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Gironde : des tireurs cambriolés, l’ombre des fuites de données

Vendredi, au Haillan, des cambrioleurs ont dérobé en deux heures les armes de tireurs sportifs, pourtant rangées en coffres-forts scellés. Une question dérange : les fuites de données qui frappent le monde du tir depuis un an guident-elles les voleurs ?

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Deux heures ont suffi. Vendredi 21 août, entre 14 h et 16 h, une maison de la rue Jacques Brel au Haillan, dans la banlieue ouest de Bordeaux, a été cambriolée : les voleurs sont repartis avec des armes pourtant rangées dans des coffres-forts scellés, ainsi que des bijoux et de l’argent liquide, d’après les informations d’actu Bordeaux confirmées par la police nationale. Les occupants sont des tireurs sportifs. Et une question s’impose, que beaucoup de détenteurs légaux se posent depuis des mois : les cambrioleurs frappent-ils au hasard, ou les fuites de données qui se succèdent dans le monde du tir leur servent-elles de repérage ?

Un casse éclair en plein après-midi

Le mode opératoire ne ressemble pas à un cambriolage d’opportunité. L’intrusion a eu lieu en pleine journée, dans un créneau étroit, et les malfaiteurs sont allés droit aux armes malgré leur rangement en coffres scellés. Une camionnette blanche dépourvue de plaque d’immatriculation et deux individus ont été aperçus lors des faits, toujours selon actu Bordeaux. À ce stade, rien ne prouve que les victimes aient été ciblées en raison de leur qualité de tireurs sportifs : l’enquête ne fait que commencer, et la prudence s’impose. Mais le contexte, lui, est tout sauf anodin.

Un an de fuites en série

Si l’hypothèse d’un vol guidé par les données revient avec autant d’insistance, c’est que la liste des incidents s’est dangereusement allongée. Dès l’automne 2024, au moment du passage mouvementé d’ITAC à EDEN, nous nous inquiétions de la robustesse des systèmes informatiques de la FFTir. En octobre 2025, la fédération a effectivement été victime d’un vol de données touchant ses licenciés.

Le coup le plus rude est venu ensuite du fichier national lui-même. Fin mars 2026, un pirate a revendiqué la mise en vente de données liées à 62 511 armes, avec des informations détaillées sur les propriétaires et les transactions, une annonce repérée par le site spécialisé FrenchBreaches. Le Service central des armes et explosifs (SCAE), qui administre le Système d’information sur les armes au ministère de l’Intérieur, a confirmé un accès frauduleux au compte professionnel d’une entreprise utilisatrice du SIA : le point d’entrée serait le Livre de police numérique d’un armurier, dont les identifiants avaient été compromis. Précision importante, souvent perdue dans les résumés : le système central du SIA n’a pas été directement piraté, c’est un compte périphérique qui a été forcé. Pour les détenteurs dont le nom, l’adresse et la liste des armes figurent dans les données extraites, la nuance technique est toutefois de peu de réconfort.

Dernier épisode en date, début août : l’armurerie Lavaux, poids lourd de la vente en ligne, a confirmé une cyberattaque ayant exposé les données de commandes de ses clients depuis 2025, soit plus de 90 000 personnes selon FrenchBreaches. Identités, numéros de téléphone, adresses de livraison et détail des produits achetés sont concernés ; les numéros SIA, pièces d’identité et données bancaires ont en revanche été épargnés, et l’enseigne a notifié la CNIL et porté plainte. Reste que savoir qui a acheté quoi, et à quelle adresse le faire livrer, est très exactement le genre d’information dont rêve un cambrioleur.

Un scénario écrit d’avance

Le risque n’a rien d’une théorie de comptoir : il est couché noir sur blanc au Journal officiel depuis le printemps. Dans une question écrite publiée le 7 avril 2026, le député du Var Frank Giletti alertait le ministre de l’Intérieur sur les conséquences concrètes de la fuite liée au SIA pour les détenteurs légaux : « tentatives d’escroquerie par hameçonnage, usurpation de qualité, voire repérage en vue de cambriolages ciblés visant des armes détenues à domicile ». Quatre mois et demi plus tard, la question n’a toujours pas reçu de réponse publiée.

Entre-temps, les faits divers se sont chargés du commentaire. Le 15 août, neuf armes étaient dérobées dans l’appartement d’un tireur sportif à Lyon, pour un préjudice estimé à 15 000 euros. Six jours plus tard, Le Haillan. Deux affaires, deux régions, et aucun lien établi par les enquêteurs à ce jour : il serait malhonnête d’affirmer que les fuites de données ont armé la main des voleurs. Mais la répétition de cambriolages visant précisément des tireurs sportifs, quelques mois après la dispersion de fichiers contenant noms, adresses et inventaires d’armes, interroge légitimement.

Se protéger, maintenant

Les données qui ont fui ne reviendront pas. La seule variable qui reste entre les mains des tireurs, c’est la difficulté de la cible. Quelques réflexes s’imposent plus que jamais :

  • Le coffre-fort ou l’armoire forte, solidement fixés, restent la base : l’affaire du Haillan rappelle qu’ils ne rendent pas le vol impossible, mais ils le ralentissent et le compliquent. Séparer le stockage des armes de celui des munitions ajoute un obstacle.
  • La discrétion est une protection : éviter d’afficher sa qualité de tireur sur les réseaux sociaux, sur sa boîte aux lettres ou son véhicule, et rester sobre sur les livraisons de matériel à domicile.
  • Vigilance maximale face à l’hameçonnage : après les fuites, des courriels frauduleux se réclamant du SIA, de la FFTir ou d’une armurerie peuvent chercher à récupérer identifiants ou informations complémentaires. Aucun organisme ne demande vos codes par courriel.
  • En cas de vol, chaque heure compte : dépôt de plainte immédiat avec marques, modèles et numéros de série, puis déclaration du vol dans son espace personnel SIA, afin que les armes soient signalées.

L’enquête girondine dira si les cambrioleurs du Haillan savaient précisément où ils mettaient les pieds. En attendant, une certitude : entre les fichiers fédéraux, le SIA et les boutiques en ligne, les tireurs français ont rarement eu autant de raisons de soigner à la fois leur serrure et leur hygiène numérique.

 

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Quand le duel au pistolet était un sport olympique

Athènes 1906 : des médailles olympiques pour du tir sur mannequin en redingote, avec deux Français à l’honneur. Puis vint le duel aux balles de cire, où l’on se tirait dessus pour de vrai. Histoire d’une discipline disparue.

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Yoan Duvel
Duelliste masqué en sarrau de protection pointant un pistolet de duel, New York, vers 1909

Il fut un temps où l’on gagnait des médailles olympiques en tirant sur un mannequin vêtu d’une redingote. À Athènes, en avril 1906, le duel au pistolet figurait en bonne place au programme des Jeux, entre le fusil militaire et la fosse aux plateaux. Deux épreuves, deux podiums, et deux Français à l’honneur. Six ans plus tard, Stockholm remettait le couvert avant que la discipline ne disparaisse à jamais du programme. Entre-temps, des passionnés avaient poussé la logique un cran plus loin : se tirer dessus pour de vrai, avec des balles de cire et des masques d’escrime. Récit d’une des pages les plus étonnantes de l’histoire du tir sportif.

Athènes 1906 : un mannequin en redingote

Aux Jeux d’Athènes de 1906, dits « intercalaires », que le CIO ne comptabilise plus aujourd’hui dans ses statistiques officielles, le stand du Skopeftirion de Kallithéa accueille douze épreuves de tir du 23 au 28 avril. Deux d’entre elles portent des noms français jusque dans les documents officiels : le duel « au visé » et le duel « au commandement ». La cible ? La silhouette d’un homme habillé d’une redingote, le centre placé en pleine poitrine. Les armes : des pistolets de duel à chargement par la bouche, d’un calibre voisin de 11,4 mm (.45).

Le 24 avril, l’épreuve au visé se tire à 20 m, en trente coups comptés sur 300 points, visée posée. Le capitaine français Léon Moreaux touche ses trente silhouettes et l’emporte avec 242 points, devant l’Italien Cesare Liverziani (233) et un autre Français, Maurice Lecoq (231), par ailleurs titré au pistolet libre à 25 m ces mêmes Jeux. Le lendemain, place au duel au commandement, à 25 m cette fois : le tireur attend, pistolet le long du corps, puis le directeur de tir lance « Feu ! un, deux, trois », et le coup doit partir avant le « trois ». Le Grec Konstantinos Skarlatos s’impose avec 29 silhouettes touchées sur 30 et 133 points, loin devant les Suédois Hübner von Holst et Vilhelm Carlberg (115 points chacun). Avec douze médailles en tir, dont quatre d’or, la France termine première nation de la discipline à Athènes.

Des balles de cire pour se tirer dessus

À la même époque, une variante autrement plus spectaculaire fait fureur dans les salons parisiens : le duel aux balles de cire. Né en France, où une véritable école du duel s’est ouverte à Paris dans les années 1900, ce sport met deux tireurs face à face, chacun visant l’autre. Les projectiles de cire ne pardonnent pas grand-chose à courte distance : les duellistes s’équipent donc d’un masque à visière vitrée, d’un long sarrau de toile et de pistolets munis d’une coquille protégeant la main, comme en témoignent les photographies d’époque.

Deux duellistes masqués s'affrontent aux balles de cire devant des spectateurs à New York
Duel aux balles de cire à New York, vers 1909. Photo : Bain News Service, Library of Congress

En 1908, pendant les Jeux de Londres, la discipline s’offre une vitrine en marge du programme officiel : dans le cadre de l’Exposition franco-britannique, des équipes de plusieurs nations, dont la France, s’affrontent sur les installations de l’escrime olympique, devant un public d’invités. L’épreuve disputée à 20 m est remportée par l’équipe française. L’année suivante, la mode traverse l’Atlantique : à New York, les membres du Carnegie Sword and Pistol Club croisent le fer, ou plutôt la cire, à 18 m, avec des pistolets de duel français et des balles importées de France.

Stockholm 1912, dernier duel olympique

Le duel au pistolet fait une dernière apparition officielle aux Jeux de Stockholm, en 1912, sur le stand de Kaknäs. Plus question de se viser mutuellement : on tire sur cible, à 30 m, trente coups en six séries de cinq, le classement se faisant d’abord au nombre d’impacts, puis aux points. Le 29 juin, devant 42 concurrents de dix nations, un Américain de 20 ans, Alfred Lane, réalise un sans-faute à 287 points sur 300, devançant d’un point le Suédois Paul Palén. Le bronze se joue en barrage entre le Suédois von Holst, déjà médaillé du duel athénien de 1906, et l’Américain John Dietz : 284 à 282 pour le Scandinave. Par équipes, la Suède écrase le concours avec 120 impacts sur 120 possibles, emmenée par les jumeaux Vilhelm et Eric Carlberg, devant la Russie et la Grande-Bretagne. Lane, lui, repart de Suède avec trois titres olympiques ; il en ajoutera deux autres à Anvers en 1920.

Puis plus rien. Après 1912, le duel disparaît du programme olympique, emporté par la Grande Guerre et par le déclin du duel tout court dans les mœurs européennes.

L’héritage du tir rapide

La discipline n’a pourtant pas tiré sa révérence sans descendance. Les historiens de l’olympisme voient dans le duel au commandement l’ancêtre direct du pistolet vitesse : départ arme basse, temps compté, silhouettes à battre. Le principe a survécu un siècle, même si les cibles humaines ont depuis longtemps cédé la place à des cartons standardisés. Une trajectoire qui rappelle celle des épreuves de poudre noire, dont chaque nom charrie un morceau d’histoire : les disciplines passent, le geste reste.

Quant à l’idée de s’affronter en face à face sans risque, elle n’a pas dit son dernier mot : elle revit aujourd’hui dans le tir virtuel et l’e-sport, que la Fédération internationale explore très officiellement. Les duellistes de 1908 avec leurs masques à hublot n’auraient sans doute pas renié leurs lointains héritiers à casque de réalité virtuelle.

 

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Rock Island : le fusil de Clyde Barrow s’envole à 850 000 dollars

Adjugé samedi 850 000 dollars au marteau, le Browning Auto-5 raccourci de Clyde Barrow pulvérise son estimation et égale, au dollar près, le prix du Panzer IV vendu la veille.

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Yoan Duvel
Le Browning Auto-5 Whippet de Clyde Barrow pose sur un journal de 1934 annoncant la mort du couple

Le verdict est tombé samedi soir, peu après 16 h, heure du Texas. Le Browning Auto-5 « Whippet » de Clyde Barrow, pièce la plus médiatique de la grande vente Premier d’août de Rock Island Auction, a été adjugé 850 000 dollars au marteau, hors frais acheteur, selon les résultats publiés lot par lot sur le site de la maison. Estimé 375 000 à 650 000 dollars, le fusil du plus célèbre couple criminel des États-Unis pulvérise sa fourchette haute de 200 000 dollars. Et le hasard des enchères a son ironie : c’est très exactement le prix atteint la veille par le char Panzer IV de 1943, qui restait, lui, très loin de son estimation de 1,5 à 2,4 millions. À Bedford, la relique de gangster a fait jeu égal avec un blindé de la Wehrmacht.

Le fusil de la voiture criblée

L’arme n’a pourtant rien d’une rareté mécanique. C’est un Auto-5 de calibre 16, le semi-automatique de John Browning produit en très grande série pendant des décennies. Mais celui-ci, Clyde Barrow l’avait fait raccourcir du canon et de la crosse pour le dissimuler sous ses vêtements, une configuration compacte surnommée « Whippet ». Le hors-la-loi l’aurait porté près de deux ans, tout au long de la cavale sanglante qui a tenu l’Amérique en haleine. Le 23 mai 1934, lorsque les six hommes réunis autour de l’ancien Texas Ranger Frank Hamer, engagé pour mettre fin à la traque, criblent de balles la Ford V8 du couple sur une route de la paroisse de Bienville, en Louisiane, le Whippet est à bord.

C’est là que commence la seconde vie du fusil, et elle est remarquablement documentée : récupéré dans la voiture par Prentiss M. Oakley, adjoint du shérif de la paroisse, il passe ensuite entre les mains d’A.W. Davis puis de Bobby M. Mathews avant de rejoindre une collection privée, une chaîne de possession que Rock Island retrace sans interruption, affidavit signé, analyse et lettre d’exemption de l’ATF à l’appui. L’arme apparaît aussi sur l’un des clichés les plus fameux de la chronique criminelle américaine : cette photo mise en scène où Bonnie Parker braque Clyde Barrow avec ce même fusil. La maison d’enchères le présentait sans détour comme « le fusil le plus célèbre de l’histoire américaine ».

La légende vaut plus que la mécanique

La leçon du week-end tient en une comparaison. D’un côté, un char rarissime, l’un des deux seuls Panzer IV visibles aux États-Unis, resté sous son estimation basse. De l’autre, un fusil de série transformé au fond d’un garage, parti 200 000 dollars au-dessus de son estimation haute. Le marché de la collection a tranché : la provenance et le récit priment sur la rareté technique. Une hiérarchie que confirmait déjà, vendredi, le Winchester 1873 « One of One Thousand » et ses 625 000 dollars, porté par un mythe entretenu depuis le western de 1950. Les armes savent se faire histoire ; c’est l’histoire que les enchérisseurs achètent.

La journée de samedi a réservé d’autres beaux chiffres, à commencer par la paire de superposés James Purdey & Sons en calibres .410 et 28, gravés et incrustés d’or, vendus avec leurs mallettes : 375 000 dollars au marteau. Soit, là encore, un rappel que la haute facture britannique reste une valeur sûre des ventes américaines.

Rideau sur trois jours de vente

La troisième et dernière session a dispersé dimanche les lots 3000 à 3563, refermant trois journées d’enchères entamées vendredi. Rock Island Auction n’a pas encore publié son bilan officiel, qui donnera le produit total de la vente, frais compris, et la liste consolidée des prix réalisés ; nous y reviendrons si les chiffres définitifs réservent des surprises. En attendant, une certitude : quatre-vingt-douze ans après l’embuscade de Louisiane, Bonnie et Clyde font toujours recette.

 

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Lyon : neuf armes volées chez un tireur sportif

Neuf armes détenues légalement par un tireur sportif ont été dérobées dans son appartement du quartier de Perrache, à Lyon. Elles étaient rangées dans une armoire qui n’était pas verrouillée.

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David Hemda

Le butin fait froid dans le dos. Neuf armes à feu ont été dérobées dans l’appartement d’un tireur sportif du 2e arrondissement de Lyon, quartier de Perrache, lors d’un cambriolage découvert le samedi 15 août vers 23 h, révèle Le Progrès, relayé ce vendredi par Lyon Mag et Lyon Capitale. Alerté par une voisine qui avait remarqué sa porte ouverte, le propriétaire a constaté la disparition de deux fusils décrits comme des fusils d’assaut, d’un fusil de chasse et de six armes de poing, emportés avec leurs étuis de transport. Le préjudice est estimé à environ 15 000 euros. Détail notable : les cambrioleurs n’ont pris aucune munition.

Une armoire qui n’était pas verrouillée

Selon les premiers éléments rapportés par la presse locale, l’ensemble était déclaré et détenu en toute légalité. Un point interroge cependant : les armes étaient rangées dans une armoire qui n’était pas verrouillée. Rappelons ce que dit le code de la sécurité intérieure (articles R314-1 et suivants) : pour les armes des catégories A, B et C, le stockage dans un coffre-fort ou une armoire forte n’est pas une option, et les munitions des armes de catégorie B doivent être conservées à part. Seule la catégorie C admet une alternative, le démontage d’une pièce de sécurité mise sous clé séparément. Des obligations dont l’inobservation est lourdement sanctionnée, et qui peuvent peser sur le sort des autorisations de leur détenteur.

Un mot sur les « fusils d’assaut » évoqués par nos confrères. En droit français, les armes capables du tir en rafale relèvent de la catégorie A, interdite aux particuliers. Ce que détiennent les tireurs sportifs, ce sont des carabines semi-automatiques qui en reprennent l’apparence, classées en catégorie B et accessibles uniquement sur autorisation préfectorale, avec licence de tir, avis médical et contrôles réguliers à la clé.

9 300 armes volées chaque année

Ce fait divers illustre une réalité documentée de longue date. Selon l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI), les vols commis chez les particuliers et les armuriers constituent la première source d’approvisionnement du marché noir des armes en France. En moyenne, environ 9 300 armes y sont déclarées volées chaque année, un chiffre qui a oscillé entre 7 800 en 2014 et 10 500 au plus fort de 2015. L’immense majorité de ces armes dérobées, 78 %, relève du régime de la simple déclaration, dont les règles de conservation sont plus légères que celles des armes soumises à autorisation. Chaque armoire laissée ouverte alimente, à sa petite échelle, ce circuit-là.

L’ombre des fuites de données

L’affaire de Perrache survient dans un climat particulier. Lyon Mag note que plusieurs vols ont visé des détenteurs d’armes dans l’agglomération lyonnaise ces derniers mois, et rappelle que des données concernant des licenciés de la Fédération française de tir ou des ventes d’armes ont fait l’objet de piratages récents, tout en soulignant que rien ne permet, à ce stade, de relier ce cambriolage aux informations ainsi dérobées.

Le souvenir est frais chez les tireurs. À l’automne 2025, la FFTir, avait été victime d’une attaque ayant exposé des données personnelles de ses licenciés : état civil, adresse postale, téléphone, adresse mail et numéro de licence, selon le dispositif gouvernemental Cybermalveillance.gouv.fr. Ni données médicales ou bancaires, ni informations sur la détention d’armes, que la fédération ne possède pas ; mais une adresse associée à une licence de tir suffit à désigner un domicile comme potentiellement intéressant. Une enquête a été confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de police de Paris, sous l’autorité du parquet de Paris.

La discrétion et le coffre

En attendant que l’enquête lyonnaise retrouve la trace des neuf armes envolées, l’épisode vaut piqûre de rappel pour tous les détenteurs. Un coffre ou une armoire forte fermés à clé, des munitions stockées à part, et la plus grande discrétion sur ce que l’on détient : la sécurité d’une collection tient d’abord à ces gestes simples. Ils protègent le patrimoine du tireur, son dossier administratif, et surtout ils évitent d’armer, littéralement, la délinquance de demain.

 

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