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Rock Island : le fusil de Clyde Barrow s’envole à 850 000 dollars
Adjugé samedi 850 000 dollars au marteau, le Browning Auto-5 raccourci de Clyde Barrow pulvérise son estimation et égale, au dollar près, le prix du Panzer IV vendu la veille.
Le verdict est tombé samedi soir, peu après 16 h, heure du Texas. Le Browning Auto-5 « Whippet » de Clyde Barrow, pièce la plus médiatique de la grande vente Premier d’août de Rock Island Auction, a été adjugé 850 000 dollars au marteau, hors frais acheteur, selon les résultats publiés lot par lot sur le site de la maison. Estimé 375 000 à 650 000 dollars, le fusil du plus célèbre couple criminel des États-Unis pulvérise sa fourchette haute de 200 000 dollars. Et le hasard des enchères a son ironie : c’est très exactement le prix atteint la veille par le char Panzer IV de 1943, qui restait, lui, très loin de son estimation de 1,5 à 2,4 millions. À Bedford, la relique de gangster a fait jeu égal avec un blindé de la Wehrmacht.
Le fusil de la voiture criblée
L’arme n’a pourtant rien d’une rareté mécanique. C’est un Auto-5 de calibre 16, le semi-automatique de John Browning produit en très grande série pendant des décennies. Mais celui-ci, Clyde Barrow l’avait fait raccourcir du canon et de la crosse pour le dissimuler sous ses vêtements, une configuration compacte surnommée « Whippet ». Le hors-la-loi l’aurait porté près de deux ans, tout au long de la cavale sanglante qui a tenu l’Amérique en haleine. Le 23 mai 1934, lorsque les six hommes réunis autour de l’ancien Texas Ranger Frank Hamer, engagé pour mettre fin à la traque, criblent de balles la Ford V8 du couple sur une route de la paroisse de Bienville, en Louisiane, le Whippet est à bord.
C’est là que commence la seconde vie du fusil, et elle est remarquablement documentée : récupéré dans la voiture par Prentiss M. Oakley, adjoint du shérif de la paroisse, il passe ensuite entre les mains d’A.W. Davis puis de Bobby M. Mathews avant de rejoindre une collection privée, une chaîne de possession que Rock Island retrace sans interruption, affidavit signé, analyse et lettre d’exemption de l’ATF à l’appui. L’arme apparaît aussi sur l’un des clichés les plus fameux de la chronique criminelle américaine : cette photo mise en scène où Bonnie Parker braque Clyde Barrow avec ce même fusil. La maison d’enchères le présentait sans détour comme « le fusil le plus célèbre de l’histoire américaine ».
La légende vaut plus que la mécanique
La leçon du week-end tient en une comparaison. D’un côté, un char rarissime, l’un des deux seuls Panzer IV visibles aux États-Unis, resté sous son estimation basse. De l’autre, un fusil de série transformé au fond d’un garage, parti 200 000 dollars au-dessus de son estimation haute. Le marché de la collection a tranché : la provenance et le récit priment sur la rareté technique. Une hiérarchie que confirmait déjà, vendredi, le Winchester 1873 « One of One Thousand » et ses 625 000 dollars, porté par un mythe entretenu depuis le western de 1950. Les armes savent se faire histoire ; c’est l’histoire que les enchérisseurs achètent.
La journée de samedi a réservé d’autres beaux chiffres, à commencer par la paire de superposés James Purdey & Sons en calibres .410 et 28, gravés et incrustés d’or, vendus avec leurs mallettes : 375 000 dollars au marteau. Soit, là encore, un rappel que la haute facture britannique reste une valeur sûre des ventes américaines.
Rideau sur trois jours de vente
La troisième et dernière session a dispersé dimanche les lots 3000 à 3563, refermant trois journées d’enchères entamées vendredi. Rock Island Auction n’a pas encore publié son bilan officiel, qui donnera le produit total de la vente, frais compris, et la liste consolidée des prix réalisés ; nous y reviendrons si les chiffres définitifs réservent des surprises. En attendant, une certitude : quatre-vingt-douze ans après l’embuscade de Louisiane, Bonnie et Clyde font toujours recette.
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Lyon : neuf armes volées chez un tireur sportif
Neuf armes détenues légalement par un tireur sportif ont été dérobées dans son appartement du quartier de Perrache, à Lyon. Elles étaient rangées dans une armoire qui n’était pas verrouillée.
Le butin fait froid dans le dos. Neuf armes à feu ont été dérobées dans l’appartement d’un tireur sportif du 2e arrondissement de Lyon, quartier de Perrache, lors d’un cambriolage découvert le samedi 15 août vers 23 h, révèle Le Progrès, relayé ce vendredi par Lyon Mag et Lyon Capitale. Alerté par une voisine qui avait remarqué sa porte ouverte, le propriétaire a constaté la disparition de deux fusils décrits comme des fusils d’assaut, d’un fusil de chasse et de six armes de poing, emportés avec leurs étuis de transport. Le préjudice est estimé à environ 15 000 euros. Détail notable : les cambrioleurs n’ont pris aucune munition.
Une armoire qui n’était pas verrouillée
Selon les premiers éléments rapportés par la presse locale, l’ensemble était déclaré et détenu en toute légalité. Un point interroge cependant : les armes étaient rangées dans une armoire qui n’était pas verrouillée. Rappelons ce que dit le code de la sécurité intérieure (articles R314-1 et suivants) : pour les armes des catégories A, B et C, le stockage dans un coffre-fort ou une armoire forte n’est pas une option, et les munitions des armes de catégorie B doivent être conservées à part. Seule la catégorie C admet une alternative, le démontage d’une pièce de sécurité mise sous clé séparément. Des obligations dont l’inobservation est lourdement sanctionnée, et qui peuvent peser sur le sort des autorisations de leur détenteur.
Un mot sur les « fusils d’assaut » évoqués par nos confrères. En droit français, les armes capables du tir en rafale relèvent de la catégorie A, interdite aux particuliers. Ce que détiennent les tireurs sportifs, ce sont des carabines semi-automatiques qui en reprennent l’apparence, classées en catégorie B et accessibles uniquement sur autorisation préfectorale, avec licence de tir, avis médical et contrôles réguliers à la clé.
9 300 armes volées chaque année
Ce fait divers illustre une réalité documentée de longue date. Selon l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI), les vols commis chez les particuliers et les armuriers constituent la première source d’approvisionnement du marché noir des armes en France. En moyenne, environ 9 300 armes y sont déclarées volées chaque année, un chiffre qui a oscillé entre 7 800 en 2014 et 10 500 au plus fort de 2015. L’immense majorité de ces armes dérobées, 78 %, relève du régime de la simple déclaration, dont les règles de conservation sont plus légères que celles des armes soumises à autorisation. Chaque armoire laissée ouverte alimente, à sa petite échelle, ce circuit-là.
L’ombre des fuites de données
L’affaire de Perrache survient dans un climat particulier. Lyon Mag note que plusieurs vols ont visé des détenteurs d’armes dans l’agglomération lyonnaise ces derniers mois, et rappelle que des données concernant des licenciés de la Fédération française de tir ou des ventes d’armes ont fait l’objet de piratages récents, tout en soulignant que rien ne permet, à ce stade, de relier ce cambriolage aux informations ainsi dérobées.
Le souvenir est frais chez les tireurs. À l’automne 2025, la FFTir, avait été victime d’une attaque ayant exposé des données personnelles de ses licenciés : état civil, adresse postale, téléphone, adresse mail et numéro de licence, selon le dispositif gouvernemental Cybermalveillance.gouv.fr. Ni données médicales ou bancaires, ni informations sur la détention d’armes, que la fédération ne possède pas ; mais une adresse associée à une licence de tir suffit à désigner un domicile comme potentiellement intéressant. Une enquête a été confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité de la préfecture de police de Paris, sous l’autorité du parquet de Paris.
La discrétion et le coffre
En attendant que l’enquête lyonnaise retrouve la trace des neuf armes envolées, l’épisode vaut piqûre de rappel pour tous les détenteurs. Un coffre ou une armoire forte fermés à clé, des munitions stockées à part, et la plus grande discrétion sur ce que l’on détient : la sécurité d’une collection tient d’abord à ces gestes simples. Ils protègent le patrimoine du tireur, son dossier administratif, et surtout ils évitent d’armer, littéralement, la délinquance de demain.
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Eisenstadt : quatre titres mondiaux pour les Bleus
La FFTir a publié les premiers résultats français du Mondial des armes anciennes : quatre titres mondiaux, dont deux par équipes arrachés à l’Allemagne, et onze médailles après deux journées de finales à Eisenstadt.
Les résultats français du 31e championnat du monde des armes anciennes se faisaient attendre, les voilà, et ils valaient l’attente. Au pointage publié par la FFTir après les deux premières journées de finales à Eisenstadt, les Bleus comptent onze podiums, dont quatre titres mondiaux. Deux couronnes individuelles, signées Véronique Tissier et la jeune Soraya Zitouni, et deux titres par équipes arrachés à l’Allemagne, la grande puissance de la discipline. Pour une délégation de 19 sélectionnés, la moisson est déjà exceptionnelle, et le championnat n’est pas terminé.
Véronique Tissier, reine du 100 mètres
La femme forte de ce Mondial côté français s’appelle Véronique Tissier. En Walkyrie réplique, l’épreuve des dames à la carabine couché 100 m, elle décroche l’or avec 99 points, un de mieux que les Allemandes Ute Gretz et Tania Heber. Quelques heures plus tôt, la Française avait déjà frappé en Whitworth réplique, la carabine libre à percussion : 99 points encore, ce qui la glisse à la deuxième place entre les deux hommes en forme du début de semaine, Kilian Fichtl (100) et Michael Sturm (98), héros du premier soir allemand.
Les Bleues ont transformé l’essai en collectif. Avec Maëva Moelo et Alix Barraud, Tissier remporte l’épreuve par équipes Amazons (287 points, contre 284 à l’Allemagne et 267 à la Pologne). En Rigby, le classement par équipes de la Whitworth réplique, le trio Moelo-Tissier-Ducellier échoue à un tout petit point de l’Allemagne (288 contre 289) et prend l’argent devant la Hongrie. Anaïs Terpoorter (4e de la Walkyrie avec 97 points) et Maëva Moelo (5e avec 95, après une 6e place en Whitworth) complètent un tir groupé remarquable.
La relève est déjà en or
L’autre titre individuel vient de la catégorie des moins de 21 ans, et il a une saveur particulière. Au pistolet à percussion Kuchenreuter, Soraya Zitouni s’impose avec 95 points devant le Tchèque Tomas Frolik (93) et l’Espagnole Anna Corcoles Navarro (92) : une championne du monde jeunes pour le tir tricolore. Toujours chez les jeunes, Céleste Fleury-Bouge prend l’argent de la Whitworth youth avec 89 points, derrière la Suissesse Jenny Mosch (91).
Miquerol en bronze, la Gustav Adolf en or
Sur les armes d’origine, Jean-Luc Miquerol s’offre un doublé de bronze : troisième de la Tanegashima origine, le mousquet à mèche debout à 50 m (91 points), puis troisième de la Miquelet origine, le mousquet à silex (92 points). C’est là que la France a signé son coup le plus savoureux : associé à Mathieu Ducellier (4e) et Maëva Moelo (5e), Miquerol remporte la Gustav Adolf, le classement par équipes de la Miquelet origine, pour un seul point (275 contre 274) devant l’Allemagne. Clin d’œil de l’histoire : la coupe de cette épreuve fut offerte par la Fédération française de tir en 1972. Elle rentre à la maison.
La liste ne s’arrête pas là. Mathieu Périé prend l’argent du Kuchenreuter réplique sidehammer avec 95 points, le même score que le vainqueur italien Denis Pasolini. L’équipe Hinawa (Ducellier, Trehet, Risch) se classe deuxième de la Hizadai réplique derrière l’intouchable trio allemand. Mathieu Ducellier peut nourrir un regret : quatrième de la Hizadai avec 97 points, le score du bronze, il a cédé la médaille au barrage. On retiendra aussi qu’au premier soir, la fédération allemande n’annonçait que ses propres médailles : on sait désormais que les Bleus étaient à la fête dès le mardi, avec le bronze de Miquerol et l’argent de la Hinawa.
Et ce n’est pas fini
Ce bilan est provisoire, et c’est une bonne nouvelle. Les podiums de jeudi, journée des revolvers Mariette, du fusil Lamarmora, de la Minié et de la Vetterli des jeunes, restaient à publier à l’heure où nous écrivions ces lignes. Ce vendredi, place aux revolvers Colt, au pistolet à mèche Tanzutsu et à l’épreuve Pennsylvania, avant la journée de clôture samedi. Autant d’occasions d’allonger une liste tricolore déjà superbe, que nous récapitulerons en fin de championnat avec le bilan complet des 19 Français d’Eisenstadt.
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Munich : 6101 tireurs pour un championnat d’Allemagne géant
Le championnat d’Allemagne de tir sportif s’ouvre vendredi sur le stand olympique de Garching-Hochbrück : 6101 tireurs, 9742 départs et 277 titres jusqu’au 30 août. Visite guidée d’un événement hors norme.
Ce vendredi à 8 h, les premiers coups de feu claqueront à Garching-Hochbrück, au nord de Munich. Jusqu’au 30 août, le stand olympique bavarois accueille la Deutsche Meisterschaft, le championnat d’Allemagne de tir sportif, et les chiffres publiés par la fédération allemande (DSB) à la veille de l’ouverture donnent le tournis : 6101 tireurs, 9742 départs, 277 titres nationaux à distribuer et jusqu’à 750 000 cartouches qui seront brûlées en dix jours. De très loin le plus grand événement du calendrier allemand, et une démonstration de masse dont peu de fédérations au monde peuvent rêver.
Des chiffres d’un autre monde
La seule liste des engagés occupe 171 pages. On y trouve toutes les armes du tir sportif : plateaux, carabine, pistolet et revolver, arbalète, sur des distances de 10 à 300 m. Toutes les générations aussi : la benjamine du plateau, Alexis Nelli Kopplow, a 10 ans ; le doyen, Waldemar Pirner, en affiche 87. Les hommes restent majoritaires (6007 départs, contre 3735 pour les femmes), mais l’écart se resserre d’année en année, note la DSB, qui recense par ailleurs 365 départs dans les catégories para. Au total, 197 titres individuels, 73 titres par équipes et 7 décisions en mixte seront attribués. Et l’entrée est gratuite pour les spectateurs, sur toute la durée de l’épreuve.
Pour situer l’ampleur de la chose : les championnats de France 25 et 50 m disputés en juillet à Volmerange-les-Mines paraissent presque intimistes en comparaison; le championnat national allemand, lui, aligne à lui seul plus de 6000 compétiteurs sur dix jours.
Le stand des Jeux de 1972
Le décor a lui aussi sa légende. C’est la 52e fois que la grande messe du tir allemand se tient à Munich : elle s’y est installée en 1974, quittant Wiesbaden pour une Olympia-Schießanlage alors presque neuve, construite pour les Jeux olympiques de 1972. Un demi-siècle plus tard, la fédération vante une installation « toujours en parfait état », exemple de durabilité des équipements olympiques. Seule l’édition 2020, annulée pour cause de pandémie, manque à l’appel.
L’histoire du site n’est pas faite que de sport. Le vendredi 28 août, la jeunesse disputera son championnat de carabine trois positions, et le meilleur tireur comme la meilleure tireuse y recevront le prix Kehat Schor, remis pour la quatrième fois. Il honore la mémoire de l’entraîneur de tir israélien tué lors de l’attentat des Jeux de Munich, en 1972. Une brève cérémonie est prévue en début d’après-midi, en présence de plusieurs invités d’honneur.
Répétition générale avant Doha
Sur le plan sportif, cette DM ressemble à une répétition générale. Le championnat applique pour la première fois les nouvelles règles de finale édictées par l’ISSF en début d’année, dans la perspective des Jeux de Los Angeles 2028 : huit finalistes au pistolet vitesse au lieu de six, et des finales de carabine 50 m raccourcies de 45 à 35 coups (10 à genou, 10 couché, puis au maximum 15 debout jusqu’à la décision). Des épreuves qui se tirent, comme le pistolet 25 m, dans l’inusable calibre 22 Long Rifle. Autre nouveauté : les pistoliers de la vitesse et du pistolet sport seront pour la première fois couronnés dans la halle des finales, et toutes les finales du week-end, du vendredi au lundi, seront diffusées en direct sur la chaîne de la fédération, plateaux compris.
L’enjeu dépasse d’ailleurs les frontières allemandes. La fosse olympique jouera à Munich le dernier acte de sa qualification interne pour le championnat du monde de Doha (1er au 14 novembre), grand rendez-vous international de l’année où seront distribués les premiers quotas olympiques pour Los Angeles 2028. La championne d’Europe 2025 Kathrin Murche et le routinier Andreas Löw abordent cette dernière ligne droite en tête du classement de sélection.
Quand les stars tremblent devant les enfants
Reste l’épreuve la plus bruyante du programme, et peut-être la plus attachante : le Shooty Cup de la jeunesse allemande, le jeudi 27 août. La halle à air comprimé se transforme en chaudron quand les jeunes des 20 ligues régionales s’affrontent à la carabine et au pistolet 10 m, encouragés à grands cris par parents et amis. Les huit meilleures équipes se qualifient pour une finale que tirent ensuite, au profit des enfants, les stars de la discipline tirées au sort. La fédération jure que plus d’un olympien y tremble davantage que dans un match international.
C’est toute la saveur de cette DM : champions olympiques, mondiaux et continentaux y partagent les pas de tir avec des tireurs de club ambitieux, qui parviennent parfois à leur jouer un tour. Réponse dans dix jours, quand les 277 titres auront trouvé preneur.
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