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D’où viennent les noms des épreuves de poudre noire ?
De Minié à Tanegashima, chaque épreuve du championnat du monde des armes anciennes porte le nom d’un inventeur, d’une dynastie d’armuriers ou d’un lieu fondateur. Visite guidée pendant le Mondial d’Eisenstadt.
Sur les pas de tir d’Eisenstadt, où se dispute cette semaine le 31e championnat du monde des armes anciennes, personne ne parle de « carabine 50 mètres » ou de « pistolet 25 mètres ». On s’inscrit en Vetterli, on s’aligne en Whitworth, on rêve d’un podium en Cominazzo. Chaque épreuve du circuit MLAIC porte le nom d’une arme, d’un inventeur, d’une dynastie d’armuriers ou d’un lieu fondateur. Derrière la liste des disciplines se cache un véritable musée, et près de cinq siècles d’histoire des armes à feu. Petite visite guidée.
Un règlement qui se lit comme un livre d’histoire
Le principe est unique dans le sport de haut niveau. Là où les fédérations olympiques nomment leurs épreuves par la distance et la position, la confédération internationale de la poudre noire a choisi, dès ses premières coupes en 1972, d’honorer les grandes figures de l’arme ancienne. Fusil réglementaire à percussion tiré à 100 m ? Épreuve Minié. Mousquet à mèche japonais ? Tanegashima. Revolver à percussion à 25 m ? Colt ou Mariette. Chaque discipline existe en deux classes, armes d’origine et répliques, et chaque trophée a été offert par une fédération ou un club, de la FFTir au Deutscher Schützenbund.
Les inventeurs : Minié, Whitworth, Pauly, Vetterli
L’épreuve reine du fusil rayé porte un nom bien français. Claude-Étienne Minié (1804-1879), capitaine de l’armée française, met au point en 1849 la balle cylindro-ogivale à jupe expansive qui permet enfin de charger vite un canon rayé. Adoptée dans le monde entier, la « balle Minié » a bouleversé le tir militaire du 19e siècle, et la coupe de l’épreuve qui porte son nom a été offerte par les Arquebusiers de France.
Sir Joseph Whitworth (1803-1887) est, lui, l’homme de la précision absolue. Ingénieur mécanicien célébré dans toute l’Angleterre victorienne, normalisateur du filetage qui porte encore son nom, il développe un système de rayage polygonal qui repousse les limites du tir à longue distance. Logique : l’épreuve Whitworth est celle du fusil libre à 100 m.
Moins connu du grand public, le Suisse Jean Samuel Pauly (1766-1817), officier d’artillerie, conçoit au début du 19e siècle la première cartouche obturante à percussion centrale, l’ancêtre direct de toutes nos munitions modernes. Son compatriote Friedrich Vetterli (1822-1882) donne son nom à l’épreuve des fusils réglementaires suisses : son fusil à répétition de 1869, une première mondiale pour une armée, équipa les tireurs helvètes pendant deux décennies. Quant à Samuel Colt, inutile de le présenter : son revolver à percussion, produit en grande série à partir de 1838, a son épreuve à 25 m.
Les dynasties : Cominazzo, Kuchenreuter, Mariette
Le pistolet à silex d’origine se tire en Cominazzo, du nom d’une famille de canonniers de Gardone Val Trompia, active aux 16e et 17e siècles dans cette même vallée lombarde où Beretta forge encore aujourd’hui. Les Kuchenreuter, eux, arment Ratisbonne et l’Europe depuis 1626, et la maison existe toujours : leurs pistolets de duel et de cible ont donné son nom à l’épreuve du pistolet à percussion. Les amateurs de curiosités retiendront aussi Mariette, pistolier belge célèbre pour ses poivrières, honoré par l’épreuve du revolver réglementaire.
Du Japon de 1543 à Versailles 1968
La plus belle histoire vient du Pacifique. Tanegashima est une île du sud du Japon où accoste en 1543 un navire portugais dérouté par un cyclone. À son bord, des arquebuses à mèche. Selon la chronique reprise par la MLAIC, le seigneur local en commande 600 copies dans les mois qui suivent et fait construire un moulin à poudre : l’arme à feu vient de conquérir le Japon. Cinq siècles plus tard, les mousquets à mèche se tirent debout en Tanegashima, à genoux en Hizadai, et le pistolet à mèche en Tanzutsu.
L’Espagne a son épreuve avec le Miquelet, cette platine à silex robuste au grand ressort extérieur qui a équipé tout le pourtour méditerranéen. L’Autriche, pays hôte du Mondial 2026, est doublement servie : l’épreuve Maximilian rend hommage à l’empereur Maximilien Ier (1459-1519), chasseur passionné qui passe pour avoir été le premier à employer des armes à canon rayé, et l’épreuve Peterlongo honore un armurier d’Innsbruck. Les dames disputent la Walkyrie, clin d’œil aux guerrières des sagas scandinaves, et le roi de Suède Gustave Adolphe, premier à généraliser la cartouche papier chez ses soldats, veille sur une épreuve par équipes dont la coupe fut offerte par la Fédération française de tir en 1972.
La France, justement, est au cœur de cette histoire. L’épreuve par équipes Versailles commémore le tout premier match international d’armes anciennes, tiré au Tir national de Versailles en mai 1968. C’est de cette rencontre fondatrice qu’est née la dynamique internationale de la discipline, formalisée ensuite au sein du MLAIC, dont la FFTir est membre.
Une culture autant qu’un sport
Cette toponymie savante n’est pas un folklore gratuit. Elle dit ce qu’est profondément le tir aux armes anciennes : une discipline où l’on ne peut pas performer sans comprendre son arme, son époque et sa technique de chargement. Le compétiteur qui s’aligne en Whitworth sait ce qu’il doit à l’ingénieur de Manchester, celui qui tire en Minié perpétue un geste français de 1849.
À Eisenstadt, les 362 engagés de 23 nations font vivre ces noms jusqu’au 22 août. Les premiers titres tombent cette semaine, et nous reviendrons sur les résultats des 19 sélectionnés français dès les premières finales.
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Rock Island : trois jours d’armes de légende au Texas
Du 21 au 23 août, Rock Island Auction disperse au Texas un Winchester 1 of 1000, le fusil de Bonnie and Clyde et un 1911 forgé dans une météorite. Tour d’horizon des pièces phares avant le coup de marteau.
Trois jours, des centaines d’armes de légende et quelques pièces qui n’existent nulle part ailleurs. Du 21 au 23 août 2026, la maison Rock Island Auction Company tient à Bedford, au Texas, sa grande vente Premier trimestrielle. Le catalogue court des platines à silex du 17e siècle aux fusils de précision les plus récents, en passant par les armes de la guerre de Sécession et des deux guerres mondiales. Voici les vedettes qui vont faire grimper les enchères.
Un Winchester « 1 of 1000 », le graal des collectionneurs
La pièce reine parmi les armes à levier est un Winchester Model 1873 « One of One Thousand » de premier type, orné de bandes d’argent et d’une gravure d’usine. Derrière ce nom se cache l’une des plus belles trouvailles commerciales du 19e siècle. À partir de 1875, Winchester testait ses carabines en sortie de production et réservait la mention « One of One Thousand » aux canons jugés les plus précis. Seule une infime partie des Model 1873 a décroché cette distinction, ce qui en fait aujourd’hui des raretés absolues.
Le mythe a dépassé le cercle des collectionneurs en 1950, quand Hollywood en a tiré le western « Winchester 73 » d’Anthony Mann, avec James Stewart lancé à la poursuite d’un fusil « 1 of 1000 » volé. L’exemplaire proposé en août est estimé entre 450 000 et 700 000 dollars.
Le fusil de Bonnie and Clyde
Rock Island le présente comme le fusil le plus célèbre de l’histoire américaine. C’est un Browning Auto-5 de calibre 16 que Clyde Barrow avait fait raccourcir au canon et à la crosse, une version compacte surnommée « Whippet » qu’il dissimulait sous ses vêtements. L’arme a été récupérée dans la voiture criblée de balles après l’embuscade du 23 mai 1934, en Louisiane, qui coûta la vie à Barrow et à Bonnie Parker. Le hors-la-loi l’aurait portée près de deux ans. Estimation : 375 000 à 650 000 dollars.
Un 1911 forgé dans une météorite
Changement d’univers avec une exclusivité Rock Island : « The Meteorite » de Bligh Guns, un Model 1911 numéroté M001 dont la carcasse, la glissière et les plaquettes ont été taillées dans du fer météoritique Muonionalusta, vieux de quatre milliards d’années et tombé dans le nord de la Scandinavie. Ce métal, très difficile à usiner, donne à l’arme un aspect de glace fracturée signé par les fameuses figures de Widmanstätten. Comptez de 60 000 à 90 000 dollars pour ce mariage improbable de la balistique et de l’astronomie.
Colts historiques et arsenal du 20e siècle
Côté Colt, la vedette est une paire en coffret de revolvers Model 1860 Army offerte au général Henry M. Naglee. Suivent plusieurs Single Action Army gravés par les maîtres L. D. Nimschke, Cuno Helfricht et Wilbur Glahn, ainsi qu’un rare « Sheriff’s Model » nickelé au canon court de 10 cm (4 pouces), documenté par sa lettre d’usine et estimé de 80 000 à 150 000 dollars.
Les amateurs d’armes du 20e siècle ne sont pas oubliés. Le catalogue aligne une mitrailleuse MG42, un fusil d’assaut MP43 Sturmgewehr, une mitraillette MP40 et des Thompson, mais aussi des pièces de précision très recherchées : un Barrett M82A1 issu du corps des Marines pendant la guerre du Golfe, un très rare Walther WA 2000, un Dragunov SVD et un SR-25 de Knight’s Armament. La gravure d’art est également à l’honneur, avec une paire d’armes superposées Holland and Holland signée du Belge Philippe Grifnée, estimée de 275 000 à 450 000 dollars.
Reste la pièce qui domine toute la vente, déjà présentée dans nos colonnes : un authentique char Panzer IV Ausf. H de 1943, estimé jusqu’à 2,4 millions de dollars, l’un des rares exemplaires encore existants et le seul proposé publiquement aux États-Unis.
La journée d’exposition est fixée au 20 août à Bedford, avant trois jours d’enchères du 21 au 23. De quoi occuper les collectionneurs, et rappeler qu’une belle arme ancienne reste autant un morceau d’histoire qu’un placement.
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Mondial F-Class : triplé américain et sacre pakistanais à Bisley
Le septième championnat du monde F-Class s’achève à Bisley : l’Américain Brandon Zwahr sacré en F-Open devant deux compatriotes, le Pakistanais Junaid Ali couronné en F-TR. Plus de 400 tireurs d’une vingtaine de nations.
Le septième championnat du monde F-Class s’achève ce dimanche 16 août au National Shooting Centre de Bisley, en Angleterre. Les verdicts individuels sont tombés en fin de semaine : triplé des États-Unis en F-Open, où Brandon Zwahr décroche la couronne mondiale, et sacre du Pakistanais Junaid Ali en F-TR. Plus de 400 tireurs d’une vingtaine de nations étaient engagés sur les pas de tir du Surrey, la plus grande concentration de spécialistes de la précision longue distance de la planète.
La précision pure jusqu’à 914 m
Né dans les années 1990 sous l’impulsion du Canadien George Farquharson, qui a laissé son initiale à la discipline, le F-Class se tire couché, à 732, 823 et 914 m (800, 900 et 1 000 yards), avec des lunettes de fort grossissement. Deux catégories cohabitent : la F-Open, qui laisse le choix du calibre et autorise l’appui avant réglable, et la F-TR, qui impose le .223 Remington ou le .308 Winchester et limite le soutien au bipied. Sur les cibles, une mouche centrale, le V, départage les tireurs : un score s’écrit en points suivis du nombre de mouches, comme le 419.43v du nouveau champion du monde.
À Bisley, chaque concurrent a disputé cinq matchs individuels, trois mercredi puis deux jeudi, pour un total maximal de 425 points. La semaine mondiale, ouverte le 10 août, suivait le British Open disputé du 3 au 8 août sur le même site, répétition générale grandeur nature.
Triplé américain en F-Open
En F-Open, la catégorie reine, les États-Unis ont verrouillé le podium. Brandon Zwahr s’impose avec 419 points et 43 mouches sur 425 possibles, devant ses compatriotes Matthew Basalla (413.32v) et Emil Kovan (411.37v). Sur les 212 classés, l’écart se joue à quelques mouches près dans le haut du tableau : la hiérarchie s’est faite au vent, changeant et piégeux sur la lande de Stickledown.
La quatrième place revient à l’Australien Jock Foster, 411.28v, qui coiffe au passage la couronne mondiale des moins de 25 ans. Battre les trois quarts de l’élite mondiale à cet âge : la discipline tient peut-être là son futur patron.
Le Pakistan sur le toit du F-TR
La surprise du championnat vient de la catégorie F-TR. Junaid Ali offre au Pakistan un titre mondial avec 406 points et 34 mouches, devant l’Américain Brad Sauve (403.36v) et le Canadien Ryan Heck (402.31v). Et il ne s’agit pas d’un exploit isolé : son compatriote Muhammad Waleed termine sixième, confirmant la montée en puissance d’une école pakistanaise du tir longue distance que peu voyaient venir sur 207 classés.
Chez les moins de 25 ans du F-TR, le titre revient à la Canadienne Margaret Zhi Han, 396.25v, devant le Croate Adrian Nikolic.
Équipes : dénouement ce dimanche
L’épreuve par équipes, disputée sur les deux dernières journées, se conclut ce dimanche. À l’issue de la première journée, samedi, l’Afrique du Sud menait le F-Open avec 1 745 points et 135 mouches devant les États-Unis et l’Australie, sur dix équipes en lice. En F-TR, la Grande-Bretagne dominait chez elle avec 1 703 points et 112 mouches, devant les États-Unis et le Pakistan, onze équipes au départ.
Prudence toutefois : les classements publiés par la NRA britannique restent provisoires, chaque résultat n’étant finalisé qu’à midi le lendemain, après la période de réclamation. Les palmarès définitifs par équipes sont donc attendus lundi.
Sans les Bleus
Aucun tireur français ne figure dans les classements, ni en F-Open ni en F-TR. L’épreuve a pourtant attiré, aux côtés des grosses délégations américaine, britannique, australienne et sud-africaine, des nations aussi variées que la Lituanie, la Slovénie, le Brésil ou l’île de Man. Très structurée dans le monde anglo-saxon, la discipline reste confidentielle dans l’Hexagone, où le tir longue distance gagne pourtant du terrain chaque année.
Les passionnés se consoleront avec les feuilles de match : l’intégralité des résultats, épreuve par épreuve, est publiée sur le site de la National Rifle Association britannique. De quoi mesurer, ligne à ligne, ce qui sépare encore les meilleurs tireurs du monde du reste de la planète F-Class.
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La justice américaine enterre la règle ATF sur les ventes d’armes
Un juge fédéral texan a rejeté le 13 août l’ultime tentative de sauver la règle de 2024 qui traitait les vendeurs occasionnels comme des armuriers sans licence. Elle reste annulée en totalité, deuxième revers en dix jours pour la réglementation fédérale.
La réglementation fédérale américaine des armes vient d’encaisser son deuxième revers majeur en dix jours. Jeudi 13 août, le juge fédéral Matthew Kacsmaryk, du district nord du Texas, a rejeté la demande du ministère de la Justice qui tentait de sauver des morceaux de la règle « Engaged in the Business », ce texte de 2024 qui étendait l’obligation de licence d’armurier aux particuliers vendant occasionnellement des armes. Déjà invalidée en juin, la règle reste donc annulée dans son intégralité.
Une règle qui transformait les particuliers en armuriers
Publiée en avril 2024 par l’ATF, le bureau fédéral chargé des armes, sous l’administration Biden, la règle redéfinissait qui doit détenir une licence fédérale d’armurier, la fameuse FFL, pour vendre des armes. Elle s’appuyait sur une loi de 2022, le Bipartisan Safer Communities Act, qui avait remplacé l’ancien critère du commerce exercé « pour en tirer sa subsistance » par celui de la vente destinée « principalement à dégager un profit ».
L’agence était allée beaucoup plus loin que le texte voté par le Congrès. Sous la règle de 2024, le profit effectivement réalisé n’avait plus d’importance : le simple fait de proposer une arme à la vente, y compris par une annonce, pouvait suffire à faire de vous un marchand tenu d’obtenir une licence. Une série de présomptions renversait la charge de la preuve, le vendeur étant réputé professionnel sauf à démontrer le contraire. Pour ses détracteurs, l’objectif réel était d’imposer par voie réglementaire le contrôle systématique des antécédents sur les ventes entre particuliers, une mesure que le Congrès a toujours refusé de voter.
Deux ans de bataille judiciaire
L’État du Texas, plusieurs autres États et des organisations de défense des tireurs, dont Gun Owners of America, ont attaqué le texte dès sa publication dans l’affaire Texas v. ATF. En juin 2024, le juge Kacsmaryk, nommé par Donald Trump lors de son premier mandat, bloquait déjà son application aux plaignants par une injonction préliminaire. Le dossier a ensuite basculé avec le changement d’administration : en avril 2026, le ministère de la Justice a volontairement abandonné son appel, et le 12 juin, le tribunal a rendu son jugement définitif, annulant la règle dans son intégralité, l’ATF ayant réglementé au-delà de ce que la loi autorise.
« Trop malin de moitié »
L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais dans un retournement singulier, le ministère de la Justice de l’administration Trump est revenu à la charge pour demander au juge de limiter l’annulation à certaines dispositions. La raison : l’ATF prépare sa propre réécriture de la définition du commerce d’armes et souhaitait conserver des briques de l’ancien texte pour bâtir le nouveau.
Le juge a balayé l’argument, qualifié de « trop malin de moitié ». L’annulation intégrale est le remède par défaut quand un règlement est jugé illégal, rappelle-t-il, et le reste de la règle ne peut pas fonctionner sans les dispositions déjà invalidées, toute sa logique reposant sur l’élargissement de la définition du commerce. « Les ordonnances de 2024 et de 2026 de cette cour étaient claires : l’ATF a violé la procédure administrative en promulguant cette règle, elle ne peut donc pas subsister », écrit le magistrat, avant d’ajouter que le gouvernement « ne peut pas échapper à la force de ces ordonnances en réarrangeant quelques mots entre l’ancienne règle et la nouvelle ». Il note au passage que le projet en préparation « double la mise » par rapport au texte annulé, puisqu’il permettrait de réglementer des propriétaires n’ayant jamais vendu la moindre arme.
Ce qui change pour les tireurs américains
Concrètement, la décision protège les particuliers qui vendent occasionnellement des armes de leur collection ou liquident un héritage : ils ne peuvent plus être présumés marchands sans licence. La ligne redevient celle fixée par le Congrès, à savoir des achats et reventes répétés dans un but principalement lucratif. Dans de nombreux États américains, une vente entre particuliers reste ainsi possible sans passer par un professionnel ni par le fichier fédéral des antécédents, notamment sur les gun shows, ces salons où s’alignent les tables de vendeurs. Un monde à part pour le tireur français, habitué à un circuit étroitement contrôlé.
Quinzaine noire pour l’ATF
Ce revers s’ajoute à la décision d’un autre juge fédéral texan qui, le 5 août, a déclaré inconstitutionnel l’enregistrement des silencieux et des armes à canon court prévu par le National Firearms Act, une décision entrée en vigueur le 13 août faute d’appel du gouvernement. En dix jours, deux piliers de la réglementation fédérale sont ainsi tombés devant les tribunaux du Texas.
Fin avril, le ministère de la Justice avait annoncé la révision d’au moins 34 règlements de l’ATF, des crosses stabilisatrices aux bump stocks. La décision du 13 août l’oblige désormais à repartir d’une feuille blanche sur la définition du vendeur d’armes. Le gouvernement conserve la faculté de saisir la cour d’appel, mais après avoir abandonné la procédure une première fois au printemps, l’hypothèse relève de la théorie.
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