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Carabines

Citadel Levtac, bientôt en France !

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Avec ce modèle très stylisé, la marque Citadel se démarque encore une fois dans le petit monde des carabines à levier sous-garde. Cette Levtac est directement dérivée de la Rossi 92 dont la mécanique est fabriquée également par le groupe armurier CBC aux États-Unis. Citadel appartient à Legacy Sports International basé dans le Nevada.
La Levtac sera importée par Colombi Sport et son réseau de distributeurs et armuriers en calibre .44 Mag. Sachez qu’elle existe également dans d’autres calibres aux USA comme le .357 Mag, le .410, le .454 Casull et le .45 Long Colt. Bref, une carabine pour le tir récréatif, mais avec un look incomparable.

Outre son levier sous-garde rond type Loop Lever et sa crosse arrière en matériaux synthétiques, elle est proposée avec un garde-main type AR15 doté des inserts M-Lok. On retrouve également un gros rail picatinny placé en avant du boitier de culasse et de la fenêtre d’éjection qui se trouve sur le dessus. Elle ne pourra recevoir que des lunettes type battue ou, mieux encore, un point rouge qui permettra des prises de visée ultra rapides. De base, elle dispose d’une hausse œilleton réglable et d’un guidon. Autre détail original sur un profil de ce type, les premiers modèles arriveront début mars avec un canon fileté pour recevoir un modérateur de son au pas de .578×28 UNEF, en attendant peut-être de les recevoir en France au pas de 1/2×28.

Côté technique, la Levtac dispose d’un canon de 18’’ (45 cm) et d’un magasin tubulaire pouvant contenir jusqu’à 8 cartouches en .357 Mag plus une dans la chambre. Notez qu’avec une cartouche chambrée, le chien extérieur dispose d’une sécurité de percussion en cas de chute.
Cette carabine ludique et étonnante sera proposée aux environs de 1 150 € en prix public conseillé.

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Le jour où Kalachnikov a tiré au M16

En mai 1990, les pères de l’AK-47 et de l’AR-15 se rencontraient pour la première fois, invités par le Smithsonian. Récit d’un sommet Est-Ouest au pas de tir.

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Patrick H

Un matin de mai 1990, sur un stand de tir de Virginie, un homme de 70 ans épaule un M16 sous l’œil de son concepteur ; un Californien de 67 ans lui rend la politesse avec un AK-47. Mikhaïl Kalachnikov et Eugene Stoner, pères des deux fusils les plus répandus de la planète, viennent de se rencontrer pour la première fois de leur vie. La guerre froide s’achève à peine, et ce sommet Est-Ouest que personne n’avait songé à organiser, un musée l’a rendu possible.

Deux carrières en miroir

Tout oppose les deux hommes, sauf l’essentiel. Mikhaïl Kalachnikov, né en 1919 dans une famille paysanne de Sibérie, est sergent de chars quand il est grièvement blessé près de Briansk, en octobre 1941. C’est sur son lit d’hôpital qu’il commence à griffonner des mécanismes d’armes automatiques. Son fusil d’assaut est adopté par l’Armée rouge en 1947 : l’AK-47 était né, et son auteur passera toute sa carrière dans les usines d’Ijevsk, dans l’Oural.

Eugene Stoner, né en 1922, a servi dans l’aviation des Marines dans le Pacifique, où il s’occupait de l’armement des appareils. Ingénieur sans diplôme d’ingénieur, il rejoint dans les années 1950 la petite société californienne ArmaLite, où il dessine l’AR-10 puis l’AR-15, qui deviendra le M16 de l’armée américaine dans les années 1960. Ni l’un ni l’autre n’est passé par une grande école : deux autodidactes, formés par la guerre et l’atelier, qui ont chacun armé la moitié du monde.

Le pari d’un conservateur de musée

L’artisan de la rencontre s’appelle Edward Ezell. Historien des armes légères, auteur de « The AK47 Story », il est alors conservateur de la collection nationale d’armes à feu au National Museum of American History de Washington. Ce musée appartient à la Smithsonian Institution, le plus grand complexe muséal et de recherche du monde : fondée en 1846 grâce au legs du chimiste britannique James Smithson, l’institution fédère une vingtaine de musées nationaux américains, du musée de l’Air et de l’Espace au Muséum d’histoire naturelle. Autant dire que l’invitation n’a rien d’une lubie de collectionneur : c’est la mémoire officielle des États-Unis qui convie le père de l’AK-47. Le projet d’Ezell : constituer une histoire orale filmée des grands concepteurs d’armes du 20e siècle, en commençant par les deux plus célèbres, ensemble et face caméra. La perestroïka aidant, l’invitation transmise à Moscou finit par aboutir.

Le 15 mai 1990, Mikhaïl Kalachnikov atterrit à l’aéroport de Washington-Dulles. Eugene Stoner est venu l’accueillir en personne. Poignée de main, sourires, interprètes : aucun des deux ne parle la langue de l’autre, et cela n’aura aucune importance. Comme le raconteront les témoins de la visite, les deux ingénieurs se comprenaient par gestes, un mécanisme entre les mains.

Deux philosophies au pas de tir

Le clou du séjour se joue sur un stand de tir de Virginie, caméras du Smithsonian en batterie. Les deux hommes comparent leurs fusils, les démontent, échangent leurs impressions, puis tirent chacun avec l’arme de l’autre. Les images existent toujours : le musée américain a mis en ligne ces séquences d’archives, où l’on voit le Russe en costume aligner les impacts au M16 pendant que Stoner détaille l’AK avec un respect évident.

La séance résume un demi-siècle de doctrine. D’un côté, l’AK-47 : acier, bois, tolérances généreuses, une mécanique conçue pour fonctionner pleine de boue entre les mains d’un conscrit. De l’autre, l’AR-15 : aluminium et matériaux synthétiques, précision, ergonomie, la confiance américaine dans la technologie. Deux réponses opposées à la même question posée par la Seconde Guerre mondiale, celle du fusil d’assaut universel.

L’estime des vieux rivaux

La rencontre de 1990 n’est pas restée sans lendemain. La même année, Stoner rejoint Knight’s Armament Company, où il conçoit le fusil de précision SR-25, toujours dérivé de son architecture AR. Les deux hommes se recroiseront publiquement, notamment au SHOT Show, le grand salon américain de l’arme, sur le stand de Knight’s : photos côte à côte, poignées de main devant les objectifs, et une complicité que ni l’un ni l’autre ne cherchait à jouer.

Une différence, pourtant, que toute la presse de l’époque a relevée : les royalties de ses brevets ont fait de Stoner un homme riche, quand Kalachnikov, fonctionnaire soviétique, répétait n’avoir jamais vécu que de son salaire et de ses décorations. Aucune amertume publique chez le Russe, qui préférait plaisanter sur le sujet. Eugene Stoner s’est éteint en avril 1997, Mikhaïl Kalachnikov en décembre 2013, à 94 ans, national jusqu’au bout dans son Oural natal.

Les fusils continuent la conversation

Trente-cinq ans plus tard, leurs créations se font toujours face, des arsenaux aux prétoires : l’AR-15 est au cœur des batailles judiciaires américaines, la kalachnikov s’invite jusque dans les faits divers français. Les deux concepteurs, eux, avaient réglé la rivalité en une poignée de main sur un tarmac de Washington : les meilleurs ennemis du 20e siècle s’entendaient, en fin de compte, remarquablement bien.

 

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Rock Island : trois jours d’armes de légende au Texas

Du 21 au 23 août, Rock Island Auction disperse au Texas un Winchester 1 of 1000, le fusil de Bonnie and Clyde et un 1911 forgé dans une météorite. Tour d’horizon des pièces phares avant le coup de marteau.

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Yoan Duvel
Winchester Model 1873 One of One Thousand a carcasse jaspee

Trois jours, des centaines d’armes de légende et quelques pièces qui n’existent nulle part ailleurs. Du 21 au 23 août 2026, la maison Rock Island Auction Company tient à Bedford, au Texas, sa grande vente Premier trimestrielle. Le catalogue court des platines à silex du 17e siècle aux fusils de précision les plus récents, en passant par les armes de la guerre de Sécession et des deux guerres mondiales. Voici les vedettes qui vont faire grimper les enchères.

Un Winchester « 1 of 1000 », le graal des collectionneurs

La pièce reine parmi les armes à levier est un Winchester Model 1873 « One of One Thousand » de premier type, orné de bandes d’argent et d’une gravure d’usine. Derrière ce nom se cache l’une des plus belles trouvailles commerciales du 19e siècle. À partir de 1875, Winchester testait ses carabines en sortie de production et réservait la mention « One of One Thousand » aux canons jugés les plus précis. Seule une infime partie des Model 1873 a décroché cette distinction, ce qui en fait aujourd’hui des raretés absolues.

Le mythe a dépassé le cercle des collectionneurs en 1950, quand Hollywood en a tiré le western « Winchester 73 » d’Anthony Mann, avec James Stewart lancé à la poursuite d’un fusil « 1 of 1000 » volé. L’exemplaire proposé en août est estimé entre 450 000 et 700 000 dollars.

Le fusil de Bonnie and Clyde

Browning Auto-5 Whippet de Clyde Barrow
Photo : Rock Island Auction

Rock Island le présente comme le fusil le plus célèbre de l’histoire américaine. C’est un Browning Auto-5 de calibre 16 que Clyde Barrow avait fait raccourcir au canon et à la crosse, une version compacte surnommée « Whippet » qu’il dissimulait sous ses vêtements. L’arme a été récupérée dans la voiture criblée de balles après l’embuscade du 23 mai 1934, en Louisiane, qui coûta la vie à Barrow et à Bonnie Parker. Le hors-la-loi l’aurait portée près de deux ans. Estimation : 375 000 à 650 000 dollars.

Un 1911 forgé dans une météorite

Pistolet 1911 Bligh The Meteorite en fer meteoritique
Photo : Rock Island Auction

Changement d’univers avec une exclusivité Rock Island : « The Meteorite » de Bligh Guns, un Model 1911 numéroté M001 dont la carcasse, la glissière et les plaquettes ont été taillées dans du fer météoritique Muonionalusta, vieux de quatre milliards d’années et tombé dans le nord de la Scandinavie. Ce métal, très difficile à usiner, donne à l’arme un aspect de glace fracturée signé par les fameuses figures de Widmanstätten. Comptez de 60 000 à 90 000 dollars pour ce mariage improbable de la balistique et de l’astronomie.

Colts historiques et arsenal du 20e siècle

Colt Single Action Army Sheriffs Model nickele
Photo : Rock Island Auction

Côté Colt, la vedette est une paire en coffret de revolvers Model 1860 Army offerte au général Henry M. Naglee. Suivent plusieurs Single Action Army gravés par les maîtres L. D. Nimschke, Cuno Helfricht et Wilbur Glahn, ainsi qu’un rare « Sheriff’s Model » nickelé au canon court de 10 cm (4 pouces), documenté par sa lettre d’usine et estimé de 80 000 à 150 000 dollars.

Les amateurs d’armes du 20e siècle ne sont pas oubliés. Le catalogue aligne une mitrailleuse MG42, un fusil d’assaut MP43 Sturmgewehr, une mitraillette MP40 et des Thompson, mais aussi des pièces de précision très recherchées : un Barrett M82A1 issu du corps des Marines pendant la guerre du Golfe, un très rare Walther WA 2000, un Dragunov SVD et un SR-25 de Knight’s Armament. La gravure d’art est également à l’honneur, avec une paire d’armes superposées Holland and Holland signée du Belge Philippe Grifnée, estimée de 275 000 à 450 000 dollars.

Reste la pièce qui domine toute la vente, déjà présentée dans nos colonnes : un authentique char Panzer IV Ausf. H de 1943, estimé jusqu’à 2,4 millions de dollars, l’un des rares exemplaires encore existants et le seul proposé publiquement aux États-Unis.

La journée d’exposition est fixée au 20 août à Bedford, avant trois jours d’enchères du 21 au 23. De quoi occuper les collectionneurs, et rappeler qu’une belle arme ancienne reste autant un morceau d’histoire qu’un placement.

 

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Le fusil le plus cher du monde vendu 5,9 millions de dollars

Le 27 juin 2026, le fusil Henry numéro 1, offert au secrétaire à la Guerre de Lincoln, a été adjugé 5,875 millions de dollars : un record mondial pour un fusil aux enchères. Retour sur une arme hors norme.

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Patrick H
Fusil Henry a levier de sous-garde, modele 1860, cadre en laiton

Un fusil ancien, une gravure discrète et un simple numéro frappé sur le canon : 1.

Le 27 juin 2026, cette arme a été adjugée aux États-Unis pour 5,875 millions de dollars, établissant un nouveau record mondial pour un fusil vendu aux enchères. Son estimation initiale était pourtant comprise entre 1,6 et 3,5 millions de dollars.

À première vue, ce Henry à levier de sous-garde ressemble à une très belle arme du XIXᵉ siècle. Mais pour les collectionneurs, il représente bien davantage : il serait à la fois le premier Henry de production, l’ancêtre direct des Winchester et l’une des dernières armes encore accessibles liées au gouvernement d’Abraham Lincoln.

Cinq millions de dollars, avant les frais

La vente s’est déroulée à Bedford, au Texas, lors de « The American Sale », une vente organisée par Rock Island Auction Company pour célébrer les 250 ans des États-Unis.

Les enchères ont atteint 5 millions de dollars au marteau. Une fois les frais ajoutés, le prix réellement payé s’est élevé à 5,875 millions de dollars, soit bien au-delà du précédent record mondial pour un fusil vendu aux enchères.

Ce montant égale également le prix au marteau atteint par le Colt Single Action Army associé à la mort de Billy the Kid, présenté par la maison de ventes comme l’une des armes les plus chères de l’histoire.

Mais pourquoi un collectionneur a-t-il accepté de dépenser une telle somme pour ce fusil ?

Le numéro de série qui change tout

Le premier élément se trouve sur le canon, juste devant la culasse : le chiffre 1.

Il ne s’agit pas d’un numéro symbolique ajouté ultérieurement. Selon Rock Island Auction Company, cette arme est le premier exemplaire de production du fusil Henry, l’une des premières armes à répétition réellement efficaces utilisant une cartouche métallique autonome.

Dans le monde de la collection, le numéro de série 1 d’un modèle important possède déjà une valeur considérable. Ici, ce numéro marque en plus le commencement d’une lignée qui donnera naissance à quelques-unes des armes américaines les plus célèbres.

Le système avait été développé par Benjamin Tyler Henry, dont le brevet fut accordé le 16 octobre 1860. L’arme utilisait une cartouche métallique à percussion annulaire de calibre .44, nettement plus fiable et performante que les précédentes munitions du système Volcanic.

Environ 14 000 fusils Henry furent fabriqués entre 1860 et 1866 par la New Haven Arms Company. Le Henry est aujourd’hui considéré comme le premier fusil à répétition à levier véritablement pratique et comme le prédécesseur direct des Winchester.

Le premier Winchester, avant même la naissance de Winchester

À l’époque de sa fabrication, la Winchester Repeating Arms Company n’existait pas encore sous ce nom.

L’entrepreneur Oliver Winchester avait pris le contrôle de la Volcanic Repeating Arms Company, avant de la réorganiser sous le nom de New Haven Arms Company. C’est cette société qui développa et produisit le Henry.

En 1866, l’entreprise devint officiellement la Winchester Repeating Arms Company. Le mécanisme du Henry fut alors amélioré pour donner naissance au Winchester Model 1866, puis aux célèbres modèles 1873, 1876, 1886, 1892 et 1894.

La numérotation n’ayant pas été recommencée lors de cette évolution, certains collectionneurs considèrent aujourd’hui le Henry numéro 1 comme le tout premier Winchester de l’histoire, même si le nom Winchester ne figurait pas encore sur l’arme.

Ce fusil ne représente donc pas seulement le début d’un modèle. Il matérialise la naissance d’une dynastie industrielle devenue indissociable de la conquête de l’Ouest et de la culture américaine.

Une arme offerte au bras droit d’Abraham Lincoln

Son numéro de série ne suffit cependant pas à expliquer les 5,9 millions de dollars.

Cette arme avait été spécialement préparée pour Edwin M. Stanton, secrétaire à la Guerre d’Abraham Lincoln durant la guerre de Sécession. Stanton supervisait une grande partie de l’effort militaire de l’Union et occupait une position centrale dans les décisions concernant l’équipement des forces armées.

À cette époque, les fabricants offraient régulièrement des armes richement décorées aux personnalités susceptibles de favoriser l’obtention de contrats publics.

La New Haven Arms Company cherchait justement à convaincre le gouvernement d’adopter son nouveau fusil à répétition. Plusieurs exemplaires de prestige furent donc remis à des membres particulièrement influents de l’administration.

Trois d’entre eux sont aujourd’hui surnommés les « Lincoln Cabinet guns » :

  • le numéro 1, offert à Edwin Stanton ;
  • le numéro 6, offert au président Abraham Lincoln ;
  • le numéro 9, offert au secrétaire à la Marine Gideon Welles.

Le fusil de Lincoln est aujourd’hui conservé au Smithsonian National Museum of American History. Celui de Gideon Welles appartient à l’Autry Museum of the American West. Le numéro 1 de Stanton était donc le seul des trois encore disponible sur le marché privé.

Un fusil conçu comme un cadeau d’État

Le Henry de Stanton n’est pas une arme militaire ordinaire sortie directement d’une caisse.

Son boîtier et sa plaque de couche en laiton argenté sont recouverts de fines gravures végétales réalisées en usine par Samuel J. Hoggson. Sur le côté gauche apparaît l’inscription :

« EDWIN M. STANTON / Secretary of War »

Le fusil possède également une crosse en palissandre verni, un canon octogonal et plusieurs caractéristiques propres aux tout premiers exemplaires produits.

Son état de conservation a fortement participé à sa valeur. L’arme ne possède pas seulement une histoire exceptionnelle : elle conserve encore les éléments permettant de l’identifier comme une pièce de présentation officielle fabriquée aux débuts du Henry.

Retrouvé chez les descendants de Stanton

Le fusil serait resté dans la famille d’Edwin Stanton pendant plus d’un siècle.

Il fut redécouvert à la fin des années 1960 par le marchand et collectionneur Arnold « Big » Marcus Chernoff, qui l’obtint auprès des descendants de Stanton. Il fut ensuite étudié, exposé et présenté dans plusieurs ouvrages spécialisés consacrés aux Winchester et aux armes gravées.

Cette provenance continue est essentielle. Dans le domaine des armes historiques, une histoire spectaculaire ne suffit pas : il faut encore pouvoir démontrer que l’objet est bien celui qu’il prétend être.

Dans le cas du Henry numéro 1, le numéro de série, l’inscription, les caractéristiques de fabrication, l’historique familial et les nombreuses publications consacrées à l’arme forment un ensemble particulièrement difficile à reproduire.

Ce que l’acheteur a réellement payé

Le nouveau propriétaire n’a donc pas simplement acheté un fusil ancien capable de tirer une cartouche de calibre .44.

Il a acheté simultanément :

  • le premier exemplaire de production d’une arme révolutionnaire ;
  • l’origine de la lignée des Winchester à levier ;
  • une pièce liée au gouvernement d’Abraham Lincoln ;
  • le seul « Lincoln Cabinet gun » encore disponible pour les collectionneurs ;
  • une arme gravée et personnalisée pour le secrétaire à la Guerre ;
  • un objet resté dans un état de conservation exceptionnel.

Chacun de ces éléments aurait déjà pu rendre une arme très recherchée. Leur réunion dans un seul et même objet explique pourquoi les enchères ont largement dépassé l’estimation comprise entre 1,6 et 3,5 millions de dollars.

À 5,875 millions de dollars, ce Henry devient officiellement le fusil le plus cher jamais vendu aux enchères.

Une somme vertigineuse pour une arme vieille de plus de 160 ans, mais surtout pour un simple chiffre frappé dans l’acier : le numéro 1.

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