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Un Panzer IV de 1943 va être vendu aux enchères (est. 2,4M$)
Le 21 août 2026, Rock Island Auction met aux enchères un authentique Panzer IV Ausf. H de 1943, estimé jusqu’à 2,4 millions de dollars. Capturé par les Soviétiques puis par Israël, c’est l’un des deux seuls connus aux États-Unis.
Ce n’est ni une réplique, ni un véhicule fabriqué pour le cinéma. Le 21 août 2026, à Bedford, au Texas, Rock Island Auction Company mettra aux enchères un authentique Panzerkampfwagen IV Ausf. H construit en 1943.
Son estimation est spectaculaire : entre 1,5 et 2,4 millions de dollars. Mais ce qui rend ce char réellement exceptionnel, c’est son histoire. Construit pour l’armée allemande, capturé par les Soviétiques, utilisé ensuite par la Tchécoslovaquie, vendu à la Syrie puis capturé une seconde fois par Israël, il a traversé plusieurs décennies de conflits avant de rejoindre les États-Unis.
Un Panzer IV construit en pleine Seconde Guerre mondiale
Le char porte le numéro de châssis 85575. Selon Rock Island Auction Company, il a été assemblé entre juillet et août 1943 dans l’usine Nibelungenwerk.
Il s’agit d’un Panzer IV Ausf. H, l’une des versions les plus abouties du célèbre char moyen allemand. Un peu plus de 2 300 exemplaires de cette variante auraient été produits entre juin 1943 et février 1944. Au total, environ 8 500 Panzer IV, toutes versions confondues, furent fabriqués avant la fin de la guerre.
Le Panzer IV avait initialement été conçu comme char d’appui à l’infanterie. Mais l’évolution rapide des combats blindés força les Allemands à l’équiper d’un armement de plus en plus puissant, jusqu’à en faire l’un des principaux chars de bataille de la Wehrmacht.
25 tonnes, un V12 de 300 chevaux et un canon de 75 mm
Le modèle vendu mesure environ 7 mètres de long, canon compris, pour 2,87 mètres de large et environ 2,67 mètres de haut. Son poids approche les 25 tonnes.
Sous le blindage se trouve un moteur essence Maybach HL 120 TRM, un V12 de 11,867 litres développant environ 300 chevaux. De quoi propulser l’engin à près de 42 km/h, pour une autonomie d’environ 190 kilomètres.
Son armement principal est un canon de 75 mm KwK 40 L/48, capable à l’époque de combattre des blindés adverses bien plus efficacement que les premiers Panzer IV équipés d’un canon court. Le canon de l’exemplaire vendu est aujourd’hui neutralisé.
Capturé par l’Armée rouge
Selon la provenance fournie avec le véhicule, ce Panzer IV a été capturé aux forces allemandes par l’armée soviétique sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale.
Contrairement à la majorité des blindés allemands détruits, abandonnés ou ferraillés après le conflit, celui-ci a survécu.
Après la guerre, il aurait été reconstruit dans l’usine ČKD Praha, puis transféré en 1949 au 1er régiment de chars tchécoslovaque.
Son parcours aurait déjà été remarquable s’il s’était arrêté là. Mais le même char allait encore connaître un autre conflit.
Vendu à la Syrie dans les années 1950
Dans les années 1950, le Panzer IV est acheté par la Syrie, qui renforce alors ses forces blindées avec des véhicules provenant de plusieurs pays européens.
Le char conserve d’ailleurs des modifications d’époque, dont un anneau installé autour de la tourelle pour recevoir une mitrailleuse antiaérienne soviétique DShK (non fournie avec le véhicule).
Puis arrive juin 1967 et la guerre des Six Jours.
Le Panzer IV est déployé du côté syrien avant d’être capturé par les forces israéliennes sur le plateau du Golan. Rock Island indique que les combats de 1967 constituent le dernier engagement connu de Panzer IV au combat.
Autrement dit, un char construit en Allemagne en 1943 combattait encore près de 24 ans plus tard au Moyen-Orient.
Utilisé ensuite par Israël
Après sa capture, le véhicule aurait servi comme char d’entraînement au sein de l’armée israélienne, avant d’intégrer le musée des blindés de Latrun.
En 1993, il est acquis par le collectionneur américain William Gasser et importé aux États-Unis. Il rejoint alors l’American Armoured Foundation Tank Museum de Danville, en Virginie, où il restera exposé et conservé à l’intérieur pendant plusieurs décennies.
Plus de 80 ans après sa fabrication, il va désormais changer une nouvelle fois de propriétaire.
L’un des deux seuls Panzer IV connus aux États-Unis
C’est probablement le détail qui explique le niveau de son estimation.
Selon Rock Island Auction Company, seuls deux Panzer IV sont actuellement connus aux États-Unis. Le second, également un Ausf. H, appartient au Flying Heritage & Combat Armor Museum, à Everett, dans l’État de Washington.
Le char vendu le 21 août serait donc le seul Panzer IV actuellement connu aux États-Unis disponible à l’achat par le public. Pour un collectionneur de véhicules militaires, l’occasion est particulièrement rare.
Peut-il encore rouler ?
Il faut ici être prudent.
Rock Island indique que le véhicule présente un état de conservation remarquable pour un char de cette époque et que la tourelle peut toujours être manœuvrée à la main.
En revanche, le moteur et les autres systèmes mécaniques n’ont pas été testés. Il est donc impossible d’affirmer que le Panzer peut actuellement démarrer et rouler sans remise en état.
Le char conserve néanmoins de nombreux éléments intérieurs : instruments, optiques et une partie de l’équipement radio. Plusieurs accessoires sont également fournis séparément, dont des maillons de chenille, deux radios, un carburateur Solex, une roue, une génératrice, des outils et une trousse de secours d’époque.
Jusqu’à 2,4 millions de dollars
Le Panzer IV sera proposé comme lot n°275, le 21 août 2026 à Bedford, au Texas. Son estimation officielle est comprise entre 1 500 000 et 2 400 000 dollars. Une somme considérable pour un véhicule de plus de 80 ans.
Mais son futur propriétaire n’achètera pas simplement un vieux char allemand. Il achètera un véhicule construit en pleine Seconde Guerre mondiale, capturé par l’URSS, passé par l’armée tchécoslovaque, vendu à la Syrie, capturé une deuxième fois par Israël puis conservé pendant plusieurs décennies aux États-Unis.
Un morceau de 25 tonnes d’histoire militaire, et l’un des très rares Panzer IV qu’un particulier puisse encore espérer acquérir.
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Tir Expo : Cibles au rendez-vous ce week-end
Samedi 3 et dimanche 4 octobre, le premier salon français du tir sportif ouvre ses portes au CNTS de Châteauroux-Déols, et Cibles vous y attend sur le stand A11. Essais d’armes, initiations, GIGN, accréditation catégorie B : tout ce qu’il faut savoir avant d’y aller.
C’est ce week-end. Samedi 3 et dimanche 4 octobre, Tir Expo, le premier salon français entièrement consacré au tir sportif, ouvre ses portes au Centre national de tir sportif (CNTS) de Déols, aux portes de Châteauroux, sur le site qui a accueilli les épreuves de tir des Jeux de Paris 2024. Et Cibles sera de la partie : venez nous rencontrer sur le stand A11.
Annoncé dès 2025 puis reporté d’un an, le salon organisé par les Éditions Larivière promet une centaine de stands et plus de 500 marques. Les organisateurs attendent près de 25 000 visiteurs pour cette première édition.
Essayer avant d’acheter
C’est la vraie nouveauté pour le tireur français, habitué à commander sur catalogue : à Tir Expo, on essaie. En extérieur, jusqu’à 15 alvéoles de tir sont mises à la disposition des marques et des exposants pour faire tirer leurs nouveautés, armes de poing comme armes d’épaule, sous la supervision de la Fédération française de tir et d’un expert de chaque marque. La zone d’essais est ouverte de 9 h à 18 h, mais elle est réservée aux détenteurs d’une autorisation de catégorie B dûment accrédités. Les amateurs de précision à longue distance pourront, eux, essayer carabines et optiques sur une zone de tir à 200 m, ouverte à tous, avec des experts des marques sur place.
Accréditation catégorie B : ce qui a changé
Attention, la procédure a changé. Les visiteurs ne peuvent plus demander leur accréditation catégorie B en ligne : elle se fait désormais uniquement sur place, au bureau d’accréditation installé à l’entrée du salon. Il faudra y présenter :
- une pièce d’identité en cours de validité (carte d’identité, passeport ou permis de conduire) ;
- sa licence FFTir de la saison 2026-2027 ;
- son autorisation de détention de catégorie B en cours de validité, imprimée depuis son compte SIA ;
- son numéro SIA.
Pas de licence renouvelée, pas d’accréditation : le salon exige la licence valable à la date de l’événement. L’accréditation ne remplace pas non plus le billet d’entrée. Les visiteurs non accrédités peuvent circuler dans toutes les zones d’exposition, hors espaces réservés à la catégorie B sur les stands, et un espace leur permet de regarder les essais : prévoyez lunettes et protections auditives.
Des initiations ouvertes à tous
Pas besoin d’être licencié pour tirer. Les moniteurs de la FFTir proposent une initiation au pistolet qui commence à l’air comprimé et peut se poursuivre, selon le niveau, en 22 LR puis en 9 mm. Le ball-trap se découvre sur le stand plateau des Jeux olympiques de Paris 2024, en partenariat avec Laporte, et le tir à 10 m à la carabine et au pistolet sur cibles électroniques. Au menu également : un défi de pistolet vitesse à 10 m, un simulateur laser de fosse olympique, de l’arbalète sur plateaux en mousse, le biathlon running de la Fédération française de ski et un parcours chronométré de precision rifle avec l’association française de la discipline.
Côté spectacle, les démonstrations de tir sportif de vitesse (samedi et dimanche à 10 h 30, 12 h, 14 h et 15 h 30) alternent avec celles de tir western sportif (11 h, 12 h 30, 14 h 30 et 16 h). Les amateurs de poudre noire ne manqueront pas la démonstration d’armes anciennes en présence de l’équipe de France, à 11 h et 15 h les deux jours.
Le GIGN, des conférences et des dédicaces
Le temps fort du samedi se jouera de 16 h à 17 h 30 : le GIGN y présentera ses métiers, conférence et démonstrations de tir à l’appui. Tout le week-end, une série de conférences sur le tir à longue distance attend les curieux, du choix de la lunette à la conception d’une arme custom. Sur le stand de l’UFA, Arnaud Lamothe dédicacera son « Guide pratique des armes à feu » samedi à 10 h, et Jean-Pierre Bastié son livre sur les armes de nécessité de la guerre de 1870, samedi à 12 h et dimanche à 10 h. Les passionnés de rechargement pourront aussi échanger avec l’armurier Pascal Brultey.
Enfin, les licenciés autorisés à détenir des armes de catégorie B peuvent aussi tenter leur chance au jeu-concours de Humbert-Beretta : un pistolet de l’édition limitée des 500 ans de Beretta est à gagner, par tirage au sort parmi les acheteurs de billets qui ont coché la case prévue dans le formulaire d’achat.
Infos pratiques
- Horaires : samedi 3 et dimanche 4 octobre, de 9 h à 18 h.
- Tarifs : 20 € la journée, 30 € les deux jours, entrée gratuite pour les enfants jusqu’à 10 ans. Les billets achetés pour l’édition 2025 restent valables.
- Adresse : CNTS, 127 rue Albert Buccialli (D925), 36130 Déols. Parkings gratuits, dont le P1 dans l’enceinte même du CNTS, avec places réservées aux personnes à mobilité réduite près de l’entrée.
- En train : gare de Châteauroux, puis bus de la ligne 5 (environ 18 minutes).
- Sur place : restauration disponible, mais pique-nique et alcool interdits, et aucun distributeur de billets. Sortie et retour libres avec son billet.
Venez nous voir au stand A11
L’équipe de Cibles sera ravie de vous y accueillir pour échanger sur le tir, le matériel et le magazine. Pour trouver le stand, le plan du salon figure dans le programme officiel remis gratuitement à l’entrée. À ce week-end, à Châteauroux !
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Beretta fête ses 500 ans
Le 3 octobre, Beretta aura 500 ans jour pour jour. De la livraison de canons d’arquebuse à l’Arsenal de Venise en 1526 aux éditions anniversaire de 2026, retour sur la plus ancienne fabrique d’armes du monde.
Le 3 octobre, Beretta aura 500 ans, jour pour jour. Ce jour-là, en 1526, un maître canonnier de Gardone Val Trompia, en Lombardie, livrait 185 canons d’arquebuse à l’Arsenal de la République de Venise. Prix de la commande : 296 ducats. Le reçu a traversé les siècles. Il porte la mention « a dì 3 ottobre 1526 » et fait de la Fabbrica d’Armi Pietro Beretta la plus ancienne fabrique d’armes encore en activité, et l’une des plus vieilles entreprises familiales du monde.
Un reçu, cinq siècles
Le document est d’une sobriété désarmante : quelques lignes d’une écriture penchée, le nom de « Bartolomeo Beretta da Gardon », la mention des canons destinés à « la casa nostra del Arsenal », et le montant en chiffres romains, ccxcvi, soit 296. De cette simple transaction sur papier est née une dynastie qui n’a jamais quitté les mains de la même famille. Quinze générations plus tard, la maison de Gardone est toujours dirigée par les Beretta et se trouve aujourd’hui à la tête d’un groupe qui réunit plusieurs marques bien connues des tireurs, de Benelli à Sako.
Cette longévité, aucune autre entreprise de l’armurerie ne peut la revendiquer. Beretta a fourni les arquebusiers de Venise, puis les armées italiennes, avant de devenir une signature majeure du pistolet et du fusil de sport. Le pistolet 92, adopté par l’armée américaine sous le nom de M9, et les fusils superposés de la série 680 comptent parmi les armes les plus diffusées de la planète.
Meloni à Gardone
L’anniversaire a déjà eu son temps fort institutionnel. Le 18 septembre, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni s’est rendue à l’usine de Gardone Val Trompia, accueillie par trois générations de la famille Beretta. Elle y a inauguré l’« Innovation Habitat », le nouvel espace de recherche et développement de la marque, salué une « excellence » industrielle italienne et assisté au passage des Frecce Tricolori, la patrouille acrobatique nationale. La journée a aussi servi à décorer les salariés les plus fidèles : 25, 35 et 40 ans de maison côté italien, jusqu’à 46 ans de service pour certains employés de Beretta USA.
Des armes pour marquer le coup
Pour ses 500 ans, Beretta a promis dix pièces uniques et sept éditions limitées, étalées sur toute l’année. La plus symbolique est un pistolet 92FS baptisé « Ducato », tiré à exactement 296 exemplaires, en écho aux 296 ducats du contrat fondateur. La marque a aussi présenté un 92FS « Diamond » habillé d’or et de diamants, et fait frapper une médaille du cinquième centenaire avec la Monnaie d’État italienne. Le programme complet est réuni sur un site dédié, beretta500.com.
Le vrai anniversaire, le 3 octobre
C’est toutefois le 3 octobre, date exacte du reçu de 1526, que Beretta a choisi pour son geste envers les tireurs. Ce jour-là démarre un circuit de tir au plateau baptisé « Beretta 500 Extra Excellence » : 34 étapes réparties dans 22 stands italiens, jusqu’à une finale les 13 et 14 novembre au stand de Rome. Une manière, pour la maison, de fêter ses cinq siècles là où ses fusils se sont bâti une réputation, le ball-trap.
Car c’est bien sur les stands que le nom Beretta parle le plus aux tireurs français. Le superposé de Gardone reste une référence du plateau au plus haut niveau, comme l’avait rappelé la razzia de la marque aux Jeux de Paris. Au pas de tir des disciplines de vitesse comme dans les râteliers des clubs, du pistolet 92 aux fusils de ball-trap, la marque italienne est partout. À 500 ans, elle vient d’ouvrir, avec son « Innovation Habitat », le chantier des siècles suivants.
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Il y va « la fleur au fusil » et remporte la 2e place
Double champion de France du mousquet à mèche japonais en juin à Vitrolles, le tireur de Beaumont-sur-Sarthe a enchaîné avec une médaille d’argent par équipe au championnat du monde des armes anciennes d’Eisenstadt. Un été en or, abordé « la fleur au fusil ».
« J’y suis un peu allé la fleur au fusil. » La formule est de Benjamin Trehet, tireur de la Société de tir Les Bleuets de Beaumont-sur-Sarthe, dans les colonnes d’Ouest-France. Elle résume un été 2026 en deux temps forts. En juin, à Vitrolles, le Sarthois a décroché deux titres de champion de France au mousquet à mèche japonais. En août, à Eisenstadt, en Autriche, il est devenu vice-champion du monde par équipe.
Deux titres en juin à Vitrolles
Tout commence au 44e championnat de France des armes anciennes, du 9 au 14 juin au stand de Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône. Benjamin Trehet s’y aligne dans deux épreuves de mousquet à mèche japonais, tirées sur cible à 50 m : la Tanegashima, debout, et la Hizadai, à genoux.
En Tanegashima réplique, il frappe fort : neuf coups dans le 10, un seul 9, soit 99 points sur 100. Son dauphin, Mathieu Ducellier (ST Nitting), termine loin derrière, à 94 points, devant Noël Risch (ST Sélestat, 93 points). En Hizadai réplique, il gagne encore, avec 98 points. Fabrice Dedryver (Tir sportif noyonnais) prend l’argent à 96 points, Risch le bronze à 95.
La progression est spectaculaire. Un an plus tôt, au championnat de France 2025 de Châteauroux, le Sarthois avait fini 6e de la Tanegashima et 4e de la Hizadai. En 2026, il ne perd que trois points sur les deux épreuves réunies.
Vice-champion du monde en août
Ce championnat de France distribue plus que des titres. Le classement de Vitrolles sert de sélection : Benjamin Trehet y gagne sa place parmi les 19 tireurs français retenus pour le championnat du monde des armes anciennes, du 16 au 22 août à Eisenstadt, en Autriche.
Il aborde l’échéance sans se mettre la pression. « J’y suis un peu allé la fleur au fusil », a-t-il raconté à Ouest-France. Pas de surentraînement : il revalide ses positions et fait confiance à ses sensations.
Bien lui en a pris. À Eisenstadt, les Bleus récoltent onze podiums, dont quatre titres mondiaux. Benjamin Trehet obtient le sien par équipe, en Hizadai. Associé à Mathieu Ducellier et Noël Risch, les deux hommes qu’il venait de battre à Vitrolles, il décroche la médaille d’argent. Seule l’Allemagne devance le trio français. La Tchéquie prend le bronze.
En individuel, il se classe 8e de la Tanegashima avec 95 points, dans une épreuve d’un niveau exceptionnel : les trois médaillés ont tous rendu une carte parfaite, à 100 points. En Hizadai, il termine 7e avec 96 points. Ducellier, lui, échoue au pied du podium, battu en barrage. L’équipe de France de Tanegashima échoue à la 4e place, derrière l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.
Le Japon de 1543 à 50 m
Derrière ces noms d’épreuves se cache l’un des plus vieux chapitres de l’histoire des armes à feu. En 1543, des navigateurs portugais échoués sur l’île japonaise de Tanegashima y introduisent l’arquebuse à mèche. Le seigneur local en commande des centaines de copies, et l’arme à feu conquiert l’archipel.
Cinq siècles plus tard, la confédération internationale de la poudre noire, la MLAIC, fait revivre ces mousquets en compétition. Comme la plupart des épreuves de la discipline, la Tanegashima et la Hizadai tirent leur nom d’une arme, d’un inventeur ou d’un lieu. Chaque épreuve existe en deux classes, armes d’origine et répliques de fabrication moderne. Et la mise à feu par mèche lente, sans chien ni silex, en fait l’un des exercices les plus exigeants du tir de précision.
Une section sarthoise née en 2007
Ces médailles récompensent aussi un club. La Société de tir Les Bleuets de Beaumont-sur-Sarthe abrite les Arquebusiers du Maine, la section sarthoise des Arquebusiers de France. Cette association fédère le tir aux armes anciennes dans le pays depuis 1963.
L’aventure locale commence en 1993, avec trois passionnés d’abord rattachés aux Arquebusiers nantais. La section prend son autonomie en 2007, autour de Bernard Simon et Vincent Rey. Les deux fondateurs tirent toujours : à Vitrolles, Rey a pris la 7e place de la Tanegashima.
Benjamin Trehet, lui, a rejoint Les Bleuets en 2016. Il a d’abord tiré au 22 long rifle, avant de basculer vers la poudre noire par passion pour l’histoire, comme il l’a confié au quotidien régional. En 2024, avec Charlie Prud’homme et Vincent Rey, il décrochait déjà l’or par équipe au championnat de France. La même année, il prenait l’argent individuel en Hizadai. Deux ans plus tard, le voilà double champion de France et vice-champion du monde, avec un cap déjà annoncé : les championnats d’Europe 2027. Le patron français du mousquet à mèche n’a pas fini de faire parler la poudre.
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