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Matériel

Point rouge et magnifier Su-optics

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La société sud-coréenne Su-optic conçoit et fabrique des points rouges tactiques aujourd’hui importés en France par Tiroptic.

Implantée sur le marché civil depuis 2008, ce n’est que quelques années plus tard que la société s’est intéressée au marché militaire avec succès. Pour revenir sur l’histoire de la marque, sachez que Su-optics fabrique également depuis des années pour Eotech et Bushnell ainsi que pour d’autres grandes marques internationales qui ne souhaitent pas le faire savoir…

Le set complet point rouge Core-2 + magnifier Para-3M monté sur l’AP15 Alfa Precision.

Parmi les modèles proposés, j’ai particulièrement aimé le set composé du point rouge Core-2 + magnifier Para-3M. Un set identique a celui utilisé par les forces spéciales sud-coréennes. Le point rouge Core-2 est étanche à la norme IPX7, soit 30 mn à 1 m de profondeur. Il possède 11 réglages de luminosité du point central de 2 Moa avec une autonomie de 180 H à l’intensité maximale (plein soleil). Elle passe à plus de 30 000 H sur la position 7. Le Core-2 dispose des réglages de site et de dérive ainsi que de bonnettes de protection en caoutchouc. Il est garanti 10 ans. Le corps est en aluminium forgé et son objectif est de 20 mm. Son autre point fort est d’être Mil-Spec d’origine.

Le magnifier basculé sur le côté pour une utilisation point rouge à courte distance.

Le Para-3M est le magnifier, véritable complément logique du point rouge Core-2 puisqu’il permet de multiplier par trois le grossissement de l’image. Il se pose derrière le point rouge grâce à son attache rapide Mil-Spec et possède un réglage d’oculaire de +/-2 dioptries. Il est également étanche et ne pèse que 270 g. Bien évidemment, son embase lui permet de basculer sur le côté ou d’être rapidement remonté pour passer en mode X3 avec le point rouge. Un puissant ressort bloque le Para-3M dans les deux positions sans aucun jeu et donc sans aucun bruit.

Tiroptic propose via son réseau de distributeurs le set complet à 629 € sachant que séparément, le point rouge est vendu 389 € et le magnifier 398 €.

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Beretta fête ses 500 ans

Le 3 octobre, Beretta aura 500 ans jour pour jour. De la livraison de canons d’arquebuse à l’Arsenal de Venise en 1526 aux éditions anniversaire de 2026, retour sur la plus ancienne fabrique d’armes du monde.

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Yoan Duvel
Reçu daté du 3 octobre 1526 par lequel Bartolomeo Beretta livre des canons d'arquebuse à l'Arsenal de Venise

Le 3 octobre, Beretta aura 500 ans, jour pour jour. Ce jour-là, en 1526, un maître canonnier de Gardone Val Trompia, en Lombardie, livrait 185 canons d’arquebuse à l’Arsenal de la République de Venise. Prix de la commande : 296 ducats. Le reçu a traversé les siècles. Il porte la mention « a dì 3 ottobre 1526 » et fait de la Fabbrica d’Armi Pietro Beretta la plus ancienne fabrique d’armes encore en activité, et l’une des plus vieilles entreprises familiales du monde.

Un reçu, cinq siècles

Le document est d’une sobriété désarmante : quelques lignes d’une écriture penchée, le nom de « Bartolomeo Beretta da Gardon », la mention des canons destinés à « la casa nostra del Arsenal », et le montant en chiffres romains, ccxcvi, soit 296. De cette simple transaction sur papier est née une dynastie qui n’a jamais quitté les mains de la même famille. Quinze générations plus tard, la maison de Gardone est toujours dirigée par les Beretta et se trouve aujourd’hui à la tête d’un groupe qui réunit plusieurs marques bien connues des tireurs, de Benelli à Sako.

Cette longévité, aucune autre entreprise de l’armurerie ne peut la revendiquer. Beretta a fourni les arquebusiers de Venise, puis les armées italiennes, avant de devenir une signature majeure du pistolet et du fusil de sport. Le pistolet 92, adopté par l’armée américaine sous le nom de M9, et les fusils superposés de la série 680 comptent parmi les armes les plus diffusées de la planète.

Villa Beretta à Gardone Val Trompia, berceau de la fabrique d'armes
La Villa Beretta à Gardone Val Trompia. Photo : Mik2001 / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Meloni à Gardone

L’anniversaire a déjà eu son temps fort institutionnel. Le 18 septembre, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni s’est rendue à l’usine de Gardone Val Trompia, accueillie par trois générations de la famille Beretta. Elle y a inauguré l’« Innovation Habitat », le nouvel espace de recherche et développement de la marque, salué une « excellence » industrielle italienne et assisté au passage des Frecce Tricolori, la patrouille acrobatique nationale. La journée a aussi servi à décorer les salariés les plus fidèles : 25, 35 et 40 ans de maison côté italien, jusqu’à 46 ans de service pour certains employés de Beretta USA.

Des armes pour marquer le coup

Pour ses 500 ans, Beretta a promis dix pièces uniques et sept éditions limitées, étalées sur toute l’année. La plus symbolique est un pistolet 92FS baptisé « Ducato », tiré à exactement 296 exemplaires, en écho aux 296 ducats du contrat fondateur. La marque a aussi présenté un 92FS « Diamond » habillé d’or et de diamants, et fait frapper une médaille du cinquième centenaire avec la Monnaie d’État italienne. Le programme complet est réuni sur un site dédié, beretta500.com.

Le vrai anniversaire, le 3 octobre

C’est toutefois le 3 octobre, date exacte du reçu de 1526, que Beretta a choisi pour son geste envers les tireurs. Ce jour-là démarre un circuit de tir au plateau baptisé « Beretta 500 Extra Excellence » : 34 étapes réparties dans 22 stands italiens, jusqu’à une finale les 13 et 14 novembre au stand de Rome. Une manière, pour la maison, de fêter ses cinq siècles là où ses fusils se sont bâti une réputation, le ball-trap.

Car c’est bien sur les stands que le nom Beretta parle le plus aux tireurs français. Le superposé de Gardone reste une référence du plateau au plus haut niveau, comme l’avait rappelé la razzia de la marque aux Jeux de Paris. Au pas de tir des disciplines de vitesse comme dans les râteliers des clubs, du pistolet 92 aux fusils de ball-trap, la marque italienne est partout. À 500 ans, elle vient d’ouvrir, avec son « Innovation Habitat », le chantier des siècles suivants.

 

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L’arme russe destinée aux cosmonautes

Trois canons, une crosse-machette et vingt ans de service dans les kits de survie des Soyouz : l’histoire de la seule arme à feu conçue pour le programme spatial, née d’un atterrissage raté dans la taïga.

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Yoan Duvel
Pistolet de survie TP-82 avec sa machette-crosse et sa bandoulière de munitions en vitrine

Pendant une vingtaine d’années, chaque équipage russe partant pour l’espace a emporté dans son vaisseau une arme qui ne ressemble à aucune autre : un pistolet à trois canons dont la crosse amovible cache une machette. Le TP-82 n’est pas né d’un caprice d’ingénieur, mais d’une mésaventure bien terrestre : deux cosmonautes perdus dans la taïga enneigée, avec pour toute défense un pistolet Makarov. Histoire de la seule arme à feu conçue pour l’espace qui ait jamais volé.

Deux nuits dans la taïga

Le 19 mars 1965, la capsule Voskhod 2 revient sur Terre avec à son bord Alexeï Leonov, auteur la veille de la toute première sortie dans l’espace, et son commandant Pavel Beliaïev. Le système de rentrée automatique ayant flanché, l’équipage effectue la descente en manuel et se pose très loin de la zone prévue, dans la forêt enneigée de l’Oural. Les secours mettront deux jours à les évacuer. Deux nuits par -25 °C, dans une taïga que Leonov racontera peuplée de loups et d’ours, avec pour tout armement le pistolet Makarov de la dotation : l’expérience convaincra le cosmonaute qu’un équipage doit pouvoir se nourrir, se signaler et se défendre en attendant les secours.

Trois canons et une machette

Devenu général et adjoint du directeur du centre d’entraînement des cosmonautes, Leonov pousse le projet d’une véritable arme de survie. Approuvé en 1981, le TP-82 sort des ateliers de Toula, dessiné par l’ingénieur Igor Skrylev. Sa formule ne ressemble à rien de connu : un bloc basculant à trois canons, deux tubes lisses de 12,5×70 mm côte à côte au-dessus, un canon rayé en 5,45×39 mm en dessous, chambré pour la munition de l’AK-74. Cartouches à grenaille et fusées de signalisation pour les canons lisses, balles pour le canon rayé : le même outil sert de fusil, de pistolet et de lance-fusées.

Le détail le plus célèbre reste sa crosse : détachable, elle se révèle être une machette logée dans un fourreau, prévue pour couper du bois, se frayer un chemin ou creuser. L’ensemble pèse environ 2,4 kg, crosse comprise, et rejoint le NAZ, le kit de survie embarqué des vaisseaux Soyouz, aux côtés des rations, de la balise et du matériel de pêche.

Premier vol avec un Français à bord

Selon le site de référence Modern Firearms, le TP-82 vole pour la première fois en juin 1982 à bord de Soyouz T-6. Clin d’œil de l’histoire : c’est précisément la mission qui emmène Jean-Loup Chrétien, premier Français dans l’espace, aux côtés de Vladimir Djanibekov et Alexandre Ivantchenkov. Le premier spationaute tricolore a donc voyagé assis sur le pistolet de survie le plus étrange jamais produit. Officiellement adopté, l’engin sera de toutes les missions de 1986 à 2006.

La retraite d’un outil unique

Le TP-82 n’a jamais servi en situation réelle de détresse, les Soyouz ayant eu le bon goût de se poser à peu près où on les attendait. Sa carrière s’achève prosaïquement : au milieu des années 2000, les stocks de munitions spécifiques arrivent en fin de vie, et plus personne n’en fabrique. À partir de 2007, les équipages repartent avec un pistolet semi-automatique ordinaire, quand la question de l’arme à bord n’est pas simplement laissée de côté.

Les exemplaires survivants dorment aujourd’hui dans les musées, comme celui du musée militaire d’artillerie de Saint-Pétersbourg, exposé avec sa bandoulière de cartouches et sa machette, que montre notre photo. Reste une idée qui n’a rien perdu de sa pertinence : celle d’une arme de survie polyvalente, pensée pour l’homme qui tombe du ciel. Aucune agence spatiale n’a fait mieux depuis, et le TP-82 demeure, plus de quarante ans après, le seul pistolet de l’histoire à avoir volé vers les étoiles en étant taillé pour une forêt de l’Oural.

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Le jour où Kalachnikov a tiré au M16

En mai 1990, les pères de l’AK-47 et de l’AR-15 se rencontraient pour la première fois, invités par le Smithsonian. Récit d’un sommet Est-Ouest au pas de tir.

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Par

Patrick H

Un matin de mai 1990, sur un stand de tir de Virginie, un homme de 70 ans épaule un M16 sous l’œil de son concepteur ; un Californien de 67 ans lui rend la politesse avec un AK-47. Mikhaïl Kalachnikov et Eugene Stoner, pères des deux fusils les plus répandus de la planète, viennent de se rencontrer pour la première fois de leur vie. La guerre froide s’achève à peine, et ce sommet Est-Ouest que personne n’avait songé à organiser, un musée l’a rendu possible.

Deux carrières en miroir

Tout oppose les deux hommes, sauf l’essentiel. Mikhaïl Kalachnikov, né en 1919 dans une famille paysanne de Sibérie, est sergent de chars quand il est grièvement blessé près de Briansk, en octobre 1941. C’est sur son lit d’hôpital qu’il commence à griffonner des mécanismes d’armes automatiques. Son fusil d’assaut est adopté par l’Armée rouge en 1947 : l’AK-47 était né, et son auteur passera toute sa carrière dans les usines d’Ijevsk, dans l’Oural.

Eugene Stoner, né en 1922, a servi dans l’aviation des Marines dans le Pacifique, où il s’occupait de l’armement des appareils. Ingénieur sans diplôme d’ingénieur, il rejoint dans les années 1950 la petite société californienne ArmaLite, où il dessine l’AR-10 puis l’AR-15, qui deviendra le M16 de l’armée américaine dans les années 1960. Ni l’un ni l’autre n’est passé par une grande école : deux autodidactes, formés par la guerre et l’atelier, qui ont chacun armé la moitié du monde.

Le pari d’un conservateur de musée

L’artisan de la rencontre s’appelle Edward Ezell. Historien des armes légères, auteur de « The AK47 Story », il est alors conservateur de la collection nationale d’armes à feu au National Museum of American History de Washington. Ce musée appartient à la Smithsonian Institution, le plus grand complexe muséal et de recherche du monde : fondée en 1846 grâce au legs du chimiste britannique James Smithson, l’institution fédère une vingtaine de musées nationaux américains, du musée de l’Air et de l’Espace au Muséum d’histoire naturelle. Autant dire que l’invitation n’a rien d’une lubie de collectionneur : c’est la mémoire officielle des États-Unis qui convie le père de l’AK-47. Le projet d’Ezell : constituer une histoire orale filmée des grands concepteurs d’armes du 20e siècle, en commençant par les deux plus célèbres, ensemble et face caméra. La perestroïka aidant, l’invitation transmise à Moscou finit par aboutir.

Le 15 mai 1990, Mikhaïl Kalachnikov atterrit à l’aéroport de Washington-Dulles. Eugene Stoner est venu l’accueillir en personne. Poignée de main, sourires, interprètes : aucun des deux ne parle la langue de l’autre, et cela n’aura aucune importance. Comme le raconteront les témoins de la visite, les deux ingénieurs se comprenaient par gestes, un mécanisme entre les mains.

Deux philosophies au pas de tir

Le clou du séjour se joue sur un stand de tir de Virginie, caméras du Smithsonian en batterie. Les deux hommes comparent leurs fusils, les démontent, échangent leurs impressions, puis tirent chacun avec l’arme de l’autre. Les images existent toujours : le musée américain a mis en ligne ces séquences d’archives, où l’on voit le Russe en costume aligner les impacts au M16 pendant que Stoner détaille l’AK avec un respect évident.

La séance résume un demi-siècle de doctrine. D’un côté, l’AK-47 : acier, bois, tolérances généreuses, une mécanique conçue pour fonctionner pleine de boue entre les mains d’un conscrit. De l’autre, l’AR-15 : aluminium et matériaux synthétiques, précision, ergonomie, la confiance américaine dans la technologie. Deux réponses opposées à la même question posée par la Seconde Guerre mondiale, celle du fusil d’assaut universel.

L’estime des vieux rivaux

La rencontre de 1990 n’est pas restée sans lendemain. La même année, Stoner rejoint Knight’s Armament Company, où il conçoit le fusil de précision SR-25, toujours dérivé de son architecture AR. Les deux hommes se recroiseront publiquement, notamment au SHOT Show, le grand salon américain de l’arme, sur le stand de Knight’s : photos côte à côte, poignées de main devant les objectifs, et une complicité que ni l’un ni l’autre ne cherchait à jouer.

Une différence, pourtant, que toute la presse de l’époque a relevée : les royalties de ses brevets ont fait de Stoner un homme riche, quand Kalachnikov, fonctionnaire soviétique, répétait n’avoir jamais vécu que de son salaire et de ses décorations. Aucune amertume publique chez le Russe, qui préférait plaisanter sur le sujet. Eugene Stoner s’est éteint en avril 1997, Mikhaïl Kalachnikov en décembre 2013, à 94 ans, national jusqu’au bout dans son Oural natal.

Les fusils continuent la conversation

Trente-cinq ans plus tard, leurs créations se font toujours face, des arsenaux aux prétoires : l’AR-15 est au cœur des batailles judiciaires américaines, la kalachnikov s’invite jusque dans les faits divers français. Les deux concepteurs, eux, avaient réglé la rivalité en une poignée de main sur un tarmac de Washington : les meilleurs ennemis du 20e siècle s’entendaient, en fin de compte, remarquablement bien.

 

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