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Un arsenal et un stand de tir clandestins découverts
Fusil d’assaut, pistolets-mitrailleurs, silencieux et stand de tir : à Cornebarrieu, la police a démantelé un atelier qui reconstituait et transformait des armes vendues dans toute la France. Cinq suspects sont en détention.
Derrière une maison en lisière de bois, à Cornebarrieu, à l’ouest de Toulouse, les policiers ont découvert lundi 2 novembre ce que le parquet qualifie de « véritable arsenal d’armes ». Un fusil d’assaut, trois pistolets-mitrailleurs, une quinzaine d’armes de poing, près d’une centaine de chargeurs, des silencieux, des éléments d’armes et plusieurs kilogrammes de munitions de tous calibres. Et, en retrait sur la parcelle, un stand de tir aménagé. Six personnes ont été mises en examen, dont cinq ont été placées en détention provisoire, a annoncé vendredi soir le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz.
Un atelier dans un bungalow
L’opération a été menée sous l’égide d’un juge d’instruction toulousain par la brigade de répression du banditisme de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Toulouse. Une cinquantaine d’enquêteurs y ont participé, avec l’appui du RAID, de la BRI et d’une équipe cynophile spécialisée dans la recherche d’armes et d’explosifs.
Selon La Dépêche du Midi, l’atelier était installé dans un bungalow, sur la propriété d’un des complices. Aucune imprimante 3D n’y a été trouvée : on y travaillait sur des armes plus traditionnelles. Des fusils et des pistolets de collection, et même des Glock censés ne tirer qu’à blanc, y étaient modifiés pour devenir des armes létales, d’après le quotidien. Les photos diffusées par le tribunal judiciaire de Toulouse montrent un établi couvert de pièces détachées, de chargeurs et d’outillage.
Tout est parti de pistolets imprimés en 3D
L’affaire remonte au début de l’année. Six pistolets fabriqués avec une imprimante 3D sont alors retrouvés à Pau et à Toulouse, et le parquet ouvre une enquête préliminaire. Le 9 juin, quatre suspects sont interpellés. « Lors de la perquisition du garage qu’ils utilisaient comme atelier, une officine artisanale dédiée à la fabrication d’armes, plus spécifiquement de pistolets semi-automatiques, en 3D, avait été découverte », rappelle le procureur.
Une information judiciaire est ouverte le 11 juin, notamment pour fabrication ou commerce sans autorisation d’armes de catégorie A ou B et association de malfaiteurs. Les quatre suspects, âgés de 17 à 21 ans selon l’AFP, sont mis en examen, et deux d’entre eux placés en détention provisoire. D’après La Dépêche, ce premier groupe aurait vendu plusieurs dizaines d’armes, entre 300 et 600 euros pièce.
Des pièces achetées en Europe, des armes envoyées par colis
L’enquête s’est poursuivie sur commission rogatoire. Les armes imprimées en 3D « étaient vendues par l’intermédiaire des réseaux sociaux, notamment via l’application cryptée Telegram », détaille le parquet. Un acheteur a été identifié, puis des « techniques spéciales d’enquête » ont mis au jour son implication et celle de plusieurs autres personnes dans « un trafic d’armes d’ampleur ».
Le réseau ne se limitait pas aux armes imprimées. Selon le procureur, des éléments d’armes et des munitions étaient achetés à l’étranger, en Slovénie, en République tchèque et en Finlande, pour reconstituer des armes, « parfois transformées de la catégorie C à B ». Elles étaient ensuite vendues et expédiées « par colis postaux dans toute la France ainsi qu’à l’étranger ». La Dépêche évoque une équipe pilotée par un Toulousain surnommé « Octavio », sa compagne et un complice venu du Havre, repérés grâce à l’analyse de comptes Telegram et Signal.
Cinq suspects en détention
Six personnes ont été placées en garde à vue après l’opération : cinq hommes et une femme âgés de 24 à 32 ans, dont deux déjà connus de la justice. Présentées jeudi et vendredi au juge d’instruction, elles ont été mises en examen, selon leur implication, pour fabrication ou commerce sans autorisation d’armes de catégorie A ou B, détention et cession en réunion d’armes de ces catégories, acquisition et détention d’armes de catégorie C et association de malfaiteurs. Comme le parquet l’avait requis, cinq ont été incarcérées et la sixième placée sous contrôle judiciaire.
Pour les détenteurs légaux, l’affaire illustre une filière du marché noir qui échappe à toute traçabilité : des armes assemblées ou transformées hors de tout contrôle, sans lien avec un titre de détention. Elle s’ajoute à celle des Glock contrefaits, dont plus de 230 exemplaires avaient été saisis en un mois à la fin de l’été. Selon l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur, les vols chez les particuliers et chez les armuriers restent pourtant la première source d’approvisionnement de ce marché, comme nous le rappelions après le vol de neuf armes chez un tireur lyonnais.
Photo en tête d’article : l’atelier clandestin de Cornebarrieu lors de l’opération du 2 novembre 2026. Photo : tribunal judiciaire de Toulouse
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Loire : les armes à feu interdites dans tout le département
Pour la deuxième fois en huit jours, le préfet de la Loire interdit le port, le transport et l’utilisation des armes à feu dans tout le département, sans exception expresse pour les tireurs sportifs. Ce que dit l’arrêté.
Pour la deuxième fois en huit jours, le préfet de la Loire interdit le port, le transport et l’utilisation des armes à feu dans tout le département. Le nouvel arrêté court du vendredi 6 novembre à 8 heures au lundi 9 novembre à 8 heures. Il prend le relais d’un premier texte, en vigueur du 30 octobre au 6 novembre. Au total, dix jours d’affilée pendant lesquels la situation des tireurs sportifs du département reste floue : aucune disposition ne les vise expressément.
Ce que dit l’arrêté
Signé le 5 novembre par le directeur de cabinet du préfet, l’arrêté n° DS-2026-2341 interdit sur l’ensemble de la Loire « le port, le transport et l’utilisation des armes à feu, y compris factices, et des munitions », ainsi que de tout objet pouvant servir d’arme ou de projectile dangereux. Il proscrit aussi la vente, le transport et la détention sur la voie publique d’acides, de carburants en récipients portables, d’explosifs et d’artifices de divertissement.
Un peu plus loin, le même article interdit « le port et le transport sans motif légitime » d’armes, de munitions ou d’objets pouvant constituer une arme. Les deux formulations coexistent sans que le texte précise leur articulation. Les seules dérogations prévues concernent les professionnels de la pyrotechnie et ceux qui s’approvisionnent en carburant avec des bidons. Ni les licenciés, ni les clubs, ni les stands de tir ne sont mentionnés. L’arrêté précédent, n° DS-2026-2252, contenait les mêmes interdictions sur les armes, selon le recueil des actes administratifs de la préfecture.
Un mois de troubles à Saint-Étienne
Le préfet justifie ces mesures par le mouvement de contestation parti des lycées à la mi-septembre, puis rejoint par les étudiants et la coordination des gilets jaunes. Saint-Étienne et les communes voisines ont connu, du 29 septembre au 19 octobre, une série d’émeutes marquées par des pillages et des dégradations. L’arrêté mentionne notamment, le 17 octobre, « une attaque contre l’usine d’armement de la zone artisanale de Malacussy, entraînant le vol d’armes légères ». Il recense 223 interpellations depuis le 28 septembre.
La présence d’armes factices explique qu’elles soient visées. Lors du rassemblement non déclaré du 24 octobre, les forces de l’ordre ont constaté selon l’arrêté la présence d’individus masqués porteurs de couteaux, et de répliques d’armes (MP7, grenades, lanceurs de balles de défense). Le 31 octobre, 1 900 personnes ont défilé malgré l’interdiction, et trois policiers ont été blessés. Un nouvel « acte IV » était annoncé sur les réseaux sociaux pour les 6 et 7 novembre. Dans plusieurs villes, les pillages d’octobre avaient déjà provoqué une ruée des commerçants sur les armes de défense.
Les tireurs dans le flou
En temps normal, la question ne se pose pas. L’article R. 315-2 du code de la sécurité intérieure prévoit qu’une licence de tir en cours de validité « vaut titre de transport légitime » des armes, éléments d’arme et munitions des catégories A, B et C. Mais l’interdiction générale de l’arrêté ne prévoit pas cette exception.
Parmi ses fondements, l’arrêté vise l’article L. 211-3 du même code. Ce texte permet au préfet, en cas de risque de troubles graves lors d’une manifestation, d’interdire le port et le transport « sans motif légitime » d’objets pouvant constituer une arme. L’interdiction vaut alors « pendant les vingt-quatre heures qui la précèdent et jusqu’à dispersion », sur une aire limitée « aux lieux de la manifestation, aux lieux avoisinants et à leurs accès ». L’arrêté de la Loire s’appuie aussi sur d’autres textes, dont le code général des collectivités territoriales, et couvre tout le département pendant trois jours.
D’ici lundi matin, les tireurs qui envisagent de se rendre au stand ont donc intérêt à faire préciser leur situation par leur club ou par la préfecture. L’arrêté peut faire l’objet d’un recours gracieux auprès du préfet, d’un recours hiérarchique auprès du ministère de l’Intérieur ou d’un recours devant le tribunal administratif de Lyon. Reste à savoir si la préfecture le reconduira une nouvelle fois.
Photo en tête d’article : l’hôtel de préfecture de la Loire, rue Charles-de-Gaulle à Saint-Étienne. Photo : Romainbehar / Wikimedia Commons (CC0)
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Le réalisateur de Heat se tire une balle dans la cuisse au stand de tir
Il a filmé la fusillade la plus célèbre d’Hollywood. Samedi, à Los Angeles, Michael Mann s’est tiré une balle dans la cuisse en rengainant son .45. À 83 ans, et après des décennies de tir.
Il a filmé la fusillade la plus célèbre d’Hollywood. Trente et un ans plus tard, c’est lui qui a pris une balle. Samedi 31 octobre, vers 16 heures, Michael Mann, le réalisateur de Heat, s’est tiré une balle dans la cuisse gauche dans un stand de tir de Los Angeles. Son arme de poing de calibre .45 est partie au moment où il la remettait dans son étui, selon des sources policières. À 83 ans, et après des décennies de pratique du tir.
16 heures, le coup part
La scène se déroule dans un stand couvert réservé aux membres, dans l’ouest de Los Angeles. Michael Mann s’y entraîne au tir. Il rengaine son .45. Le coup part et la balle l’atteint à la cuisse gauche, selon des sources policières citées par ABC News. L’affaire a d’abord été révélée par le site TMZ, avant d’être confirmée par la police.
Le personnel du stand lui porte les premiers secours. Appelés pour des coups de feu dans le bloc 11100 de Missouri Avenue, les policiers concluent à un accident. Le cinéaste part en ambulance. « La personne a été transportée dans un hôpital de la ville dans un état stable. Un rapport de blessure a été établi », indique sobrement le LAPD.
Plus de peur que de mal. Ses représentants parlent d’une plaie « sous-cutanée et mineure », selon Variety, mais livrent une version un peu différente : l’arme se serait « déchargée accidentellement alors qu’elle était dans son étui ». Le réalisateur a été soigné et devait rentrer chez lui rapidement. Ni le modèle de l’arme ni le type d’étui n’ont été dévoilés.
Le perfectionniste des fusillades
L’ironie est cruelle. Peu de cinéastes ont filmé les armes avec autant d’exigence. Pour Heat, en 1995, Michael Mann avait engagé un ancien sergent du SAS britannique, Andy McNab, pour former ses acteurs. Au programme : trois mois d’entraînement à balles réelles, avant de tourner à blanc. Le résultat est entré dans l’histoire : la fusillade qui suit le braquage de la banque, en plein centre de Los Angeles, avec Al Pacino et Robert De Niro, reste une référence absolue du genre.
Et l’homme n’est pas un amateur. Il pratique le tir sur cible depuis des décennies, rappelle NBC News. Producteur exécutif de la série Deux flics à Miami, réalisateur du Solitaire, de Collatéral, de Miami Vice ou de Ferrari, Michael Mann prépare actuellement Heat 2, adapté du roman qu’il a coécrit avec Meg Gardiner en 2022. En 2025, au festival Lumière de Lyon, il confiait que les personnages de Heat restaient « si vivants » pour lui. Le genre de CV qui ne protège de rien quand le coup part.
Le geste que chaque tireur répète
C’est là que l’histoire concerne chaque tireur. Rengainer est un geste banal, que les pratiquants de tir dynamique répètent à chaque exercice. C’est aussi l’un des plus dangereux. Le canon passe à quelques centimètres de la jambe. Un doigt resté sur la détente, un pan de vêtement ou un cordon glissé dans l’étui, et le coup peut partir.
Le tir sportif ne transige pas avec ce moment. Le règlement de l’IPSC interdit tout étui qui laisse la détente accessible une fois l’arme rengainée, ou qui laisse le canon pointer à plus d’un mètre des pieds du tireur debout et détendu. En compétition, un coup de feu accidentel, c’est la disqualification immédiate. Débutant ou champion, inconnu ou légende d’Hollywood.
Des décennies de pratique, une seconde au mauvais moment : personne n’est à l’abri.
Photo en tête d’article : Michael Mann au BFI Southbank, à Londres, en décembre 2023. Photo : Raph_PH / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
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Mondiaux de Doha : 27 Français sur la route de Los Angeles
Les championnats du monde de tir s’ouvrent ce mardi à Doha, avec 36 places de quota pour les Jeux de 2028 en jeu. La France y engage 27 tireurs, dont Jean Quiquampoix et Clément Bessaguet au pistolet vitesse.
La route de Los Angeles commence au Qatar. Les championnats du monde de l’ISSF (carabine, pistolet et plateau) se tiennent à Doha du 1er au 14 novembre, et les premières épreuves débutent ce mardi 3 novembre. Au-delà des titres mondiaux, ces Mondiaux ouvrent la qualification pour les Jeux olympiques de 2028. La France y engage 27 tireurs : huit à la carabine, dix au pistolet et neuf au plateau, selon la liste publiée par le site Équipe-France. Les listes de départ officielles de l’ISSF confirment les Français engagés dès le premier jour.
36 places pour les Jeux de 2028
La fédération internationale met en jeu 36 places de quota olympiques à Doha, trois dans chacune des douze épreuves individuelles du programme des Jeux. C’est, selon l’ISSF, la plus importante occasion de qualification de toute l’olympiade. Ces places reviennent aux nations, qui les obtiennent près de deux ans avant la cérémonie d’ouverture de Los Angeles. Le calendrier publié par l’ISSF :
- 3 novembre : carabine à 10 m hommes et femmes ;
- 4 novembre : pistolet vitesse olympique à 25 m hommes ;
- 5 novembre : pistolet à 10 m hommes et femmes ;
- 6 novembre : skeet hommes et femmes ;
- 9 novembre : carabine trois positions à 50 m femmes ;
- 10 novembre : pistolet à 25 m femmes ;
- 11 novembre : carabine trois positions à 50 m hommes ;
- 12 novembre : fosse olympique hommes et femmes.
Le 20 octobre, l’ISSF a indiqué suivre de près la situation sécuritaire dans la région avec la fédération et les autorités qatariennes, tout en confirmant que les préparatifs se poursuivaient comme prévu.
Bessaguet et Quiquampoix en tête d’affiche
Le pistolet vitesse olympique, les 3 et 4 novembre, réunit les principales têtes d’affiche françaises. Clément Bessaguet y détient le record du monde de qualification, avec 594 points réussis le 9 mai aux championnats d’Europe d’Osijek, rappelle la liste de départ officielle. Jean Quiquampoix, champion olympique à Tokyo et médaillé d’argent à Rio, entamera la compétition le jour de ses 31 ans. Arnaud Gamaleri complète le trio.
Au pistolet à 10 m, le 5 novembre, Céline Goberville, médaillée d’argent olympique, et Annabelle Pioch seront engagées chez les femmes, Yann Fridrici et Théo Moczko chez les hommes. Kévin Chapon disputera le pistolet standard le 8 novembre, avant l’entrée en lice de Mathilde Lamolle et Héloïse Fourré au pistolet à 25 m, les 9 et 10 novembre.
À la carabine, Brian Baudouin, Dimitri Dutendas et Lucas Kryzs ouvriront le programme tricolore dès le 3 novembre à 10 m, tout comme Océanne Muller, Manon Herbulot et Clementine Krumm chez les femmes. Dimitri Dutendas et Lucas Kryzs sont aussi engagés au 50 m couché et au trois positions, où ils retrouveront Romain Aufrère les 10 et 11 novembre. Agathe Girard disputera le 50 m couché les 6 et 7 novembre, puis le trois positions les 8 et 9 novembre.
Neuf tireurs au plateau
Au skeet, du 4 au 6 novembre, Dylan Chauray, Rémi Cloitre et Nicolas Le Jeune défendront les couleurs françaises chez les hommes, Lucie Anastassiou et Noémie Battault chez les femmes. Éric Delaunay n’a pas été retenu, comme l’avait indiqué Ouest-France. La fosse olympique prendra le relais du 10 au 12 novembre, avec Thomas Agez, Clément Bourgue et Antonin Désert chez les hommes, et Carole Cormenier chez les femmes.
Les épreuves par équipe mixte, qui ne distribuent pas de quotas, complètent le programme : deux paires françaises à la carabine à 10 m le 4 novembre (Clementine Krumm et Dimitri Dutendas, Océanne Muller et Lucas Kryzs), deux au pistolet à 10 m le 6 novembre (Céline Goberville et Théo Moczko, Annabelle Pioch et Yann Fridrici). Carole Cormenier et Clément Bourgue fermeront la marche à la fosse mixte, le 13 novembre.
Les Bleus arrivent au Qatar avec de la confiance : mi-octobre, ils avaient remporté cinq médailles à la Coupe du monde du Caire.
Photo en tête d’article : Lucas Kryzs à la Coupe du monde du Caire, en octobre 2026. Photo : © FFTir / J. Heise (CC BY-NC-ND 4.0)
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