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Le réalisateur de Heat se tire une balle dans la cuisse au stand de tir
Il a filmé la fusillade la plus célèbre d’Hollywood. Samedi, à Los Angeles, Michael Mann s’est tiré une balle dans la cuisse en rengainant son .45. À 83 ans, et après des décennies de tir.
Il a filmé la fusillade la plus célèbre d’Hollywood. Trente et un ans plus tard, c’est lui qui a pris une balle. Samedi 31 octobre, vers 16 heures, Michael Mann, le réalisateur de Heat, s’est tiré une balle dans la cuisse gauche dans un stand de tir de Los Angeles. Son arme de poing de calibre .45 est partie au moment où il la remettait dans son étui, selon des sources policières. À 83 ans, et après des décennies de pratique du tir.
16 heures, le coup part
La scène se déroule dans un stand couvert réservé aux membres, dans l’ouest de Los Angeles. Michael Mann s’y entraîne au tir. Il rengaine son .45. Le coup part et la balle l’atteint à la cuisse gauche, selon des sources policières citées par ABC News. L’affaire a d’abord été révélée par le site TMZ, avant d’être confirmée par la police.
Le personnel du stand lui porte les premiers secours. Appelés pour des coups de feu dans le bloc 11100 de Missouri Avenue, les policiers concluent à un accident. Le cinéaste part en ambulance. « La personne a été transportée dans un hôpital de la ville dans un état stable. Un rapport de blessure a été établi », indique sobrement le LAPD.
Plus de peur que de mal. Ses représentants parlent d’une plaie « sous-cutanée et mineure », selon Variety, mais livrent une version un peu différente : l’arme se serait « déchargée accidentellement alors qu’elle était dans son étui ». Le réalisateur a été soigné et devait rentrer chez lui rapidement. Ni le modèle de l’arme ni le type d’étui n’ont été dévoilés.
Le perfectionniste des fusillades
L’ironie est cruelle. Peu de cinéastes ont filmé les armes avec autant d’exigence. Pour Heat, en 1995, Michael Mann avait engagé un ancien sergent du SAS britannique, Andy McNab, pour former ses acteurs. Au programme : trois mois d’entraînement à balles réelles, avant de tourner à blanc. Le résultat est entré dans l’histoire : la fusillade qui suit le braquage de la banque, en plein centre de Los Angeles, avec Al Pacino et Robert De Niro, reste une référence absolue du genre.
Et l’homme n’est pas un amateur. Il pratique le tir sur cible depuis des décennies, rappelle NBC News. Producteur exécutif de la série Deux flics à Miami, réalisateur du Solitaire, de Collatéral, de Miami Vice ou de Ferrari, Michael Mann prépare actuellement Heat 2, adapté du roman qu’il a coécrit avec Meg Gardiner en 2022. En 2025, au festival Lumière de Lyon, il confiait que les personnages de Heat restaient « si vivants » pour lui. Le genre de CV qui ne protège de rien quand le coup part.
Le geste que chaque tireur répète
C’est là que l’histoire concerne chaque tireur. Rengainer est un geste banal, que les pratiquants de tir dynamique répètent à chaque exercice. C’est aussi l’un des plus dangereux. Le canon passe à quelques centimètres de la jambe. Un doigt resté sur la détente, un pan de vêtement ou un cordon glissé dans l’étui, et le coup peut partir.
Le tir sportif ne transige pas avec ce moment. Le règlement de l’IPSC interdit tout étui qui laisse la détente accessible une fois l’arme rengainée, ou qui laisse le canon pointer à plus d’un mètre des pieds du tireur debout et détendu. En compétition, un coup de feu accidentel, c’est la disqualification immédiate. Débutant ou champion, inconnu ou légende d’Hollywood.
Des décennies de pratique, une seconde au mauvais moment : personne n’est à l’abri.
Photo en tête d’article : Michael Mann au BFI Southbank, à Londres, en décembre 2023. Photo : Raph_PH / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
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Mondiaux de Doha : 27 Français sur la route de Los Angeles
Les championnats du monde de tir s’ouvrent ce mardi à Doha, avec 36 places de quota pour les Jeux de 2028 en jeu. La France y engage 27 tireurs, dont Jean Quiquampoix et Clément Bessaguet au pistolet vitesse.
La route de Los Angeles commence au Qatar. Les championnats du monde de l’ISSF (carabine, pistolet et plateau) se tiennent à Doha du 1er au 14 novembre, et les premières épreuves débutent ce mardi 3 novembre. Au-delà des titres mondiaux, ces Mondiaux ouvrent la qualification pour les Jeux olympiques de 2028. La France y engage 27 tireurs : huit à la carabine, dix au pistolet et neuf au plateau, selon la liste publiée par le site Équipe-France. Les listes de départ officielles de l’ISSF confirment les Français engagés dès le premier jour.
36 places pour les Jeux de 2028
La fédération internationale met en jeu 36 places de quota olympiques à Doha, trois dans chacune des douze épreuves individuelles du programme des Jeux. C’est, selon l’ISSF, la plus importante occasion de qualification de toute l’olympiade. Ces places reviennent aux nations, qui les obtiennent près de deux ans avant la cérémonie d’ouverture de Los Angeles. Le calendrier publié par l’ISSF :
- 3 novembre : carabine à 10 m hommes et femmes ;
- 4 novembre : pistolet vitesse olympique à 25 m hommes ;
- 5 novembre : pistolet à 10 m hommes et femmes ;
- 6 novembre : skeet hommes et femmes ;
- 9 novembre : carabine trois positions à 50 m femmes ;
- 10 novembre : pistolet à 25 m femmes ;
- 11 novembre : carabine trois positions à 50 m hommes ;
- 12 novembre : fosse olympique hommes et femmes.
Le 20 octobre, l’ISSF a indiqué suivre de près la situation sécuritaire dans la région avec la fédération et les autorités qatariennes, tout en confirmant que les préparatifs se poursuivaient comme prévu.
Bessaguet et Quiquampoix en tête d’affiche
Le pistolet vitesse olympique, les 3 et 4 novembre, réunit les principales têtes d’affiche françaises. Clément Bessaguet y détient le record du monde de qualification, avec 594 points réussis le 9 mai aux championnats d’Europe d’Osijek, rappelle la liste de départ officielle. Jean Quiquampoix, champion olympique à Tokyo et médaillé d’argent à Rio, entamera la compétition le jour de ses 31 ans. Arnaud Gamaleri complète le trio.
Au pistolet à 10 m, le 5 novembre, Céline Goberville, médaillée d’argent olympique, et Annabelle Pioch seront engagées chez les femmes, Yann Fridrici et Théo Moczko chez les hommes. Kévin Chapon disputera le pistolet standard le 8 novembre, avant l’entrée en lice de Mathilde Lamolle et Héloïse Fourré au pistolet à 25 m, les 9 et 10 novembre.
À la carabine, Brian Baudouin, Dimitri Dutendas et Lucas Kryzs ouvriront le programme tricolore dès le 3 novembre à 10 m, tout comme Océanne Muller, Manon Herbulot et Clementine Krumm chez les femmes. Dimitri Dutendas et Lucas Kryzs sont aussi engagés au 50 m couché et au trois positions, où ils retrouveront Romain Aufrère les 10 et 11 novembre. Agathe Girard disputera le 50 m couché les 6 et 7 novembre, puis le trois positions les 8 et 9 novembre.
Neuf tireurs au plateau
Au skeet, du 4 au 6 novembre, Dylan Chauray, Rémi Cloitre et Nicolas Le Jeune défendront les couleurs françaises chez les hommes, Lucie Anastassiou et Noémie Battault chez les femmes. Éric Delaunay n’a pas été retenu, comme l’avait indiqué Ouest-France. La fosse olympique prendra le relais du 10 au 12 novembre, avec Thomas Agez, Clément Bourgue et Antonin Désert chez les hommes, et Carole Cormenier chez les femmes.
Les épreuves par équipe mixte, qui ne distribuent pas de quotas, complètent le programme : deux paires françaises à la carabine à 10 m le 4 novembre (Clementine Krumm et Dimitri Dutendas, Océanne Muller et Lucas Kryzs), deux au pistolet à 10 m le 6 novembre (Céline Goberville et Théo Moczko, Annabelle Pioch et Yann Fridrici). Carole Cormenier et Clément Bourgue fermeront la marche à la fosse mixte, le 13 novembre.
Les Bleus arrivent au Qatar avec de la confiance : mi-octobre, ils avaient remporté cinq médailles à la Coupe du monde du Caire.
Photo en tête d’article : Lucas Kryzs à la Coupe du monde du Caire, en octobre 2026. Photo : © FFTir / J. Heise (CC BY-NC-ND 4.0)
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Après les pillages, la ruée sur les armes de défense
Bombes lacrymogènes, matraques, shockers : depuis les violences du 17 octobre, commerçants et particuliers se pressent dans les armureries. Ce que disent les armuriers, et ce que dit la loi.
Bombes lacrymogènes, matraques télescopiques, lanceurs de produits incapacitants : depuis les violences et les pillages qui ont accompagné la journée de mobilisation du 17 octobre, les armureries voient arriver une clientèle inhabituelle. « Il y a une forte augmentation des ventes d’armes de défense non létales », a constaté jeudi 22 octobre sur CNews Yves Gollety, président de la chambre syndicale des armuriers et gérant d’une armurerie parisienne. Les commandes ont été multipliées par dix, a-t-il affirmé à Sud Radio. Ce samedi 24 octobre, une nouvelle journée de mobilisation est prévue.
Des clients qui « ont eu la peur de leur vie »
Qui sont ces nouveaux clients ? Surtout des commerçants, des restaurateurs et des habitants des quartiers touchés, « des personnes qui ont eu la peur de leur vie », a décrit Yves Gollety sur Europe 1. Ils viennent acheter « des bombes de défense, des lanceurs de produits incapacitants, comme les GPX ou des mini-LBD ». « Ce n’est pas tellement de l’auto-défense, c’est surtout pour se protéger », a-t-il nuancé sur Sud Radio. La radio signale même des ruptures de stock de certaines bombes lacrymogènes et matraques télescopiques dans plusieurs armureries.
À Toulouse, la queue devant l’armurerie
À Toulouse, la seule armurerie de la ville, dans le quartier des Carmes, voit défiler les clients depuis plusieurs jours, rapporte ICI Occitanie. Deux amis de 23 ans y ont acheté une petite bombe lacrymogène. « Je suis déjà venu il y a quelques mois, la boutique était un peu vide. Et là, pour le coup, il y avait la queue », raconte l’un d’eux. Un client de 80 ans est reparti avec un petit appareil à impulsion électrique, après être passé trois jours plus tôt, en pleine rupture de stock. Un commerçant dont les vitrines ont été cassées la semaine dernière parle, lui, de « dissuasion ».
À Nîmes, pas de ruée
Le mouvement n’est pas uniforme. À Nîmes, où la préfète du Gard a interdit toute manifestation ce samedi et où de nombreuses vitrines ont été recouvertes de planches, Didier Matéo, qui gère l’Armurerie nîmoise, n’a pas constaté de hausse de la demande, selon ICI Gard Lozère. Il compte quatre commerçants venus le voir depuis mardi, un seul shocker vendu dans la semaine et cinq matraques au lieu d’une ou deux habituellement. « C’est rassurant, ça veut dire que la police fait bien le boulot », estime-t-il.
Les autres solutions coûtent cher : le gérant d’une société de sécurité nîmoise chiffre un agent à « au moins entre 300 et 400 euros hors taxes pour une journée », et les systèmes de brouillard, qui aveuglent les intrus, entre 2 000 et 4 000 euros l’installation.
Ce que dit la loi
Une partie de ces équipements est en vente libre pour les majeurs, dans certaines limites. Les bombes aérosols lacrymogènes ou incapacitantes d’une capacité maximale de 100 ml, les armes à impulsion électrique de contact (matraque électrique, poing électrique, certains shockers) et les matraques sont classées en catégorie D : leur acquisition et leur détention sont libres pour les majeurs, rappelle le site officiel Service Public.
En revanche, leur port et leur transport hors du domicile, y compris en voiture, sont interdits sans motif légitime. Ce motif s’apprécie au cas par cas, selon le lieu, le moment, le type d’arme et le profil du détenteur, et « prétendre que l’arme servirait à mieux affronter une altercation ou un danger ne constitue pas un motif légitime en soi », précise le site.
Image en tête d’article : la fiche Service Public consacrée aux armes de catégorie D, capture d’écran du 24 octobre 2026.
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Le fabricant suisse du LBD 40 ravagé par un incendie
Dans la nuit du 28 au 29 octobre, le siège de B&T, à Thoune, a été ravagé par les flammes. La police bernoise privilégie l’incendie volontaire, une vidéo de revendication circule et le fondateur estime les dégâts jusqu’à 20 millions de francs.
Dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 octobre, le siège de B&T, à Thoune, dans le canton de Berne, a été ravagé par un incendie. L’entreprise suisse fabrique notamment le GL06, le lanceur de 40 mm que les forces de l’ordre françaises connaissent sous le nom de LBD 40. La police cantonale bernoise privilégie désormais la piste d’un incendie volontaire, et une vidéo de revendication circule sur les réseaux sociaux.
Un bâtiment déjà embrasé à l’arrivée des pompiers
L’alerte a été donnée le jeudi 29 octobre, peu après 3 h 10 : un commerce d’armes de la Tempelstrasse était en feu, selon le communiqué de la police cantonale. À l’arrivée des secours, le bâtiment était déjà entièrement embrasé. Les pompiers de Thoune, de Spiez et de Steffisburg ont maîtrisé l’incendie, puis les derniers foyers ont été éteints en fin d’après-midi. Personne n’a été blessé. D’après les photos prises à l’intérieur et publiées par le quotidien Blick, les deux étages supérieurs sont gravement endommagés.
Le lendemain, la police et le ministère public régional de l’Oberland ont indiqué que l’incendie volontaire était désormais l’hypothèse privilégiée. Ils ont lancé un appel à témoins, en visant aussi les observations suspectes faites « au cours des dernières semaines ». L’entreprise a fermé jusqu’à nouvel ordre ses bureaux, sa boutique et son stand de tir.
Une vidéo de revendication
Le vendredi 30 octobre, le collectif Les Soulèvements de la Terre a affirmé avoir reçu une vidéo revendiquant une « action de désarmement » contre le fabricant du LBD 40. Selon Blick, on y voit des personnes vêtues de noir allumer un cocktail Molotov et le lancer sur un abri rempli de palettes en bois, d’où le feu aurait gagné le bâtiment. Le message qui l’accompagne présente l’action comme un geste de solidarité avec le mouvement social en France, relève 20 minutes. Son authenticité n’est pas établie. La police l’examine et assure que les investigations sont menées « dans toutes les directions ».
Fondateur et propriétaire de B&T, Karl Brügger s’est exprimé dans Blick. Il a confié la direction opérationnelle à Reto Flütsch le 1er août, mais préside toujours le conseil d’administration. « On dirait la guerre », résume-t-il. Il estime les dégâts entre 12 et 20 millions de francs suisses. « Nous sommes heureusement assurés. Notre existence n’est pas menacée », ajoute-t-il, en assurant qu’il ne se laissera pas intimider.
Karl Brügger soupçonne des militants d’extrême gauche, et pense que des Suisses ont pu être impliqués, la vidéo ayant aussi été relayée par des comptes de la gauche radicale bernoise. « Qui nous attaque s’en prend à l’État de droit et à la sécurité des citoyens honnêtes », lance-t-il. Il s’adresse aussi directement aux auteurs : « Vous pouvez incendier notre bâtiment, détruire nos machines, nous causer des dommages financiers et menacer notre direction. Mais il y a une chose que vous ne réussirez jamais : mettre B&T et notre branche à genoux. »
Le LBD 40, une cible ancienne
Fondée en mai 1991 à Spiez, au bord du lac de Thoune, par Karl Brügger et Heinrich Thomet, l’entreprise a d’abord fabriqué des silencieux. Elle s’est ensuite lancée dans les armes complètes, avec le pistolet-mitrailleur MP9 puis la gamme APC, dont la version APC9K a été retenue par l’US Army en 2019. Le lanceur GL06 date de 2006. Selon Karl Brügger, B&T équipe des corps de police en Suisse et en Europe.
En France, le GL06 a progressivement supplanté le Flash-Ball de l’armurier stéphanois Verney-Carron. Son emploi contre des manifestants suscite de longue date de vives critiques. Dès 2019, le mouvement des Gilets jaunes avait appelé à bloquer B&T, rappelle Blick. Karl Brügger conteste cette mise en cause : selon lui, la police française n’utilise pas les bonnes munitions et achète ses cartouches au fabricant français Alsetex plutôt qu’à B&T.
La France a d’ailleurs déjà prévu de renouveler ses lanceurs. En juillet, Verney-Carron a annoncé avoir remporté un marché de 15 millions d’euros auprès du ministère de l’Intérieur, pour près de 6 000 lanceurs mono-coup de 40 mm, selon Lyon Capitale et ICI Saint-Étienne. Ils équiperont la police, la gendarmerie et l’administration pénitentiaire, avec des livraisons prévues de 2027 à 2030.
Photo en tête d’article : l’incendie du bâtiment de B&T, à Thoune, dans la nuit du 29 octobre 2026. Photo : police cantonale bernoise
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