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Cible mobile : trois Français au Mondial de Tallinn

Bannie des Jeux depuis 2004, la cible mobile réunit 85 tireurs de 17 nations à Tallinn du 20 au 26 juillet. Romain Bidaut, Florence Louis et Lucie Gardin, 16 ans, portent les couleurs françaises.

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Du 20 au 26 juillet 2026, Tallinn accueille le championnat du monde de cible mobile, à 10 et 50 mètres. Une discipline que les Jeux olympiques ont rayée de leur programme il y a plus de vingt ans, et qui continue pourtant de réunir ses fidèles : selon la liste des engagés publiée par l’ISSF le 21 juin, 85 tireurs de 17 nations sont attendus dans la capitale estonienne, pour un total de 326 départs.

La France sera de la partie avec trois sélectionnés : Romain Bidaut, Florence Louis et Lucie Gardin. La fédération avait fait de ce Mondial, avec le championnat d’Europe 10 mètres d’Erevan disputé fin février, l’objectif majeur de la saison de la discipline.

Une cible qui ne vous attend pas

Le principe tient en une phrase : toucher une cible qui traverse une ouverture, sans jamais s’arrêter. À 10 mètres, le tireur est armé d’une carabine à air comprimé et la cible file devant une fenêtre de 2 mètres, visible 5 secondes en vitesse lente, 2,5 secondes en vitesse rapide. Le programme des hommes compte 30 passages lents puis 30 rapides, celui des femmes 20 et 20.

À 50 mètres, place à la carabine de calibre .22 et à la silhouette du fameux « sanglier courant », qui traverse une ouverture de 10 mètres aux mêmes cadences. S’y ajoutent les épreuves dites « vitesses mixtes », où l’ordre des passages lents et rapides est tiré au sort : le tireur ignore ce qui va sortir, et l’anticipation devient un pari.

Trente-deux ans de Jeux, puis plus rien

Le sanglier courant a été imaginé dans les années 1960 pour succéder au cerf courant à 100 mètres, héritage des premiers Jeux. Il entre au programme olympique en 1972. En 1992, la version à 10 mètres à air comprimé le remplace aux Jeux, avant que le couperet ne tombe : après Athènes 2004, la cible mobile disparaît complètement du programme olympique.

La discipline ne s’est pas éteinte pour autant. Depuis 2008, un championnat du monde dédié fait vivre la spécialité entre les Mondiaux toutes disciplines. La France y a son histoire : Jean-Luc Tricoire fut vice-champion du monde du 50 mètres en 1986 à Suhl.

Kazakhs en nombre, revenants et absents

La liste des engagés de Tallinn dessine une géographie singulière. Le Kazakhstan aligne le plus gros contingent (13 tireurs), devant l’Arménie (12), l’Ukraine et la Finlande (9 chacune). La Corée du Nord déplace 8 tireurs, le Qatar fait ses gammes avec 2 engagés.

Côté favoris, le dernier Mondial disputé en 2022 sert de repère. Le Suédois Emil Martinsson, 46 ans, argent du 50 mètres (590 points) et or des vitesses mixtes cette année-là, est engagé. Le Hongrois Jozsef Sike, bronze en 2022, remet ça à 58 ans. Grand absent de la liste provisoire : l’Ukrainien Ihor Kizyma, vainqueur du 50 mètres en 2022 avec 591 points.

Trois Bleus, une revanche et une promesse

Romain Bidaut, 34 ans, licencié au T.S. Perreux, est le fer de lance de l’équipe : il est engagé sur cinq épreuves, du 10 mètres individuel à l’équipe mixte. Pour lui, Tallinn a un goût de revanche. Au Mondial 2022, disputé à domicile, il pointait au 8e rang provisoire du 50 mètres après une superbe vitesse lente (98, 97, 98, soit 293 points), avant que trois incidents techniques ne ruinent sa vitesse rapide. Malgré la réclamation déposée par son entraîneur, il avait dû se contenter de 557 points, loin de son niveau.

Florence Louis, 30 ans, est elle aussi alignée sur cinq épreuves, à 10 comme à 50 mètres. Lucie Gardin, née fin 2009, disputera à 16 ans les épreuves juniors du 10 mètres, en individuel et en vitesses mixtes.

La sélection n’avait rien d’une formalité : la FFTir a calé ses seuils sur le niveau d’une entrée en finale mondiale, soit 571 points sur 600 à 10 mètres et 588 au 50 mètres chez les hommes. Les billets pour l’Estonie se sont joués au match international de Waldorf mi-mai, puis aux évaluations nationales de Châteauroux fin mai.

La France, terre d’accueil de la discipline

Si la cible mobile reste confidentielle dans les stands français, la France compte parmi les nations qui la maintiennent en vie. Le CNTS de Châteauroux a accueilli le championnat du monde 2022, deux fois repoussé par la crise sanitaire, avec 64 tireurs de 15 nations, puis le championnat d’Europe du 50 mètres en 2025.

La comparaison donne d’ailleurs une raison d’optimisme : avec 85 engagés sur la liste provisoire de Tallinn, la participation dépasse déjà celle de 2022. Pour une discipline régulièrement annoncée moribonde, c’est un signe qui ne trompe pas.

Les compétitions se dérouleront du 20 au 26 juillet ; résultats à suivre sur le site de l’ISSF (issf-sports.org). On saura alors si la revanche de Romain Bidaut a eu lieu, et si la génération Gardin confirme que le sanglier courant a encore de beaux passages devant lui.

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Championnat de France 25/50 m : les sacres de Volmerange-les-Mines

Du 15 au 22 juillet, l’Eurostand de Lorraine a accueilli le 47e Championnat de France 25/50 m. Pistolet, carabine, parasport et clubs : Théo Moczko, Mathilde Lamolle, Lucas Kryzs et Océanne Muller figurent parmi les nouveaux champions.

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Tireur en position a la carabine 50 metres en competition

Rideau sur une semaine de compétition. Du 15 au 22 juillet 2026, l’Eurostand de Lorraine, à Volmerange-les-Mines (Moselle), a accueilli le 47e Championnat de France 25/50 m. Sept jours durant, l’un des grands rendez-vous du calendrier national a réuni les meilleurs tireurs français au pistolet, sur 25 m, et à la carabine, sur 50 m, toutes ligues confondues. Tour d’horizon des nouveaux sacres.

Pistolet : le carton plein de Théo Moczko

La semaine restera celle de Théo Moczko. Le tireur de la FTA Bully-les-Mines (Pas-de-Calais) a survolé les épreuves de pistolet 25 m chez les seniors 1. Champion de France du pistolet 25 mètres avec 587 points sur 600, il ajoute le titre du pistolet standard (576 points) et complète sa moisson par une deuxième place au pistolet à percussion centrale. Un triplé de médailles individuelles en une seule édition.

Dans cette épreuve de percussion centrale, c’est Arnaud Henry (ASPL Tir, Rhône) qui s’impose avec 584 points, devant Moczko justement. Au pistolet de vitesse olympique, le titre revient à Romain Zunino (Tir sportif Libourne, Gironde), auteur de 567 points, devant Thibaut Hagen et Laurent Cussigh.

Mathilde Lamolle sacrée au 25 mètres dames

Chez les dames, la finale du pistolet 25 mètres a souri à Mathilde Lamolle. Au terme d’un match à élimination serré, elle devance Céline Goberville et Alisson Gallien, cette dernière n’arrachant le bronze qu’au barrage. Un titre national de plus pour l’une des figures du pistolet féminin tricolore.

Carabine : Kryzs et Muller règnent sur le 3 positions

À la carabine 50 m, l’épreuve reine des trois positions (à genou, couché, debout) a tenu ses promesses. Chez les hommes, Lucas Kryzs (Lorraine) s’impose en finale avec 352,4 points, devant Félix Blateau (348,8) et Timothée Vedel (339,1).

Côté féminin, le duel a tourné à l’avantage d’Océanne Muller (Alsace), sacrée avec 353,6 points au terme d’une finale accrochée face à Cassandre Devaux (351,7). Agathe Girard complète le podium. Deux champions de France sur la discipline la plus exigeante du tir à la carabine.

Le parasport à l’honneur

Le rendez-vous a aussi couronné les tireurs para. Dylan Kerreneur s’est imposé à la carabine 50 m, 60 balles couché en catégorie SH2 avec 612,3 points, tandis que Pierre-Marie Bannier décrochait le titre au pistolet standard en catégorie SH1. La preuve que le championnat national embrasse toutes les pratiques.

Les clubs dans la course

Disputée en parallèle, la finale des clubs au pistolet 25 m (Division 1) est revenue au Gem’Tir Sportif (Bouches-du-Rhône), vainqueur face à la Cible du Salève au terme d’une phase finale à suspense. De quoi refermer une édition dense à Volmerange-les-Mines, avant la reprise des grandes échéances internationales de l’été.

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Kalachnikov sur une trottinette : l’étonnante saisie de la police à Vaulx-en-Velin

En pleine nuit, près d’un supermarché de Vaulx-en-Velin, la BAC découvre un fusil d’assaut de type kalachnikov, chargé et prêt à tirer, accroché à une trottinette électrique cachée dans un utilitaire. Quatre hommes interpellés.

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Fusil d'assaut de type kalachnikov (AKM) présenté sous ses deux profils

Une arme de guerre montée sur une trottinette électrique. C’est la scène, presque irréelle, que des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont découverte dans la nuit de mardi à mercredi à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue est de Lyon. Un fusil d’assaut de type kalachnikov, chargé et prêt à faire feu, était tout simplement accroché à une trottinette.

Un contrôle qui bascule

Il est environ 23h30, ce mardi 21 juillet, quand une patrouille de la BAC circule à proximité du magasin Grand Frais de Vaulx-en-Velin. Quatre hommes attirent l’attention des fonctionnaires par leur comportement. Les policiers décident de les contrôler.

Près du petit groupe stationne un véhicule utilitaire. En s’en approchant, les policiers font une découverte qui change tout : à l’intérieur se trouve une trottinette électrique, et sur cet engin est fixé un fusil d’assaut de type kalachnikov. L’arme est chargée et prête à être utilisée.

Quatre hommes en garde à vue

Les quatre suspects sont immédiatement interpellés et placés en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer leurs intentions, encore inconnues à ce stade. Que faisait cette arme automatique, opérationnelle, arrimée à une trottinette au fond d’un fourgon ? C’est tout l’enjeu des investigations.

Le fusil d’assaut de type kalachnikov est l’arme emblématique du crime organisé : robuste, puissante et simple d’emploi. Qu’elle ait été retrouvée chargée et prête à faire feu souligne la dangerosité de la saisie.

Une image qui interroge

Le détail de la trottinette n’a rien d’anodin. Depuis des mois, dans l’agglomération lyonnaise, plusieurs fusillades ont vu leurs auteurs surgir puis disparaître à bord d’engins de ce type. Léger, rapide et facile à abandonner, le deux-roues électrique est devenu un moyen de déplacement prisé lors de ces règlements de comptes. Une arme déjà fixée sur la trottinette, c’est un dispositif mobilisable en quelques secondes.

Le rapprochement n’est pas qu’une vue de l’esprit. En avril déjà, à Villeurbanne, un homme né en 2005 avait été interpellé en pleine nuit avec un fusil d’assaut et une arme de poing, après avoir tenté de fuir en trottinette électrique au terme d’une course-poursuite avec la BAC.

Rien ne permet toutefois, à ce stade, de relier formellement cette saisie à un épisode précis. L’enquête devra établir à qui appartenait l’arme, d’où elle venait et ce que les quatre hommes s’apprêtaient à en faire.

Un contexte tendu

La découverte intervient alors que l’est lyonnais connaît une série d’épisodes violents. Ces derniers mois, des tirs ont visé des façades d’immeubles et des entrées d’habitations à Villeurbanne, Décines-Charpieu ou Vénissieux, sur fond de rivalités liées au trafic de stupéfiants. Les autorités ont annoncé à plusieurs reprises un renforcement des effectifs de police dans ces quartiers.

Reste la scène, elle, difficile à oublier : une kalachnikov chargée, accrochée à une trottinette, à deux pas d’un supermarché.

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Champion de tir sans avoir jamais tiré une seule cartouche ?

L’ISSF, la fédération internationale de tir, mise désormais sur la réalité virtuelle et l’e-sport pour séduire les jeunes. Révolution salutaire ou trahison d’un sport de sensations ? Le débat est lancé.

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Un tireur au pistolet à côté d'une personne équipée d'un casque de réalité virtuelle sur un pas de tir

Peut-on devenir champion de tir sans avoir jamais épaulé une vraie arme ? La question aurait fait sourire il y a cinq ans. Elle est aujourd’hui au cœur de la stratégie de l’ISSF, la Fédération internationale de tir sportif, qui vient de faire de la réalité virtuelle et de l’e-sport un axe officiel de son développement.

Ce que l’ISSF a vraiment décidé

Tout est parti de l’Assemblée générale de l’ISSF, réunie à Rome en décembre 2024. Son président, l’Italien Luciano Rossi, y a présenté sa vision : faire de la fédération une « maison » ouverte à toutes les formes de tir, y compris virtuelles. Dans la foulée a été lancé un comité dédié de cinq membres, baptisé « E-Sports, E-Games et innovations technologiques ».

Le projet s’est concrétisé en 2026, lors des réunions du comité exécutif et du Conseil à Lonato, en Italie : le comité est devenu permanent. Sa présidence par intérim a été confiée à Kalikesh Narayan Singh Deo, par ailleurs président de la fédération indienne de tir. L’ambition affichée par Rossi ne manque pas d’audace : figurer parmi les leaders de la discipline et participer un jour à de futurs « Jeux Olympiques virtuels ».

La promesse : une porte d’entrée pour les jeunes

Pour ses promoteurs, le tir virtuel coche toutes les cases d’un sport du XXIe siècle. La technologie reproduit les sensations visuelles d’un vrai pas de tir et les subtilités de chaque discipline, sans nécessiter d’arme, de munitions ni de stand homologué. De quoi séduire un public que le tir classique peine parfois à atteindre.

  • Une porte d’entrée vers les clubs : s’essayer en réalité virtuelle avant de pousser la porte d’un vrai stand.
  • De nouveaux outils d’entraînement : les simulateurs permettent de répéter le geste, à moindre coût et sans logistique.
  • Des compétitions internationales sans munitions ni déplacement, ouvertes depuis n’importe où.
  • Une discipline accessible aux plus jeunes et aux athlètes handicapés, sans barrière matérielle.

L’ISSF a d’ailleurs déjà tâté le terrain : son expérience de réalité virtuelle a été présentée au public lors de la Milan Games Week, puis à la « Maison ISSF » pendant les Jeux de Paris 2024.

La crainte : un tir sans poudre, est-ce encore du tir ?

Chez les tireurs de tradition, le projet passe nettement moins bien. Leur inquiétude tient en une phrase : un tir sans recul, sans détonation, sans l’odeur de la poudre, est-il encore du tir ? Toute une culture repose sur la maîtrise d’une arme réelle, la gestion du souffle, la répétition d’un geste physique et les règles de sécurité qui l’entourent. Remplacer la cartouche par un capteur, redoutent-ils, reviendrait à vider la discipline de sa substance.

La critique va plus loin : à trop miser sur l’écran, l’ISSF ne risque-t-elle pas de brouiller la frontière entre un sport exigeant et le simple jeu vidéo de tir ? Le débat est d’autant plus vif que les deux mondes visent désormais le même public, les adolescents manette en main.

« Enrichir, pas remplacer »

Consciente du terrain miné, la fédération avance une ligne prudente : la réalité virtuelle et l’e-sport doivent enrichir le tir sportif, pas le remplacer. « Cette maison doit aussi accueillir les jeunes qui ont une approche nouvelle du monde du tir, a déclaré Luciano Rossi. C’est pourquoi nous investissons aussi dans l’e-sport, un domaine en pleine expansion, avec l’ambition d’en devenir des leaders. »

Reste la question que personne ne tranche vraiment : où s’arrête l’entraînement et où commence un sport parallèle, avec ses propres champions ? Si l’on peut un jour monter sur un podium mondial sans avoir jamais tiré une seule cartouche, le tir sportif aura changé de nature. Révolution nécessaire pour survivre, ou trahison d’un art des sensations ? La fédération, elle, a déjà choisi son camp.

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