question aurait fait sourire il y a cinq ans. Elle est aujourd’hui au cœur de la stratégie de l’ISSF, la Fédération internationale de tir sportif, qui vient de faire de la réalité virtuelle et de l’e-sport un axe officiel de son développement.

Ce que l’ISSF a vraiment décidé

Tout est parti de l’Assemblée générale de l’ISSF, réunie à Rome en décembre 2024. Son président, l’Italien Luciano Rossi, y a présenté sa vision : faire de la fédération une « maison » ouverte à toutes les formes de tir, y compris virtuelles. Dans la foulée a été lancé un comité dédié de cinq membres, baptisé « E-Sports, E-Games et innovations technologiques ».

Le projet s’est concrétisé en 2026, lors des réunions du comité exécutif et du Conseil à Lonato, en Italie : le comité est devenu permanent. Sa présidence par intérim a été confiée à Kalikesh Narayan Singh Deo, par ailleurs président de la fédération indienne de tir. L’ambition affichée par Rossi ne manque pas d’audace : figurer parmi les leaders de la discipline et participer un jour à de futurs « Jeux Olympiques virtuels ».

La promesse : une porte d’entrée pour les jeunes

Pour ses promoteurs, le tir virtuel coche toutes les cases d’un sport du XXIe siècle. La technologie reproduit les sensations visuelles d’un vrai pas de tir et les subtilités de chaque discipline, sans nécessiter d’arme, de munitions ni de stand homologué. De quoi séduire un public que le tir classique peine parfois à atteindre.

  • Une porte d’entrée vers les clubs : s’essayer en réalité virtuelle avant de pousser la porte d’un vrai stand.
  • De nouveaux outils d’entraînement : les simulateurs permettent de répéter le geste, à moindre coût et sans logistique.
  • Des compétitions internationales sans munitions ni déplacement, ouvertes depuis n’importe où.
  • Une discipline accessible aux plus jeunes et aux athlètes handicapés, sans barrière matérielle.

L’ISSF a d’ailleurs déjà tâté le terrain : son expérience de réalité virtuelle a été présentée au public lors de la Milan Games Week, puis à la « Maison ISSF » pendant les Jeux de Paris 2024.

La crainte : un tir sans poudre, est-ce encore du tir ?

Chez les tireurs de tradition, le projet passe nettement moins bien. Leur inquiétude tient en une phrase : un tir sans recul, sans détonation, sans l’odeur de la poudre, est-il encore du tir ? Toute une culture repose sur la maîtrise d’une arme réelle, la gestion du souffle, la répétition d’un geste physique et les règles de sécurité qui l’entourent. Remplacer la cartouche par un capteur, redoutent-ils, reviendrait à vider la discipline de sa substance.

La critique va plus loin : à trop miser sur l’écran, l’ISSF ne risque-t-elle pas de brouiller la frontière entre un sport exigeant et le simple jeu vidéo de tir ? Le débat est d’autant plus vif que les deux mondes visent désormais le même public, les adolescents manette en main.

« Enrichir, pas remplacer »

Consciente du terrain miné, la fédération avance une ligne prudente : la réalité virtuelle et l’e-sport doivent enrichir le tir sportif, pas le remplacer. « Cette maison doit aussi accueillir les jeunes qui ont une approche nouvelle du monde du tir, a déclaré Luciano Rossi. C’est pourquoi nous investissons aussi dans l’e-sport, un domaine en pleine expansion, avec l’ambition d’en devenir des leaders. »

Reste la question que personne ne tranche vraiment : où s’arrête l’entraînement et où commence un sport parallèle, avec ses propres champions ? Si l’on peut un jour monter sur un podium mondial sans avoir jamais tiré une seule cartouche, le tir sportif aura changé de nature. Révolution nécessaire pour survivre, ou trahison d’un art des sensations ? La fédération, elle, a déjà choisi son camp.

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