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Champion de tir sans avoir jamais tiré une seule cartouche ?

L’ISSF, la fédération internationale de tir, mise désormais sur la réalité virtuelle et l’e-sport pour séduire les jeunes. Révolution salutaire ou trahison d’un sport de sensations ? Le débat est lancé.

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Un tireur au pistolet à côté d'une personne équipée d'un casque de réalité virtuelle sur un pas de tir

Peut-on devenir champion de tir sans avoir jamais épaulé une vraie arme ? La question aurait fait sourire il y a cinq ans. Elle est aujourd’hui au cœur de la stratégie de l’ISSF, la Fédération internationale de tir sportif, qui vient de faire de la réalité virtuelle et de l’e-sport un axe officiel de son développement.

Ce que l’ISSF a vraiment décidé

Tout est parti de l’Assemblée générale de l’ISSF, réunie à Rome en décembre 2024. Son président, l’Italien Luciano Rossi, y a présenté sa vision : faire de la fédération une « maison » ouverte à toutes les formes de tir, y compris virtuelles. Dans la foulée a été lancé un comité dédié de cinq membres, baptisé « E-Sports, E-Games et innovations technologiques ».

Le projet s’est concrétisé en 2026, lors des réunions du comité exécutif et du Conseil à Lonato, en Italie : le comité est devenu permanent. Sa présidence par intérim a été confiée à Kalikesh Narayan Singh Deo, par ailleurs président de la fédération indienne de tir. L’ambition affichée par Rossi ne manque pas d’audace : figurer parmi les leaders de la discipline et participer un jour à de futurs « Jeux Olympiques virtuels ».

La promesse : une porte d’entrée pour les jeunes

Pour ses promoteurs, le tir virtuel coche toutes les cases d’un sport du XXIe siècle. La technologie reproduit les sensations visuelles d’un vrai pas de tir et les subtilités de chaque discipline, sans nécessiter d’arme, de munitions ni de stand homologué. De quoi séduire un public que le tir classique peine parfois à atteindre.

  • Une porte d’entrée vers les clubs : s’essayer en réalité virtuelle avant de pousser la porte d’un vrai stand.
  • De nouveaux outils d’entraînement : les simulateurs permettent de répéter le geste, à moindre coût et sans logistique.
  • Des compétitions internationales sans munitions ni déplacement, ouvertes depuis n’importe où.
  • Une discipline accessible aux plus jeunes et aux athlètes handicapés, sans barrière matérielle.

L’ISSF a d’ailleurs déjà tâté le terrain : son expérience de réalité virtuelle a été présentée au public lors de la Milan Games Week, puis à la « Maison ISSF » pendant les Jeux de Paris 2024.

La crainte : un tir sans poudre, est-ce encore du tir ?

Chez les tireurs de tradition, le projet passe nettement moins bien. Leur inquiétude tient en une phrase : un tir sans recul, sans détonation, sans l’odeur de la poudre, est-il encore du tir ? Toute une culture repose sur la maîtrise d’une arme réelle, la gestion du souffle, la répétition d’un geste physique et les règles de sécurité qui l’entourent. Remplacer la cartouche par un capteur, redoutent-ils, reviendrait à vider la discipline de sa substance.

La critique va plus loin : à trop miser sur l’écran, l’ISSF ne risque-t-elle pas de brouiller la frontière entre un sport exigeant et le simple jeu vidéo de tir ? Le débat est d’autant plus vif que les deux mondes visent désormais le même public, les adolescents manette en main.

« Enrichir, pas remplacer »

Consciente du terrain miné, la fédération avance une ligne prudente : la réalité virtuelle et l’e-sport doivent enrichir le tir sportif, pas le remplacer. « Cette maison doit aussi accueillir les jeunes qui ont une approche nouvelle du monde du tir, a déclaré Luciano Rossi. C’est pourquoi nous investissons aussi dans l’e-sport, un domaine en pleine expansion, avec l’ambition d’en devenir des leaders. »

Reste la question que personne ne tranche vraiment : où s’arrête l’entraînement et où commence un sport parallèle, avec ses propres champions ? Si l’on peut un jour monter sur un podium mondial sans avoir jamais tiré une seule cartouche, le tir sportif aura changé de nature. Révolution nécessaire pour survivre, ou trahison d’un art des sensations ? La fédération, elle, a déjà choisi son camp.

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Brownells choisit la France pour son hub européen

Le distributeur américain confie à ADN Enterprise, près de Lyon, ses ventes et son développement en Europe, sous le nom de Brownells Europe. Un site européen, brownellsglobal.eu, a été lancé en octobre.

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Yoan Duvel

C’est en France que Brownells a choisi d’installer son relais européen. Dans un communiqué daté du 16 octobre 2026, le distributeur américain de pièces détachées et d’outillage d’armurier annonce, par sa division Global Solutions, avoir confié à ADN Enterprise, une entreprise lyonnaise, l’ensemble des ventes, du marketing et du développement commercial sur le territoire européen. Sous licence, la société opère désormais sous le nom de Brownells Europe.

Une base logistique près de Lyon

Fondée par trois associés qui travaillent ensemble depuis plus de vingt ans dans le secteur, ADN Enterprise se présente comme un distributeur spécialisé dans les armes, le tir sportif, l’outdoor, la défense et la sécurité. Elle s’appuie sur une base logistique de 5 000 m² près de Lyon pour approvisionner un réseau de 1 500 points de vente en France et en Europe. Sur son site, l’entreprise indique aussi répondre aux appels d’offres des forces armées, des forces de l’ordre et des administrations.

ADN Enterprise apporte à Brownells un entrepôt sur le continent, un service technique et un atelier d’armurerie intégré, sur le modèle du service proposé aux États-Unis.

Un site pour toute l’Europe

Pour les tireurs, le changement le plus visible est en ligne. Lancé en octobre 2026 et exploité par ADN Enterprise, le site brownellsglobal.eu donne accès à la gamme Brownells aux clients de toute l’Union européenne, avec un service local. Consulté depuis la France le 23 octobre, le site s’affichait en français, son sélecteur proposait une trentaine de pays, dont le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège, et il annonçait 6 744 références au catalogue, réparties en six rayons : équipement, pièces d’armes, armes, optique, rechargement, outillage et nettoyage. On y retrouve des marques bien connues des monteurs et des tireurs, comme Magpul, RCBS, Lyman ou Sinclair International.

Ce nouveau site regroupe ainsi, sous une seule adresse, les 27 pays de l’Union européenne et onze langues : français, anglais, allemand, italien, espagnol, polonais, tchèque, suédois, danois, finnois et norvégien.

Brownells, une institution chez les armuriers

L’histoire de Brownells commence en 1939 à Montezuma, dans l’Iowa, où Bob Brownell, qui tenait une station-service, réparait et personnalisait ses propres armes, puis celles d’autres tireurs, avant d’en faire son métier. Brownells se présente aujourd’hui comme « la référence mondiale » de l’équipement pour les armuriers et les tireurs. Elle revendique plus de 80 ans d’histoire, plus de trente ans de commerce international et des relations directes avec près de 1 200 marques aux États-Unis et plus de 600 à l’international, dans plus de 65 pays.

« Nous soutenons notre industrie en Europe depuis plus de dix ans, et nous pouvons désormais mettre en œuvre une croissance stratégique sur le continent européen et dans d’autres marchés clés », explique Casey Betzold, directeur de Global Solutions. Selon lui, ADN Enterprise apporte « un potentiel de croissance immédiat » grâce à son expérience et à ses relations existantes, et cet investissement doit permettre de « réduire fortement le délai jusqu’à l’utilisateur final ».

Une porte d’entrée pour les marques

Au-delà du catalogue Brownells, Global Solutions se veut une plateforme pour les fabricants qui veulent se développer en Europe. Elle met en avant la gestion de la logistique, de la conformité réglementaire, de la distribution multicanal et de l’entrée sur le marché. Les marques partenaires peuvent ainsi accéder à :

  • des services d’entreposage et d’expédition pour leur compte, y compris l’envoi direct au client ;
  • la distribution aux professionnels, via les réseaux de revendeurs et de grossistes du groupe ;
  • la vente directe aux particuliers, par les plateformes de commerce en ligne ;
  • les marchés publics, avec un accompagnement auprès des forces de l’ordre et des armées de chaque pays.

Ni le calendrier de ces nouveaux services ni la liste des marques concernées ne sont précisés à ce stade. Les fabricants intéressés sont invités à contacter directement Global Solutions.

Image en tête d’article : la page d’accueil du site brownellsglobal.eu, capture d’écran du 23 octobre 2026. Précision : ADN Enterprise préside ADN Éditions, société éditrice de Cibles.

 

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Smith & Wesson s’offre Savage pour 160 millions de dollars

Le fabricant américain d’armes de poing a racheté le 21 octobre Savage Arms, spécialiste des carabines fondé en 1894, et revendique désormais la première place du marché commercial américain.

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Patrick H
Logos de Smith & Wesson et Savage sur la présentation du rachat

Deux grands noms de l’armurerie américaine ne font plus qu’un. Mercredi 21 octobre 2026, Smith & Wesson Brands a annoncé le rachat de Savage Arms, le fabricant de carabines fondé en 1894, et finalisé l’opération le jour même. La transaction valorise Savage à 160 millions de dollars avant ajustements. Avec ce rachat, Smith & Wesson revendique la place de premier fabricant d’armes du marché commercial américain.

Payé en actions et en numéraire

Les détails figurent dans le document déposé le jour même auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain. Le vendeur, une filiale de la société d’investissement JDH Capital, basée à Houston (Texas), reçoit 8 993 968 actions Smith & Wesson nouvellement émises, valorisées 13,62 dollars pièce, et 42,4 millions de dollars en numéraire. Après ajustements liés notamment à la trésorerie et à l’endettement de Savage, la transaction atteint environ 164,9 millions de dollars.

JDH Capital devient ainsi le premier actionnaire de Smith & Wesson, avec 16,7 % du capital, et obtient un siège au conseil d’administration, confié à l’un de ses dirigeants, Michael Fertitta. Ses actions ne pourront être revendues que progressivement, par tiers, au bout de 90, 240 et 360 jours. Selon le communiqué, le prix représente environ 7,9 fois l’excédent brut d’exploitation ajusté de Savage sur douze mois, une fois intégrées 2,5 millions de dollars de synergies attendues.

Les armes de poing d’un côté, les carabines de l’autre

Les deux entreprises se complètent plus qu’elles ne se concurrencent. Smith & Wesson, dont le siège est à Maryville (Tennessee) et les usines à Springfield (Massachusetts) et Houlton (Maine), domine le marché des armes de poing, revolvers et pistolets. Sur les douze mois achevés en juillet 2026, elle a réalisé 551 millions de dollars de chiffre d’affaires et expédié 1,1 million d’armes, avec 1 719 salariés.

Savage, installée à Westfield (Massachusetts), avec une usine à Lakefield, dans l’Ontario canadien, se présente comme l’un des plus grands fabricants mondiaux de carabines et de fusils pour la chasse, la compétition et le tir sur cible, en percussion centrale comme en percussion annulaire. Elle a réalisé environ 160 millions de dollars de ventes sur les douze mois achevés le 30 septembre 2026 et expédié 500 000 armes, avec 508 salariés.

Ensemble, les deux marques pèsent 711 millions de dollars de chiffre d’affaires, 1,6 million d’armes expédiées par an, 2 227 salariés et cinq sites de production. Selon la présentation remise aux investisseurs, qui s’appuie sur des données de la société d’études GearFire, le nouvel ensemble serait, en volume, numéro un des armes de poing et numéro deux des carabines sur le marché commercial américain. Plus de 99 % de leurs gammes ne se recoupent pas, assure Smith & Wesson.

« L’acquisition de Savage est une étape transformatrice pour Smith & Wesson et un jalon important de notre stratégie visant à devenir le leader incontesté de l’industrie des armes à feu », a déclaré Mark Smith, président-directeur général de Smith & Wesson.

132 ans d’histoire

Savage a été fondée en 1894 à Utica, dans l’État de New York, par Arthur Savage. Son nom reste attaché à la carabine à levier sous garde Model 99, aujourd’hui retirée du catalogue, et à la cartouche .300 Savage, lancée en 1920. La même année, l’entreprise avait racheté Stevens Arms, dont la marque perdure dans sa gamme. Filiale du groupe Vista Outdoor, elle en avait été séparée en 2019. Smith & Wesson, fondée en 1852, revendique de son côté 174 ans d’histoire.

Une industrie en recomposition

Ce rachat survient au moment où le paysage industriel américain bouge. Quelques jours plus tôt, le groupe Beretta a porté à environ 25 % sa participation dans Sturm, Ruger & Co., au terme d’une offre publique d’achat partielle close le 15 octobre et largement sursouscrite, comme nous l’avons raconté le 17 octobre.

Le communiqué de Smith & Wesson ne dit rien, à ce stade, des conséquences de l’opération sur les gammes des deux marques ni sur leur distribution hors des États-Unis. Le 22 octobre, l’entreprise a toutefois indiqué au site américain MassLive que les usines de Savage, à Westfield et au Canada, seraient maintenues. La présentation aux investisseurs met en avant des clients largement communs, distributeurs comme détaillants, qui représenteraient environ 80 % de l’activité des deux entreprises.

Visuel en tête d’article : Smith & Wesson Brands, présentation aux investisseurs du 21 octobre 2026.

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37 médailles, et il « voudrait travailler dans la restauration »

À 14 ans, Arsène André Barroso, du Tir sportif châtenoyen, a décroché 37 médailles cette saison, dont trois titres de vice-champion de France et trois titres nationaux par équipe. Il vise les Jeux de 2032. Et plus tard ? Il « voudrait travailler dans la restauration ».

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Patrick H
Arsène André Barroso tire au pistolet à 10 mètres au pas de tir de son club de Châtenoy-le-Royal

Il a 14 ans, 37 médailles en une saison et un projet professionnel inattendu. Licencié au Tir sportif châtenoyen, à Châtenoy-le-Royal, en Saône-et-Loire, Arsène André Barroso a bouclé la saison 2025-2026 avec 37 médailles, dont 27 en or et 9 en argent, selon le portrait que lui consacre le site Info-Chalon. Au sommet de ce palmarès : trois titres de vice-champion de France et trois titres nationaux par équipe, décrochés en mai au championnat de France des écoles de tir. Toujours selon Info-Chalon, il a aussi été sacré champion de Saône-et-Loire et de Bourgogne au pistolet à 10 m, au pistolet 3/7, au pistolet vitesse à 10 m, à l’arbalète field et au combiné, ainsi qu’en équipe.

Trois fois deuxième, trois fois champion par équipe

Ces titres ont été obtenus à Béziers, du 14 au 17 mai, lors du 40e championnat de France des écoles de tir. Chez les minimes garçons, il termine deuxième de trois épreuves individuelles. Au combiné, qui additionne le pistolet et la carabine à 10 m, il totalise 723,2 points, derrière Ethan Mathieu (731). Au pistolet 3/7, il prend l’argent avec 277 points. À l’arbalète field, il monte encore sur la deuxième marche avec 284 points. Engagé sur six épreuves individuelles, il termine aussi 17e au pistolet à 10 m (345 points), 21e au pistolet vitesse et 61e à la carabine à 10 m.

Avec ses partenaires du club, il fait mieux encore. L’équipe de Châtenoy remporte le titre national au pistolet à 10 m (1 055 points), avec Lili André et Clémence Descombin, au pistolet 3/7 (805 points), où Arsène signe le meilleur score du trio, et à l’arbalète field (848 points), aux côtés de Clémence Descombin et Noé Dautel.

D’un forum associatif aux podiums

Rien ne le destinait pourtant au tir. Selon Info-Chalon, tout a commencé lors d’un forum des associations à Châtenoy : son frère s’intéressait aux échecs, lui a été attiré d’emblée par le stand de tir. Sa mère s’y est d’abord opposée, voyant l’arme avant le sport. Arsène a renouvelé sa demande l’année suivante et a fini par obtenir gain de cause. Il a débuté au club en 2019, encadré à l’école de tir par Yvonne Le Floch et Daniel Guillot.

Les résultats ont suivi. Dès 2022, pour son premier championnat de France, à Montluçon dans la catégorie poussins, il rapporte une médaille de bronze par équipe. Aujourd’hui encore multidisciplinaire, il pratique le pistolet et la carabine à 10 m et l’arbalète, et a commencé à tirer au pistolet à 25 m. Ses préférences vont au pistolet à 10 m et à l’arbalète à 18 m. Selon Info-Chalon, il gère bien le stress de l’entrée sur le pas de tir, la concentration et les objectifs reprenant vite le dessus.

Cap sur 2032

Son potentiel n’a pas échappé à la fédération. Lors du championnat de France des écoles de tir 2025, il a été repéré, avec sa coéquipière Lili André, par la filière accession et détection de la Fédération française de tir. Les places sont rares et il n’a pas été retenu à l’issue des barrages, mais l’objectif reste intact : il espère une sélection pour les Jeux olympiques de 2032, à Brisbane. Sa visite au Centre national de tir sportif de Châteauroux pendant les Jeux de Paris 2024 l’a rendu, selon Info-Chalon, plus déterminé encore.

Info-Chalon le décrit comme calme, discret et fair-play, sans jalousie envers un adversaire plus adroit que lui ce jour-là. Et quand on lui demande ce qu’il veut faire plus tard, le collectionneur de médailles ne parle ni de tir ni de podiums. « Je voudrais travailler dans la restauration », a-t-il simplement répondu au site d’information local. En attendant, il partage son temps entre ses études et le pas de tir.

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