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Pourquoi certains tireurs pensent que nous avons tort ?
Prêt d’arme, transport, coffre : vous avez été nombreux à nous donner tort. Réponse point par point, le code de la sécurité intérieure à la main : nous maintenons chaque ligne.
Notre article « La plupart des tireurs sont hors la loi sans le savoir », publié lundi, a fait ce que peu d’articles font : remplir ses commentaires de références juridiques. Prêt d’arme, motif légitime, conservation : des lecteurs nous donnent tort, certains avec aplomb, d’autres avec de vrais arguments. Nous maintenons chaque ligne, et nous le démontrons ici, le code de la sécurité intérieure à la main, article par article. Au passage, une explication : si tant de tireurs de bonne foi pensent que nous avons tort, c’est que le droit des armes ne se lit pas comme le reste du droit.
« Pas interdit, donc autorisé » ? Pas en catégorie B
L’argument le plus répété : ce que la loi n’interdit pas serait autorisé, donc faire essayer son pistolet à un camarade de club ne poserait aucun problème. L’adage est exact en droit commun, c’est même l’article 5 de la Déclaration de 1789. Mais les armes de catégorie B vivent dans le régime inverse : interdiction de principe, autorisation par exception. Nul ne peut en acquérir ni en détenir sans autorisation préfectorale, et cette autorisation est individuelle, nominative, attachée à une arme déterminée. Dans un tel régime, le silence du texte ne crée pas une liberté : ce que l’autorisation ne couvre pas n’est couvert par rien. Le seul prêt que les textes organisent, ce sont les armes de l’association, mises à disposition dans ses installations, au pas de tir, sous le contrôle de l’encadrement : un cadre précis, borné, écrit. L’Union française des amateurs d’armes, dans une analyse co-signée par un avocat, qualifie le prêt hors de ce cadre de « mise à disposition irrégulière ». Et le code chiffre ce qui se passe hors du cadre : détenir une arme de catégorie B sans autorisation expose à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende (article L317-4). Personne ne soutient qu’un essai de trois minutes vaudra trois ans ferme ; mais c’est l’échelle des peines du régime dans lequel ce geste s’inscrit, et elle dit assez qu’on n’est pas en terrain neutre. On nous oppose enfin l’armurier qui fait essayer une arme sur son pas de tir. L’exemple joue contre ses auteurs : l’armurier ne met pas une catégorie B entre les mains d’un client sans avoir contrôlé sa licence, son autorisation et le FINIADA, et s’il le fait tirer, c’est sous sa propre responsabilité. Même la découverte du tir est verrouillée : un non-licencié ne tire en catégorie B qu’en séance d’initiation, arme fournie par le club, contrôle FINIADA préalable, manipulation sous le contrôle direct d’un encadrant mandaté par le président, liste nominative des participants, et deux séances par période de douze mois au maximum (article R312-43-1). Partout des vérifications préalables, un cadre écrit, une responsabilité identifiée ; nulle part une arme qui passe de main en main sur la seule bonne foi.
« De quelles couvertures parlez-vous ? », demande un lecteur. Des deux. Juridique : l’essai de votre arme personnelle ne s’adosse à aucun texte, là où l’arme de club en a un. En responsabilité : en cas d’accident, c’est le propriétaire, gardien de l’arme, qui répond civilement, et pénalement en cas d’imprudence. Qu’aucune condamnation ne soit connue pour un simple essai entre titulaires, nous l’accordons : la tolérance existe au pas de tir. Mais une tolérance n’est pas un droit, et toute la facture arrive le jour où tout va mal : chez le propriétaire.
En règle ne veut pas dire à l’abri
Sur le transport, un lecteur nous oppose l’affaire du Mont Saint-Michel, et nous l’en remercions : elle prouve exactement ce que nous écrivions. Le 30 août 2016, un tireur sportif de 65 ans venu du Loir-et-Cher, en vacances dans la Manche, se présente à l’entrée du Mont et signale spontanément au gendarme le Colt Python 357 Magnum sécurisé dans son sac : hors de question de le laisser dans la voiture, à la merci d’un vol. Le gendarme vérifie l’arme, en réfère à sa hiérarchie et le laisse entrer. L’homme est néanmoins entendu, et l’infraction relevée malgré la licence et l’autorisation de détention présentées sur place : citation pour port d’arme prohibé. Le 9 novembre 2016, dix semaines plus tard, le vacancier, trente-huit ans de tir derrière lui, explique au tribunal correctionnel qu’il pratique sa passion pendant les vacances et ne veut pas laisser son arme sans surveillance. Le ministère public estime le transport légitime et requiert lui-même la relaxe ; le tribunal relaxe. Il aura tout de même fallu une procédure complète pour solder une visite touristique.
Voilà le point que nous maintenons mot pour mot. L’article L317-8 punit le transport « sans motif légitime » de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour une catégorie B, « même s’il en est régulièrement détenteur » : c’est écrit noir sur blanc. La licence de tir vaut titre de transport légitime pour la pratique du sport, dit l’article R315-2 ; mais que le déplacement se rattache ou non à cette pratique, c’est un juge qui l’apprécie, au cas par cas, après coup. S’y ajoute une règle de forme que personne ne conteste : pendant le trajet, l’arme ne doit pas être immédiatement utilisable, par démontage d’un élément ou dispositif équivalent. Nous n’avons jamais écrit qu’un détour était illégal : nous avons écrit qu’il « fragilise » la protection du tireur. Le vacancier du Mont Saint-Michel, relaxé après procès, en est la parfaite illustration : être dans son droit n’a pas empêché la poursuite. Une relaxe est une décision d’espèce, rendue par un tribunal, un jour donné, sur un dossier donné : elle prouve précisément que la question se plaide. Entre plaider sa bonne foi à l’audience et ne jamais avoir à le faire, nous continuerons de recommander la seconde option.
Le coffre se juge après le vol
Sur la conservation, on nous rétorque que rien n’interdit de laisser son coffre ouvert quand on est chez soi en train de ranger. Évidemment. Ce n’était pas notre propos. L’article R314-3 impose de conserver armes et munitions de catégorie B dans des coffres-forts ou armoires fortes « adaptés au type et au nombre de matériels détenus », ou en pièce forte, sans alternative ; et l’article R314-2 impose à tout détenteur de « prendre toute disposition de nature à éviter l’usage de ces armes par un tiers ». Une obligation générale, appréciée au cas par cas, par le juge comme par le préfet. C’est justement parce qu’elle s’apprécie au cas par cas que le rappel valait d’être fait : les neuf armes volées fin août à Lyon l’ont été dans une armoire qui n’était pas verrouillée. Après un cambriolage, les conditions de conservation sont systématiquement examinées, et des autorisations peuvent tomber, dessaisissement des armes à la clé. Le coffre ouvert cinq minutes n’a jamais mené personne au tribunal ; celui resté ouvert pendant les courses expose, lui, jusqu’au retrait des autorisations.
Ce que personne n’a contesté
Un mot, enfin, sur les points de l’article que les commentaires ont laissés intacts, et pour cause : les textes sont sans angle mort. Les quotas de munitions, 1 000 détenues au maximum par arme de catégorie B pour 3 000 acquises par an, s’imposent depuis le 1er janvier 2024 ; le plafond s’entend par arme, pas au global du râtelier, et les éléments de rechargement n’y entrent pas. La cession d’une arme entre particuliers passe obligatoirement par un armurier ou un courtier agréé depuis 2018, contrôle FINIADA et enregistrement SIA compris : le reçu sur papier libre entre amis n’a jamais protégé ni le vendeur ni l’acheteur. Et sans licence validée au 1er décembre, le protocole fédéral est formel : les autorisations de détention deviennent caduques, trois mois pour se dessaisir. Trois des six situations n’ont même pas été discutées : voilà pour l’article prétendument truffé d’approximations.
Pourquoi le débat, alors ?
Parce que le droit des armes ne se lit pas avec les réflexes du droit commun, et c’est le vrai enseignement de cette controverse. « Pas interdit, donc autorisé » vaut partout, sauf dans un régime d’autorisation préalable. Une relaxe prouve qu’un tribunal a tranché, pas que la question ne se posait pas. Une tolérance de pas de tir, aussi ancienne et générale soit-elle, n’est pas un droit opposable. Trois réflexes parfaitement sains ailleurs, et trompeurs ici : voilà pourquoi tant de tireurs, sincèrement et de bonne foi, pensent que nous avons tort. Car le droit des armes s’écrit à trois étages. En bas, les textes : précis, mouvants, moins bavards qu’on ne le croit. Au milieu, le juge, qui remplit les mots ouverts, « motif légitime », « toute disposition », au cas par cas. En haut, les préconisations, fédérales ou préfectorales, souvent plus strictes que le texte et répétées jusqu’à passer pour la loi. La plupart des règles récitées au club-house viennent de l’étage du haut ; la plupart des ennuis se jouent à celui du milieu. Les commentaires restent ouverts, et nous continuerons d’y répondre comme ici : le code à la main. À vos textes.
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37 médailles, et il « voudrait travailler dans la restauration »
À 14 ans, Arsène André Barroso, du Tir sportif châtenoyen, a décroché 37 médailles cette saison, dont trois titres de vice-champion de France et trois titres nationaux par équipe. Il vise les Jeux de 2032. Et plus tard ? Il « voudrait travailler dans la restauration ».
Il a 14 ans, 37 médailles en une saison et un projet professionnel inattendu. Licencié au Tir sportif châtenoyen, à Châtenoy-le-Royal, en Saône-et-Loire, Arsène André Barroso a bouclé la saison 2025-2026 avec 37 médailles, dont 27 en or et 9 en argent, selon le portrait que lui consacre le site Info-Chalon. Au sommet de ce palmarès : trois titres de vice-champion de France et trois titres nationaux par équipe, décrochés en mai au championnat de France des écoles de tir. Toujours selon Info-Chalon, il a aussi été sacré champion de Saône-et-Loire et de Bourgogne au pistolet à 10 m, au pistolet 3/7, au pistolet vitesse à 10 m, à l’arbalète field et au combiné, ainsi qu’en équipe.
Trois fois deuxième, trois fois champion par équipe
Ces titres ont été obtenus à Béziers, du 14 au 17 mai, lors du 40e championnat de France des écoles de tir. Chez les minimes garçons, il termine deuxième de trois épreuves individuelles. Au combiné, qui additionne le pistolet et la carabine à 10 m, il totalise 723,2 points, derrière Ethan Mathieu (731). Au pistolet 3/7, il prend l’argent avec 277 points. À l’arbalète field, il monte encore sur la deuxième marche avec 284 points. Engagé sur six épreuves individuelles, il termine aussi 17e au pistolet à 10 m (345 points), 21e au pistolet vitesse et 61e à la carabine à 10 m.
Avec ses partenaires du club, il fait mieux encore. L’équipe de Châtenoy remporte le titre national au pistolet à 10 m (1 055 points), avec Lili André et Clémence Descombin, au pistolet 3/7 (805 points), où Arsène signe le meilleur score du trio, et à l’arbalète field (848 points), aux côtés de Clémence Descombin et Noé Dautel.
D’un forum associatif aux podiums
Rien ne le destinait pourtant au tir. Selon Info-Chalon, tout a commencé lors d’un forum des associations à Châtenoy : son frère s’intéressait aux échecs, lui a été attiré d’emblée par le stand de tir. Sa mère s’y est d’abord opposée, voyant l’arme avant le sport. Arsène a renouvelé sa demande l’année suivante et a fini par obtenir gain de cause. Il a débuté au club en 2019, encadré à l’école de tir par Yvonne Le Floch et Daniel Guillot.
Les résultats ont suivi. Dès 2022, pour son premier championnat de France, à Montluçon dans la catégorie poussins, il rapporte une médaille de bronze par équipe. Aujourd’hui encore multidisciplinaire, il pratique le pistolet et la carabine à 10 m et l’arbalète, et a commencé à tirer au pistolet à 25 m. Ses préférences vont au pistolet à 10 m et à l’arbalète à 18 m. Selon Info-Chalon, il gère bien le stress de l’entrée sur le pas de tir, la concentration et les objectifs reprenant vite le dessus.
Cap sur 2032
Son potentiel n’a pas échappé à la fédération. Lors du championnat de France des écoles de tir 2025, il a été repéré, avec sa coéquipière Lili André, par la filière accession et détection de la Fédération française de tir. Les places sont rares et il n’a pas été retenu à l’issue des barrages, mais l’objectif reste intact : il espère une sélection pour les Jeux olympiques de 2032, à Brisbane. Sa visite au Centre national de tir sportif de Châteauroux pendant les Jeux de Paris 2024 l’a rendu, selon Info-Chalon, plus déterminé encore.
Info-Chalon le décrit comme calme, discret et fair-play, sans jalousie envers un adversaire plus adroit que lui ce jour-là. Et quand on lui demande ce qu’il veut faire plus tard, le collectionneur de médailles ne parle ni de tir ni de podiums. « Je voudrais travailler dans la restauration », a-t-il simplement répondu au site d’information local. En attendant, il partage son temps entre ses études et le pas de tir.
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Beretta va détenir un quart de Ruger
L’offre publique de Beretta sur l’américain Sturm, Ruger & Co., close le 15 octobre, a été largement sursouscrite. Le groupe italien achètera 2 400 184 actions à 44,80 dollars et doit monter à environ 25 % du capital.
L’offre a fait le plein. Beretta Holding, la maison mère du groupe familial italien, a annoncé le 16 octobre les résultats préliminaires de son offre publique d’achat en numéraire sur l’américain Sturm, Ruger & Co., close la veille à minuit, heure de New York. Les actionnaires de Ruger ont apporté bien plus de titres que Beretta n’en demandait : le groupe italien achètera donc le maximum prévu, 2 400 184 actions à 44,80 dollars, ce qui doit porter sa participation à environ 25 % du capital de Ruger.
Une offre sursouscrite
Selon le décompte préliminaire du dépositaire, 3 589 647 actions ont été valablement apportées à l’offre, auxquelles s’ajoutent 2 652 256 actions promises selon la procédure de livraison garantie, qui laisse un jour de bourse pour les remettre. Face à cette demande, Beretta doit réduire proportionnellement le nombre de titres achetés à chaque actionnaire : selon son estimation, environ 38,45 % des actions apportées par chacun seront effectivement achetées. Ce taux reste à confirmer : le taux définitif sera annoncé à l’issue du délai de livraison garantie et des vérifications du dépositaire. Le paiement des actions retenues et la restitution des autres interviendront ensuite.
Au prix de 44,80 dollars l’action, l’opération représente un investissement d’environ 107 millions de dollars. Avant l’offre, Beretta détenait déjà environ 9,9 % de Ruger, soit 1 587 000 actions. Les titres acquis représentent un peu plus de 15 % du capital, d’où une participation finale proche du quart.
« Une étape importante »
« Cet investissement représente une étape importante pour Beretta Holding », a commenté Pietro Gussalli Beretta, président-directeur général du groupe. « Il marque notre première participation dans une société cotée et ouvre un nouveau chapitre de notre développement en tant qu’investisseur de long terme sur les marchés de capitaux américains. Notre coopération avec Ruger renforce notre position aux États-Unis, notre premier marché, tout en créant de nouvelles occasions de développer la présence de Ruger à l’international. »
Un rapprochement encadré
L’opération est l’aboutissement d’un rapprochement entamé dans la tension. En février, Beretta avait notifié son intention de présenter ses propres candidats au conseil d’administration de Ruger. Le 2 mai, les deux groupes ont finalement signé un accord de coopération : Beretta a renoncé à cette offensive, en échange du droit de proposer jusqu’à deux administrateurs et d’un plafond de détention fixé à 25 %. Le comité américain chargé de contrôler les investissements étrangers a donné son feu vert le 12 mai.
Le 16 septembre, la Federal Trade Commission, l’autorité américaine de la concurrence, a encore encadré le dispositif. Beretta et Ruger étant concurrents, la loi antitrust interdit à un même groupe de siéger aux conseils de sociétés rivales. Beretta ne pourra donc désigner au conseil de Ruger que des personnalités indépendantes de lui, et devra prévenir la FTC quinze jours avant toute nomination. Lancée le 17 septembre, l’offre avait ensuite reçu, le 28 septembre, l’avis du conseil de Ruger : celui-ci avait choisi de rester neutre, sans recommander à ses actionnaires de l’accepter ou de la refuser, et sans se prononcer sur le caractère équitable du prix proposé.
Un groupe familial de cinq siècles
Pour Beretta, qui a célébré ses 500 ans le 3 octobre, l’opération s’ajoute à un portefeuille de marques déjà fourni, de Benelli à Franchi en passant par Sako. Ruger, connu notamment pour sa carabine 10/22, son revolver GP100 et sa gamme American, reste coté à la Bourse de New York, et Beretta y demeure un actionnaire minoritaire, plafonné à 25 %. Le taux définitif, attendu dans les prochains jours, fixera la répartition exacte des actions achetées entre les actionnaires.
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Le Caire : cinq médailles pour la France
À la Coupe du monde ISSF carabine et pistolet du Caire, la France a décroché cinq médailles, dont deux en or : Camille Jedrzejewski et Theo Moczko au pistolet 10 m mixte, puis Lucas Kryzs à la carabine 50 m trois positions, au dernier tir.
Cinq médailles, dont deux en or. À la Coupe du monde ISSF carabine et pistolet du Caire, en Égypte, la France est montée cinq fois sur le podium : l’or au pistolet à 10 m par équipe mixte pour Camille Jedrzejewski et Theo Moczko samedi 10 octobre, l’argent d’Héloïse Fourré au pistolet à 25 m dames et le bronze de Dimitri Dutendas à la carabine à 10 m hommes lundi 12 octobre, le bronze de Camille Jedrzejewski au pistolet à 10 m dames mercredi 14 octobre, puis l’or de Lucas Kryzs à la carabine à 50 m trois positions jeudi 15 octobre.
L’or d’un demi-point
Le titre français s’est joué sur un fil. En finale du pistolet à 10 m mixte, Camille Jedrzejewski et Theo Moczko ont totalisé 479,5 points, contre 479,0 au duo letton Agate Rasmane et Emils Vasermanis. Les Ukrainiens Olena Kostevych et Pavlo Korostylov ont pris le bronze (413,4), devant les Britanniques Charlotte Hicks et James Miller (351,9).
La victoire est d’autant plus belle que les Français n’avaient décroché que la quatrième et dernière place qualificative, avec 578 points, loin de la Lettonie (582), de l’Ukraine (580) et de la Grande-Bretagne (579). Selon le compte rendu de la fédération internationale, la finale, disputée selon un format à éliminations, a vu le leader changer à plusieurs reprises avant que les Tricolores ne fassent la différence.
Arrivée aux Jeux de Paris 2024 en championne d’Europe, Camille Jedrzejewski y avait décroché la médaille d’argent du pistolet à 25 m, le 3 août, au Centre national de tir sportif de Châteauroux. D’après la fédération internationale, elle n’avait gagné, avant Le Caire, qu’une médaille cette saison sur le circuit, le bronze à la Coupe du monde de Grenade.
Héloïse Fourré battue d’une touche
Lundi, c’est au pistolet à 25 m que la France est revenue sur le podium. Qualifiée pour la finale avec 582 points, à égalité avec la Bulgare Miroslava Mincheva et l’Ukrainienne Olena Kostevych, Héloïse Fourré a livré un duel serré à la Singapourienne Teh Xiu Yi. Les deux tireuses se sont rendu coup pour coup au fil des étapes d’élimination, jusqu’au verdict : 38 touches pour Teh, 37 pour la Française. Miroslava Mincheva complète le podium avec 32 touches, devant l’Indienne Rhythm Sangwan, pourtant première de la qualification avec 587 points.
Dimitri Dutendas sur le podium à la carabine
Le même jour, Dimitri Dutendas a apporté la troisième médaille française, à la carabine à 10 m. Deuxième de la qualification avec 632,5 points, juste derrière le Hongrois Istvan Marton Peni (634,1), il a terminé la finale à la troisième place avec 229,9 points. Le titre s’est joué entre le Tchèque Jiri Privratsky, vainqueur avec 251,3 points, et le Suédois Marcus Madsen, deuxième à 1,1 point. Signe de la densité du plateau, Privratsky ne s’était qualifié qu’en septième position, tandis que Peni, premier de la qualification, a dû se contenter de la quatrième place en finale avec 209,1 points.
Le bronze en individuel pour Jedrzejewski
Mercredi 14 octobre, Camille Jedrzejewski est remontée sur le podium, en individuel cette fois, au pistolet à 10 m. Qualifiée pour la finale avec 577 points, elle a pris la médaille de bronze avec 219,3 points, derrière l’Arménienne Elmira Karapetyan, victorieuse avec 242,4 points, et la Bulgare Miroslava Mincheva (240,2). La finale a été marquée à mi-parcours par un barrage à trois, qui a éliminé la Bulgare Antoaneta Kostadinova.
L’or au dernier tir pour Lucas Kryzs
Le deuxième titre français est tombé jeudi, à la carabine à 50 m trois positions, et il s’est joué au tout dernier tir. Deuxième de la qualification avec 592 points, Lucas Kryzs a abordé la position debout avec 207,4 points (102,0 à genou, 105,4 couché), derrière le Norvégien Jon-Hermann Hegg (209,2). À une série de la fin, le Français était encore devancé, 350,0 contre 350,6. Il a alors signé un 10,1, quand Hegg ne réussissait que 9,0 : 360,1 points contre 359,6, l’or pour un demi-point. Le Tchèque Jiri Privratsky, déjà vainqueur à la carabine à 10 m, prend le bronze avec 348,6 points.
Prochaine étape : Doha
Organisée du 8 au 16 octobre, cette étape de Coupe du monde a réuni 385 tireurs de 51 pays. Mardi 13 octobre, Agathe Girard s’est qualifiée troisième de la carabine à 50 m trois positions avec 590 points, avant de terminer septième de la finale (307,2). Le lendemain, au pistolet vitesse à 25 m, le champion olympique de Tokyo Jean Quiquampoix, deuxième de la qualification avec 583 points, a pris la cinquième place d’une finale remportée par l’Allemand Oliver Geis, à la tête d’un triplé allemand. Jeudi, Océanne Muller, troisième de la qualification de la carabine à 10 m dames avec 634,4 points, a terminé sixième de la finale. Le circuit se conclura par une finale de la Coupe du monde à Rome, réservée aux meilleurs tireurs de la saison.
Ces résultats interviennent à quelques semaines des championnats du monde de Doha, au Qatar. Les Mondiaux ouvriront la course aux Jeux de Los Angeles 2028 : 36 quotas olympiques y seront distribués dans les douze épreuves individuelles, du 3 au 12 novembre. Les tireurs de carabine à 10 m joueront les leurs dès le 3 novembre, les pistoliers à 10 m le 5, et les spécialistes du pistolet à 25 m dames le 10.
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